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Crèche parentale de Saclay : la lettre envoyée aux élus

Jan 28, 2011

Comme prévu annoncé, l’association PERA a envoyée début janvier à chaque élu municipal une lettre exposant la situation critique dans laquelle se trouverait la crèche parentale si la mairie persistait à supprimer les subventions qu’elle lui attribuait jusqu’alors pour financer les places – semble-t-il plus onéreuses – de la seule crèche privée.
Un courrier – à cette date resté réponse – qui permettra à nos élus de mesurer  la situation qui semble se dessiner, afin qu’ils puissent prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Madame, Monsieur,

En votre qualité d’élu(e) municipal, vous avez peut-être entendu parler du fait que le CCAS envisage, à compter de 2011, de ne plus accorder à la crèche parentale de Saclay les subventions dont elle bénéficiait jusqu’alors.

Le 26 juin dernier, en effet, le bureau de notre association (qui gère la crèche), s’est vu signifier par Mme Brizard, M. Page et M. Debras le fait que « l’équipe municipale [avait] décidé de mettre fin aux subventions versées par la commune à la crèche [de Saclay en 2011] », et qu’il fallait donc que nous organisions la fermeture de notre établissement pour fin 2010.

S’il nous a bien été précisé que « les élus déplorent la fermeture de [notre structure] », nous avons cependant peine à croire que vous avez pris cette décision en toute connaissance de cause.

Savez-vous que les subventions du CCAS sont vitales pour la crèche parentale de Saclay ? Voulez-vous vraiment la fermeture d’un établissement présent sur la commune depuis 10 ans, qui n’a en rien démérité, et qui emploie 5 personnes ?

Nous n’ignorons pas que la situation financière de la Ville s’est, dans le contexte économique actuel et au vu des investissements consentis pour le nouveau groupe scolaire, beaucoup dégradée – mais si on a prévu de l’argent pour financer 30 berceaux, pourquoi les 14 berceaux de la crèche associative existante ont-ils été écartés au profit de ceux d’une nouvelle crèche privée ?

On nous a opposé que les subventions municipales à la crèche les Crabouillages avaient beaucoup augmenté, ces dernières années : c’est vrai.
Entre 2005 et 2010, le montant total des subventions que la mairie a versé à la crèche a presque doublé, passant de 18 000 à presque 35 000 euros.
Cette évolution est la conséquence directe des évolutions réglementaires récentes concernant les crèches : la « Prestation de Service Unique » mise en place en 2004 a fortement diminué la contribution financière des familles au fonctionnement des crèches, imposé une facturation à l’heure de présence effective, et fait entrer la fourniture des repas et des couches dans le budget de nos établissements.
D’autres évolutions réglementaires – nouvelle convention collective pour le personnel, nouvelles obligations sanitaires pour la préparation des repas…- et obligations sécuritaires – mise aux normes électriques du bâtiment en 2005, exigences de la PMI qui, vu la configuration de nos locaux, nous conduit à avoir une employée supplémentaire… – ont fait passer en cinq ans notre budget de fonctionnement de 130 000 à 170 000 euros.
Sans le soutien de la mairie, nous n’y serions pas arrivés – et nous en sommes bien conscients.

Cependant, pour importante qu’il ait été, et pour impressionnante que puisse être son évolution, cette aide financière n’a rien d’exceptionnelle.
Au cours des 10 dernières années, la crèche a, presque systématiquement, accueilli chaque année une douzaine d’enfants saclaysiens (sur une quinzaine d’enfants accueillis au total).
Si l’on rapporte les subventions (trimestrielles et exceptionnelles) du CCAS à ce nombre, le coût d’une place en crèche parentale pour la mairie de Saclay n’a jamais atteint 3 500 euros, alors que selon les dires de la PMI de l’Essonne et des mairies que nous avons contactées, une place en crèche coûte en général entre 7 000 et 10 000 euros par an.
La commune de Saint-Aubin ne s’y est d’ailleurs pas trompé : alors qu’elle dispose de plusieurs crèches, elle a signé avec nous une convention qui prévoit que si nous accueillons un enfant de sa commune, elle nous subventionnera à hauteur de plus de 4 000 euros par an pour un plein temps. C’est dire que, bien que notre budget ait considérablement augmenté ces dernières années, notre coût de fonctionnement est tout à fait compétitif avec celui d’autres crèches… D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Notre crèche est soumise aux même contraintes que les crèches communales ou privées classiques (nombre d’employés, taille des locaux, etc), mais nous n’avons aucun but lucratif, et une partie non négligeable du travail (gestion administrative de l’établissement, participation aux gardes, entretien des locaux et du jardin, courses alimentaires) est effectuée bénévolement par les parents dans notre cadre associatif.

