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17 rue Léon Blum

Déc 3, 2017

Maison à vendre : seule une autre Vera Moore pourrait y vivre ?

Rencontre avec Thomas Moore à Jouy-en-Josas (Les Metz) 

Si une famille veut y vivre, il faudrait repenser les volumes, faire des chambres plus grandes. Après quoi elle aura tout le temps de s’intéresser à son histoire. En voici un avant-goût. Thomas Moore porte sur ses épaules une saga familiale, des histoires belles et pesantes dont il n’a pas encore toutes les clefs.

La pianiste Vera Moore arrive à Jouy-en-Josas après une vie mouvementée.

Vera a abordé la 2e guerre mondiale avec en tête le modèle de la 1re, une guerre réservée aux militaires sur le front, préservant les civils à l’arrière. Elle se laisse surprendre l’été 1939. Avec son fils John sur le porte-bagages d’un vélo, elle fuit vers le Sud. Des années plus tard, elle reviendra sur ses pas, en Touraine, à Chandon (Saint-Martin-le-Beau), dans son ancienne maison. « Vera n’hésitait jamais à faire ce voyage depuis Paris ou Jouy-en-Josas » pour recevoir, comme elle savait le faire, des amis. Ne subsiste aujourd’hui que l’emplacement du poulailler, rappelant qu’à l’époque, se nourrir n’allait pas de soi.

Vera Moore arrive à Jouy en 1958 et s’installe au 17 rue Léon Blum. De la rue, la porte ouvre sur un petit espace entre deux maisons qui se regardent. Au milieu, à l’herbe entre les dalles, on devine un ancien carré de verdure. Le grand jardin est à côté. Pendant ses vacances scolaires (le primaire aux Metz à Jouy puis le secondaire à Versailles), Thomas bricole avec son père (John) dans la maison. Des travaux qui lui font dire que : « L’agencement de la maison avec salle de bains, chambre d’amis…, livres sur les grands musiciens de Nouvelle-Zélande, était fait pour Vera. Seule une autre Vera Moore pourrait aujourd’hui habiter la maison telle quelle est. »

Deux maisons avec chacune sa personnalité et qui se regardent.

Une maison et sa dépendance, ou encore, une maison et un studio indépendant. Plusieurs vies sont imbriquées dans ces deux maisons, une petite, basse (60 m2), et une plus haute et plus grande (120 m2), comme deux personnalités opposées. Vera d’un côté, avec ses élèves et ses leçons de piano et, de l’autre, John et sa famille. Au fil du temps, l’affectation à l’un ou à l’autre (Vera ou John) change. Un switch qui amène Thomas à vivre dans l’une puis dans l’autre où il rejoint Vera. Si les occupants changent, reste une nette délimitation de l’espace encore plus évidente dans le jardin. Vera n’imposait-elle pas à John de cacher son atelier mécanique ? Thomas se penche pour montrer une rose de Noël _ mauve, la fleur préférée de Vera. La pianiste a planté un cyprès pour sa naissance (20 m de haut aujourd’hui) en écho au grand cyprès adossé à la grande maison qui a souffert des travaux. Au fond du grand jardin, John a rehaussé le terrain ce qui lui donne de l’allure. Au milieu, il y a un puits couvert de végétation jusqu’à la margelle. Il paraît inchangé quand on le compare aux photos de 1958 que Thomas a en mains. Sur l’une d’elles, on aperçoit Vera, sur une autre, une motocyclette et une voiture garées dans la rue, dans le cœur historique du quartier des Metz, qui fait partie de l’ancien domaine royal de Versailles. Nous sommes à l’automne 2017, une belle lumière se promène sur la façade. Revenons à l’intérieur, au 1er étage donnant sur la rue Léon Blum. Une prise de jour a été maçonnée par John, une très jolie fenêtre en ovale. La maison, les deux maisons même, lui doivent beaucoup. Des poutres dans la grande, un escalier dans la petite…Vers 1980 les occupants switch leur maison, si l’on me pardonne cet anglicisme (Vera parlait anglais à Thomas qui lui répondait en français). Pour changer, ils n’ont qu’à traverser la petite cour dallée. Vera se retrouve dans la petite, là où ses derniers élèves ont pris leur cours sur un piano muet ou un piano droit.

