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Vidéo – Cars d’Orsay : face à face grévistes et direction

Mai 26, 2014

Lundi 26 mai 2014, cinquième jour de grève aux Cars d’Orsay, monSaclay.fr à rencontré les grévistes et le directeur des Cars d’Orsay.

Grégory Depière, Directeur, Les Cars d'Orsay

Grégory Depière, Directeur, Les Cars d’Orsay

Arrivé en octobre 2013 à la direction des Cars d’Orsay dans le groupe Transdev (Veolia-Transdev et la Caisse des dépôts (CDC)) Gregory Depière prend la suite direction épuisée par le climat conflictuel qui règne au sein de la société de transport.
« Nous avons ici un problème de qualité, d’absentéisme et de relations sociales dégradées nous subissons une grève tous les deux ans », explique M. Depière un habitué des situations difficiles. Originaire d’une citée de la banlieue de Lille, M. Depière a grandi dans une famille de syndiqués. « J’aime le dialogue dans le respect mutuel et la transparence », explique le directeur que son précédent poste dans une société de logistique a fréquemment exposé aux relations avec les syndicats.

Les revendications

greve cars d'orsay

Mohamed et David Rigonot, Grévistes

Pourtant, c’est bien un manque de dialogue que regrette David Rigonot délégué du personnel et membre de la CGT. Rencontré avec ses camarades devant les grilles de l’entrepôt et à côté d’un feu de palettes, il explique :

« Nous avons trois revendications, » dit-il. « Nous voulons que chaque ligne soit équipée de toilettes.

Aujourd’hui, l’accord passé avec les bars et les restaurants ne fonctionne pas. Les chauffeurs doivent souvent se soulager dans la nature.

Pour les hommes, passe encore, mais pour les femmes c’est embarrassant ! Nous demandons que le temps des courses soit adapté à la réalité du trafic. Par exemple nous devons faire le parcours entre le centre commercial des Ulis et la gare Massy RER en 20mn, souvent avec le trafic nous mettons 15mn de plus. A cause des bouchons nous ne pouvons pas prendre notre pause de 20mn et certains chauffeurs conduisent plus de 6 heures sans interruption. Enfin nous voulons une augmentation supérieure à 1.1 pourcent. Notre entreprise a un chiffre d’affaires de 28 millions d’euros, elle ne veut rien redistribuer ».

Grève des Cars d'Orsay

Grève des Cars d’Orsay

D’après M. Rigonot le salaire moyen d’un chauffeur est de 1800€ brut et de 1550 Net sur 37h30.

« Il faut que les mairies des communes affectées par la grève fassent pression sur la direction pour qu’ils accèdent à nos revendications », dit-il.

« Je n’ai pas de contact direct avec la direction des Cars d’Orsay car cette relation avec Transdev est gérée par la CAPS », explique Christian Page, le maire de Saclay.

Fatigue

Dans son bureau les cris et les sifflets des grévistes résonnent. Les stores sont baissés et la fatigue marque le visage de M. Depière. Malgré tout il prend le temps de recevoir les journalistes et se veut pédagogue. « Les toilettes et le planning sont des sujets qui reviennent systématiquement, mais les véritables revendications sont salariales », dit-il.

Il montre sur un panneau d’affichage un listing détaillant l’emplacement des toilettes disponibles pour chaque ligne. « Nous travaillons sur ce sujet car nous savons qu’il est réel. Nous avons mis en place une convention avec des bars, des piscines etc. Ce n’est pas idéal et nous avons demandé à la CAPS et aux politiques de nous aider à financer des toilettes en dur dont nous assurerons l’entretien. Ce n’est pas un sujet porteur et nous avons peu de retours de la CAPS mais j’ai nommé un membre de mon équipe pour traiter ce sujet », assure-t-il.

Grévistes Cars d'Orsay

Grèvistes devant l’entrepôt

Le timing des courses n’est pas un sujet problématique pour le directeur. « Nous l’ajustons régulièrement sinon nous ne pourrions pas honorer nos contrats. Nous n’avons pas de problème de ponctualité, au contraire nous sommes en avance aux Cars d’Orsay. Bien sûr nous subissons les aléas du trafic car nous avons très peu de sites propres (voies réservées aux transports en commun). »

Augmentation

La véritable raison du conflit explique M. Depière est le montant de l’augmentation. « Les salaires de Transdev sont globalement bien situés sur le marché», assure le directeur. « Nous payons plus que les autres sociétés de transport de la région. Cette année lors de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO : négociation sur des thèmes fixés par le Code du Travail imposé à tous les employeurs ayant dans leur entreprise au moins un délégué syndical), nous avons proposé 1.5 pourcent d’augmentation et une prime de 100 euros, ce qui fait 1,87 pourcent soit le double de ce qui se fait au plan national. Par ailleurs, nous souhaitions mettre en place un plan d’intéressement et nous avions envisagé de regrouper en six les douze groupes de l’entreprise pour garantir plus d’équité ».

Chaise Vide

A la suite de cette NAO les syndicats ont appelé au débrayage. Un premier rendez-vous est fixé le 22 mai à 6h mais le directeur ne trouve personne au rendez-vous. A 7h M. Depière fini par rencontrer les représentants du personnel mais décide d’interrompre la réunion après s’être fait insulter.

Devant l’impossibilité de dialoguer, le blocage du site, l’agression d’un chauffeur non-gréviste et les menaces faites par les grévistes, il décide d’une augmentation de 1,1 pourcent « Je ne vais quand même pas récompenser ce comportement ! » De leur côté les grévistes exigent 2 pourcent d’augmentation.

M. Depière a fait savoir qu’il serait prêt à revenir aux montants précédemment proposés.

Demain mardi, le tribunal d’Evry à 10:30 décidera de la mise en place du service minimum.

« Si Transdev veut reconduire son contrat de transport dans la région après la fin 2019 ces problèmes sociaux devront être résolus », déclare M. Depière. « Il nous faut également travailler sur la qualité de notre service ».

C’est pour assurer cette qualité que 2 millions d’euros seront dépensés pour financer un Système d’Aide à l’Exploitation (SAE) qui permet de localiser précisément les bus.

Cette localisation permet au régulateur situé au PC d’avoir une vue globale de la situation des bus; il peut ainsi donner des consignes aux conducteurs, injecter des bus en cours de trajet, etc, de manière à respecter au mieux les horaires prévus, ou à les adapter (par exemple en cas de perturbation) et à assurer ainsi une bonne qualité de service.

Aujourd’hui Transdev compte 161 véhicules dont un tiers roule au gaz.

Interview vidéo de Frédéric Carrere, Gréviste

Interview vidéo de Grégory Despière – Directeur, Les Cars d’Orsay

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