Mais alors, si notre crèche ne coûte pas plus cher qu’une autre, pourquoi devrait-on la fermer et licencier ses 5 employées ?

« La structure ne profite pas uniquement aux enfants saclaysiens (…), la ville vient de voter une augmentation des impôts locaux, et il n’est pas forcément légitime qu’une partie de cette augmentation soit consacrée au financement d’un mode de garde pour des enfants extérieurs à la ville*« , nous dit-on.
Certes.
C’est vrai, nous n’avons pas l’esprit de clocher : bon an mal an, depuis qu’elle s’est installée sur Saclay, la crèche a toujours compté entre 2 et 5 non-saclaysiens dans ses effectifs. Pour chacun d’entre eux, nous avons sollicité auprès des mairies dont ils relevaient des subventions, et nous n’avons hélas pas toujours été entendus. Cependant, jamais nous n’avons sollicité de subventions auprès du CCAS pour les enfants non saclaysiens.
Si la mairie estime avoir financé la garde d’enfants extérieurs à la ville, c’est donc sans doute au regard des subventions exceptionnelles qui nous ont été octroyées. Mais nous l’avons vu, même si on rapporte l’ensemble des subventions perçues aux seuls enfants saclaysiens accueillis, le coût d’une place dans notre crèche n’a jamais été déraisonnable.
Pire : pour éviter d’avoir à réclamer une année sur deux une subvention « exceptionnelle » à la mairie, il avait été proposé d’actualiser la subvention « normale » octroyée par le CCAS (7 euros par jour de présence effective/saclaysien, depuis 2007) pour la porter aux 19 euros par jour de la subvention « standard » que nous accordent Saint-Aubin et Chateaufort, mais ce principe, acté lors d’une réunion à la mairie en 2009, ne s’est jamais traduit dans les faits.
Comment peut-on nous reprocher de risquer de financer avec les impôts saclaysiens la garde d’enfants extérieurs à la ville alors que les mesures qui permettaient d’éviter cet écueil n’ont pas été prises ?
Peut-on raisonnablement, tout en critiquant la croissance de notre budget de fonctionnement, nous en vouloir d’accueillir aussi des enfants d’autres communes alors que ceux-ci sont parfois plus subventionnés par leur mairie que ceux de Saclay ?

Vous avez fait le choix de financer la création d’une nouvelle crèche à Saclay, et c’est un bon choix. En matière de petite enfance, l’offre de notre commune était grandement lacunaire, et pouvoir bénéficier de ce mode de garde sera sans nul doute très apprécié des familles saclaysiennes.

Mais ne gâchez pas ce bel effort en en faisant payer le prix à la crèche associative existante, aux familles qu’elles accueillent (qui ne se sont d’ailleurs pas toujours vu proposer une place dans la nouvelle crèche, contrairement à ce qui avait été annoncé), ni surtout à ses cinq employées qui, jour après jour, assurent un travail de qualité.

Une crèche parentale, contrairement à une crèche privée ou communale, ce n’est pas qu’un lieu de garde pour les enfants en bas âge.
Ceux qui y entrent ne se contentent pas de payer pour que leur enfant soit gardé : ils doivent s’investir dans la structure, y assumer des responsabilités variées, assurer des heures de garde d’enfants avec les professionnelles…
Les « Crabouillages », ce n’est donc pas seulement une crèche, c’est surtout des relations fortes entre parents et professionnelles, des opportunités de travail ou de formation pour un public défavorisé, des enfants qui grandissent ensemble, des Saclaysiens qui se rencontrent et oeuvrent ensemble pour un but commun, un apprentissage de la vie associative et de la parentalité, un lieu d’engagement, de solidarité et de discussions animées…
La bonne centaine de familles saclaysiennes qui en ont bénéficié vous le diront : « c’était dur, c’était prenant, mais c’était bien, et nous y avons beaucoup appris ».
Pourquoi vouloir mettre un terme à cette belle réalisation en supprimant les subventions à notre structure ?
Au regard de celui des structures similaires ou de l’apport à la vie locale saclaysienne, son coût n’est en rien excessif.