Décédée il y a une vingtaine d’années, Vera Moore, repose désormais au cimetière de Jouy-en-Josas dans la même tombe que son fils John, mort à quatre-vingt-deux ans. La plaque funéraire porte deux noms : Vera Joséphine Moore. Pianiste 1896-1997 et John Constantine Brancusi Moore. Photographe 1934 – 2016. A l’extérieur, sur la plaque qui mentionne les personnes célèbres, on cherche en vain la famille Moore mais la tombe est récente il est vrai.

Décès de John Moore. Scènes de vie. Thomas se souvient.

« En 2016, je me retrouve avec deux urnes, difficilement identifiables (Peter, mon demi-frère, ne pouvait pas m’aider) » . De Vera et de John, « qui est où ? ». L’énigme sera résolue, juste à temps. Deux jours avant le transport des urnes. Comme une continuation d’un événement auquel il n’avait pas pris part, mais qui revenait, sans savoir ce que John avait fait pour Vera, Thomas fit de même pour John. Tout est relié.

La vie de cette maison est pleine d’histoires qui ne s’envoleront pas avec la mise en vente du bien par l’agence de Sophie Leconte[i] Il faudrait parler des Mondrian reçus en cadeau, qui à l’époque ne valaient pas autant qu’aujourd’hui (lors d’un déménagement Vera Moore en fait une estimation d’un montant qui paraîtrait dérisoire), de Jim Ede, le parrain de John, et de John, l’autre forte personnalité de cette maison. Photographe pour le Crazy Horse, il a conçu des systèmes électroniques pour la police…Entre lui et Vera, il y avait des étincelles car c’étaient deux caractères bien trempés mais opposés.

Un jour (Vera recevait pour le déjeuner, rarement à dîner), Vera s’est vu offrir une cocotte-minute pour cuisiner et on avait dû lui dire qu’elle n’avait à s’occuper de rien, ce qu’elle a pris au pied de la lettre. On a retrouvé des traces de projection de légumes au plafond. Une autre fois, elle a laissé couler l’eau du bain si longtemps que l’eau est passée à travers les étages. Et les travaux étaient pour John. Forcément ils avaient des sujets de dispute. C’est pour cela que la maison est à la fois l’œuvre de mon père et son boulet.

« Malgré tout, ils ont vécu ensemble » . Thomas a préféré les réunir pour l’éternité. Il possède des enregistrements de Vera Moore sur support magnétique qu’il voudrait transférer sur support numérique pour les mettre à l’abri de l’altération du temps. Un coup d’œil sur la montre après cette visite qui n’était pas programmée, il va falloir se quitter. Qu’il était bon de revenir dans cet îlot d’exil et de verdure.

Thomas n’a pas fini de chercher à comprendre l’histoire de la famille. _ « La Nouvelle-Zélande où ma grand-mère est née, c’est le  black-out ». Cette recherche a aussi un but thérapeutique. Il y a des zones d’ombre. Faut-il les préserver ? chercher à les lever ?

Christophe Baillat

Auteur de Vera Moore, de Dunedin à Jouy-en-Josas (L’Harmattan)

 Plus d’informations sur le blog lesamisdeveramoore

[i] [email protected]

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Et pour quelle mobilité ?

Nov 21, 2017

Tout d’abord, merci à Christophe Baillat de faire vivre monSaclay.fr, qui s’était bien étiolé depuis que Stan nous veille à distance.

La  mobilité, terme à la mode, n’est pas une fin en soi. Encore faut-il savoir pourquoi on bouge, et vers quoi on va. Christophe a bien rendu la perplexité qui pouvait saisir tout un chacun lors du colloque de CentraleSupélec. A mon tour, je livre ici des élucubrations pas si fantaisistes qu’elles peuvent en avoir l’air.

Samedi dernier, il y avait deux équipes, des arbitres, et des spectateurs. Tous mobiles car la rencontre commençait tôt et finissait tard, et au gré des arrivées et des départs, c’est 350 personnes qui se sont senties concernées sur ce terrain complexe et controversé.

Une tribune spectateurs

L’engagement pour l’équipe du « mieux être » fut donné par Jacques de Givry, qui après rapide auscultation du terrain, passa à Jacqueline Lorthiois, dont la descente fut révélatrice de son talent. Bien documentées (INSEE 2013), ses « zones intenses » (espaces de réunion géographique d’un bassin d’emploi et d’un bassin de main d’œuvre) font le bonheur des habitants et des employeurs. Ce sont des idéaux à atteindre, et à préserver quand ils existent (comme pour Trappes, Saint Quentin en Yvelines ou Versailles). Nulle part, de Versailles à Orly, le tracé de la ligne 18 ne dessert les axes principaux de déplacement domicile-travail : il leur est perpendiculaire. Relier ces bassins par un tel axe de transit, c’est couvrir seulement 3% des besoins actuels. Une misère pour le présent, coûteuse, et déstabilisante pour le futur. En permettant des déplacements plus distants, au seuil de la durée tolérable, ce transit sert à concentrer les entreprises et à excentrer la population active.

Après cette longue et brillante chevauchée du « mieux être », c’est la contre-attaque de l’équipe de l’« avoir plus » : Laurent Probst « Ile de France Mobilités » vient de rentrer sur le terrain et pousse la ligne 18 sur un plateau de Saclay effectivement déstabilisé : des activités qu’on y concentre, des chercheurs et des étudiants qui n’y logent pas.

Passe en retrait au défenseur Jean-Noël Barrot : les lignes de transit aèrent l’Ile de France multipolaire et libèrent les étoiles de la couronne. Pressentons nous, à l’heure des COP21 à 23, un transport « structurant » qui promet l’arrivée de plus d’entreprises, la construction de plus de logements, bref le grand credo développement et urbanisation de la région ?

Mais Barrot sort, Jean-Pierre Orfeuil tacle et reprend la balle : le Grand Paris, c’est un projet de développement à l’ancienne, à l’évaluation socio-économique bâclée, sans concertation démocratique.

Passe à Jean-Noël Chapulut : c’est le réseau existant, puissant mais trop fragile, qui assure les dessertes indispensables.

Du banc, Frédéric Denhez, exhorte les « mieux vivre » : arrêtons d’aligner des solutions, le problème c’est l’étalement urbain, attaquons ses causes, contrôlons le foncier et l’immobilier !

Antoine Dupin intercepte pour les « avoir plus », mais met en touche : les recours contre l’utilité publique de la ligne 18 sont un carton jaune, mais pas rouge, les études et travaux continuent.

Marc Pélissier joue cette touche pendant que le RER B est souffrant, il faut le soigner et vite.

S’ensuit un récital technique entre Harm Smit et Paul Ortais sur les alternatives possibles. Gilles Dansart temporise en reprenant le thème de transport structurant et perd la balle pour Probst qui  laisse tout espérer : l’accès à l’emploi pour la main d’œuvre, des modernisations RER, des bus, des téléphériques, et le réseau Grand Paris. Aura t’il les moyens de mener à terme son action ?

Mais Probst, aux dribbles plutôt déroutants, cafouille devant la cage. Les solutions alternatives ne suffiraient pas sans le métro ? But pour la ligne 18 ?

Cédric Villani, député

Sur quelles bases démographiques, réclame le public ! On entendra que c’est sur les prévisions des maires bâtisseurs …

 

Et que dira Cédric Villani, l’arbitre ?

Oui à la ligne 18. Un métro aérien sur viaduc de Palaiseau à Saclay et souterrain après .

Incursion sur le terrain d’un supporter : Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette, harangue le public pour tenter de le rallier sa cause : Ligne 18 ! ligne 18 ! Ligne18 …. Huées.

 

Une chose semble sûre, la décision risque bien de frustrer encore une fois les tenants du « mieux être », car l’« avoir plus » est supporté par la majorité des notables. Rien n’a changé sous le soleil, sauf peut-être la position des députés « En Marche » …arrière.

 

 

 

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Assises de la mobilité : Foire aux questions, solutions alternatives.

Nov 19, 2017

Gif-Supélec- 18 nov. 2017

Si, au fond, lors de ces Assises qui auront duré plus de cinq heures – problèmes techniques et retard des intervenants (les députés Amélie de Monchalin et Cédric Villani étaient à Lyon pour l’élection de Christophe Castaner à la tête du mouvement politique La République en Marche), on avait parlé que de problèmes de couple ? Du couple emploi & main d’œuvre et du rôle que les transports peuvent jouer entre eux.