Si la ville ne voulait pas augmenter son budget petite enfance, pourquoi avoir réservé 30 berceaux à la crèche privée, et non pas avoir subventionné 15 nouveaux berceaux en plus des 14 que nous proposons depuis 10 ans ?

Pourquoi, si le numéraire fait défaut, la mairie ne nous subventionnerait-t-elle pas en nature, en nous fournissant des locaux, les repas des petits, ou quelques heures de ménage chaque jour ?
Beaucoup de crèches parentales bénéficient de ce type de facilités, ce qui allège d’autant leur budget de fonctionnement.
Jusqu’à présent, la Mairie, à qui nous soumettons depuis 2005 nos problèmes de locaux, n’avait pas de locaux à nous proposer. Maintenant que ceux de l’ancienne maternelle du Val sont libres, ne pourrions-nous pas en bénéficier ?
Vous le voyez, il existe de nombreuses solutions pour que la crèche parentale ne ferme pas.

La subvention versée par Saclay représente à peine le cinquième de notre budget, mais elle nous est indispensable.

Si vous décidez de nous la supprimer à l’heure même où vous envisagez d’augmenter le nombre de places en crèche sur la commune, expliquez-nous en quoi nous avons démérité, pourquoi la belle histoire de cette association trentenaire doit soudain s’achever, et comment expliquer à nos employées qu’on doit les licencier alors qu’elles font un travail remarquable, que de nombreuses familles sonnent à notre porte pour demander une place pour leur enfant aux « Crabouillages », et que l’urbanisation du plateau de Saclay ne laisse aucun doute sur l’évolution croissante à venir du besoin de places en crèche dans notre commune.

L’avenir de notre crèche, de nos professionnelles et de notre association dépend de vous : de grâce, prenez-en soin !

Vous remerciant de votre attention et restant à votre disposition pour toute discussion complémentaire (nous pourrions par exemple convenir d’un rendez-vous un mardi ou un samedi, si vous le souhaitez), je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments les respectueux, et nos meilleurs voeux pour l’année qui commence.

Le Bureau PERA,

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1 Comment

  • Reply Kracoukass Jan 29, 2011 at 29 janvier 2011 18:43

    Combien va coûter la crèche privée ?
    Internet étant une superbe source d’informations, voici ce que la mairie va probablemant payer pour cette crèche privée :
    Source : http://www.ville-meudon.fr/mairie/deliberations/conseil-municipal/CR-CM250310.pdf
    On y lit :
    Crèche privée BABILOU:
    …38,913€ par jour et par enfant (période d’ouverture annuelle de 230 jours)…

    …portant le montant de la place de la crèche à 44,93€ par jour, du fait de la non obtention de l’aide à l’investissement sollicitée auprès de la C.A.F. des Hauts de Seine.

    Crèche privée TOUT PETIT MONDE :
    …pour une durée de 10 ans à compter de la date d’ouverture de l’établissement, pour un coût de 44,57 € TTC par jour et par enfant (période d’ouverture annuelle de 230 jours)

    Le prix d’un enfant/jour dans un crèche privée est donc d’environ 44 euros.
    D’après l’article, la mairie de Saclay a réservé 30 places.
    30 places * 44 euros = 1320 euros/ jours.
    Sur une base de 230 jours par an :
    1320/jour * 230 jours = 303600 euros par an (1 991 495 francs pour les anciens).
    Il y a 2883 habitants à Saclay : 303600 euros / 2883 = 105 euros/habitant/an

    D’après l’article, la structure parentale coutait à la ville 35000 euros :
    35000/2883 habitants = 12 euros/habitant/an
    Cherchez l’erreur !

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