Approche par les territoires avec la ligne 18 en ligne de mire

Au cours de sa longue carrière, Jacqueline Lorthiois (urbaniste et socio-économiste) a rencontré des zones centripètes (où la population active converge), exemple : d’Antony, des Ulis, de Palaiseau, de Chilly…on converge vers Massy. A l’inverse, d’autres qui sont centrifuges (aire de diffusion d’actifs) et, enfin, des zones « miraculeuses ». « Autonomes », à la fois bassin de vie et zone d’emploi, bassin d’emploi et réservoir de main d’œuvre. Et de citer Trappes et St-Quentin-en-Yvelines. 60% des habitants travaillent sur place. Préservons les miracles. En termes de transport, dit-elle, les petits flux (tels Lonjumeau-Massy, Savigny/Orge-Massy) ne nécessitent pas d’infrastructure lourde, type future ligne 18 du Grand Paris. Concernant le plateau de Saclay, Jacqueline Lorthiois y voit une gamme étroite d’emplois spécialisés (200/12 000) pour des masses de travailleurs qui viendront tous les jours de loin. « une dissociation de territoires terrible ».

L’interroge-t-on sur la ligne 18 ? _ On voudrait structurer une ville par les transports, c’est du non-sens, une anomalie de conception.

Retour en arrière. Genèse du Grand Paris

_ Pas d’évaluation socio-économique indépendante, manque de temps des experts mandatés, accès limité aux données…on bafoue la démocratie, dit le Pr Jean-Pierre Orfeuil (Institut d’urbanisme de Paris) qui parle du projet du Grand Paris (GP) comme « un projet du monde d’avant,  un roi thaumaturge fait le bonheur des citoyens en mobilisant des moyens financiers extrêmement lourds».

En 2009, le secrétaire d’Etat Christian Blanc élabore le projet en treize mois. _ Si on le relit, rappelle Frédéric Denhez (journaliste), le GP, c’est merveilleux, on va soigner le cancer, marcher sur l’eau…et la première évaluation faite par la Sté du Grand Paris date de 2013, « cherchez l’erreur ». On a consulté sur le GP quand le projet était bouclé, c’est normal, en France, on n’évalue rien.

Point de situation ligne par ligne

_ Je le vois bien sur ma ligne, entonné sur tous les tons.

Le « la » est donné par Frédéric Denhez : le bus Noctilien est plein, les gens préfèrent s’embouteiller en écoutant de la musique plutôt que de prendre des trains en retard à cause du mauvais entretien. Le Pass Navigo dézoné n’est pas utile à grand monde. Et c’est un mauvais signal envoyé : le transport ne vaut rien.

Le RER aura bientôt quarante ans. Certaines rames ont plus de trente ans, le réseau est à bout de souffle (source : PjL du Grand Paris) avec des effets sur la santé _ selon l’OMS, il y a des problèmes de santé si l’on dépasse 1 heure de transport par jour. Pour Marc Pélissier (Pdt Association des usagers des transports d’IdF), « Il y a eu des progrès, mais de nouveau, les difficultés continuent de plus belle ». Avec 900 000 voyageurs par jour, la ligne B est la deuxième ligne la plus chargée d’Europe ; suivent les taux de panne, les colis suspects et autres sources de perturbation. Il veut un matériel avec davantage de places assises, plus d’offre en heure creuse, le soir et le week-end.

Solutions d’ingénieurs
Modes alternatifs complémentaires vs nouvelle ligne structurante

Dans cette partie, la parole est forcément aux ingénieurs. Pas de philosophie.
Paul Ortais. _ On peut proposer de « tirer une ligne » de Versailles vers Buc et le Technocentre…

Comme Brancusi réduisait la matière à son essence, il réduit un problème à son essence. Plus un sujet (transport en IdF) est complexe, plus il le ramène à une problématique simple. Remettre à plat, repartir à zéro, Paul Ortais (ingénieur, inventeur du concept de mobilité CarLina) vante les mérites de cette technique qu’il a éprouvée. _ Appliquons la méthode à Saclay. Le cahier des charges s’énonce clairement : transporter des personnes et des biens 24h /24h et pouvoir aller partout. Son système de mobilité CarLina est constitué d’un plateau pour cabines polyvalentes. Autres options (« outils d’aménagement urbain »), le téléphérique, le tram-train…solutions chiffrées, avec leur vitesse donnée et leurs avantages & inconvénients. _ Pour le téléphérique, il faut un cheminement avec peu d’intrusion dans la vie des gens…

Transport pour Saclay, oui mais lequel ?

Veuillez m’excuser de n’avoir pas encore dit que nous étions depuis le début (14h le 18 novembre) à un grand rassemblement hétérogène dans le grand amphi « Janet » de Supélec : associations, urbanistes, économistes, élus, opérateurs, usagers et entreprises des transports… pour questionner les enjeux de la mobilité sur le plateau de Saclay et les vallées.

Laurent Probst (IdF Mobilités, anciennement STIF) a entendu ces solutions alternatives, mais selon lui, même s’il travaille à améliorer l’offre de bus pour arriver sur le plateau de Saclay (actuellement, il n’y a que la ligne 91.06, qui « explose »), _ Ça ne suffira pas, on ne peut pas faire sans métro, ça ne passe pas.

Les modes alternatifs complémentaires évoqués ne pourraient pas remplacer, à certains endroits, les infrastructures structurantes, si ?

                                                                                     Christophe Baillat

Vallée de la Bièvre

L’odeur qui s’est répandue dans la vallée, quelle en est l’origine ?

Nov 5, 2017
Véronique Lévy-Scheimann, 2023

Un soir*à HEC,

Deux étudiantes tiennent

Autour d’une table

Une sorte de conseil de cuisine.

Pour faire les plus belles hallot de l’année

Elles ont aligné tous les ingrédients sur la table :

Farine, eau, levure, huile, sucre et œufs

Chacun d’eux placé entre la recette et l’horloge.

Jamais on n’avait vu deux filles se mettre dans un état pareil

Attendraient-elles leur fiancé pour une permission

Elles consulteraient moins souvent le calendrier.

Le calendrier hébraïque des marées

Un petit livre qu’elles feraient mieux de laisser ouvert

Plutôt que de le manipuler sans arrêt comme elles le font

A une cadence de plus en plus rapide

Au fur et à mesure que l’heure se rapproche.

Seul, sous la table et dans le noir,

Le chandelier s’impatiente, lui aussi.

Avec tout leur cœur

Les étudiantes se préparent à accueillir le Chabbat**

Leurs yeux vont du petit livre vert à l’horloge

Et de l’horloge au petit livre vert.

Le tableau des entrées et des sorties

Indique pour chaque Chabbat

L’heure de la marée divine montante

Et l’heure de son reflux.

Aussi fixent-elles le cadran de l’horloge

Elles ne voudraient sous aucun prétexte rater Celui qui va bientôt entrer

Nul n’ouvrirait au facteur _ même s’il portait un recommandé _

Même s’il était le messager de Dieu

Elles le feraient décamper.

Ce jour est le « saint Chabbat » mondial

Qui n’arrive qu’une fois l’an.

_ Les bougies ! crient-elles, allumons les bougies !

Le moment tant attendu est enfin arrivé.

Chacune plonge sous la table tête la première

pour s’emparer du chandelier.

&

Alors que l’école est sur un plateau

A soixante-dix mètres

Peut-être cent mètres

Au-dessus de la vallée

On raconte qu’autrefois

HEC fut inondée.

En ce 12 novembre

En contrebas du plateau

Perdue dans le brouillard

La Bièvre se réveille

Ragaillardie par les pluies.

Aux abords de l’INRA

Sur la berge

Un cavalier tiré à quatre épingles

Attend l’ouverture du centre équestre de Vilvert.

Il voit l’herbe disparaître

Sous l’épais manteau des feuilles mortes.

&

Il fait six degrés

L’air transporte merveilleusement

Un mélange d’olives, d’épices et d’oignons frits.

&

_ Quelle est l’odeur qui domine ?

Se demandent en même temps

Le cavalier et l’étudiante qui photographie les hallot

tout juste sorties du four.

&

Un moment de pur silence.

Un reflet porté par la flamme des bougies

Sur la croûte badigeonnée avec un jaune d’œuf.

La cuisinière en chef, sans réfléchir:

_ Une odeur de Gan Eden.

&

L’odeur du Paradis descendue dans la vallée

Cette commune, c’est une bénédiction.

Christophe Baillat

* Soir du 11 au 12 novembre 2016

** Le Chabbat ou Shabbat est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine juive, le samedi, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi.

 

Art

Marcel Arland. N’oublions pas que ce grand écrivain a été professeur au Montcel.

Oct 1, 2017

Ce n’est pas gagné d’avance. Reprenons au début, il est 20h30 à la Médiathèque de Toussus-le-Noble. Nous sommes avec les fidèles qui font confiance à la programmation de Maria du Souich.

_ Ce soir, nous découvrirons des lieux saints de l’écriture. Grâce à quelques complicités, nous pénétrerons dans l’enceinte de son bureau à la nrf et grâce à celles de ses gardiens, nous irons – ce sera un privilège d’y être reçus – à Brinville (photo). Qui sait, peut-être surprendrons-nous le maître de maison en train de lire après le dîner. N’a-t-il pas sur sa table dix ou douze livres ? N’est-il pas obligé de lire une partie de la nuit pour choisir les romans dont il parlera ?

Tout Marcel Arland en trois lettres, ce serait presque possible avec ABC : Amance, Brinville et Corona (sa bonne machine à écrire), à condition d’en ajouter aussitôt trois autres : NRF.

Abécédaire. Pour la lettre A, à part l’Amance, qui a bercé son enfance, je ne vois que cette rivière pour mériter la première place. Saluons-la, nous aussi, l’Amance, de loin mais le cœur y est. Nous voilà en relation avec la Haute-Marne par l’esprit. Pour le B, Banlieue le dispute à Brinville. Qui pour lire le texte onirique qui illustre la lettre B, prendre place dans un train, s’acagnarder sur une banquette, faire soudain apparaître Marie Laurencin entre deux clochards ? Assis ou debout, selon le personnage à qui il prête sa voix, Jean-Yves Saez, fondateur du collectif Passeurs de Rimes, est l’invité–surprise de cette soirée du 29 septembre.

21h, certains n’ont encore rien mangé. Qu’à cela ne tienne, un sandwich, un verre d’eau. Là-dessus, les textes, la lampe électrique (une projection de diapos plonge la salle dans l’obscurité), reprenons. Direction Paris, la nrf et celui que le Figaro littéraire[i] a qualifié de « découvreur », Marcel Arland. 21h30, s’il ne partait pas en vacances, il avait le cafard. Au Rondon[ii], la maison de repos des auteurs. De là à Port-Cros. Découvrons un tout autre Arland, côtoyant Gide ou Paulhan. Son côté gamin dont sa physionomie est imprégnée trouve ici, au-dessus des vagues, un terrain d’application à sa mesure. Pour le L, Langres ou Lecture ? Est-ce que Marcel Arland a choisi ? 22h _ Merci à la ville de Toussus-le-Noble et à Maria du Souich, qui pour les besoins de la bibliothèque lit peut-être autant que Marcel Arland. _ Merci aux signataires de la lettre qui suggère au Montcel (quand il réouvrira) d’honorer la mémoire de Marcel Arland au Montcel où il fut professeur et heureux parmi ses garçons. Tout particulièrement Christian Bouda, proviseur de lycée et fils des gardiens de M. et Mme Arland à Brinville. Sans oublier ceux qui sont au départ de cette initiative : Claude Cailleau (fondateur de la Revue Les Cahiers de la rue Ventura), Michel Crépu (directeur de la NRF), Yvon Houssais (professeur à l’Université de Franche-Comté, Langue et littératures françaises), Rémi Soulié (modérateur des colloques Littérature en Lagast[iii]), Michel Thénard (journaliste en Haute-Marne qui partage avec Marcel Arland une parenté d’Amance[iv]). Ils ont été rejoints depuis par : Jean-Pierre Alix (membre du Groupe de Recherches Historiques de Jouy-en-Josas), Annette Cossonnet (Présidente du Syndicat d’Initiative intercommunal  Jouy & Les Loges-en-Josas), … Le public présent à Toussus a été particulièrement réceptif à cette démarche.

Christophe Baillat

[i] 1er décembre 1951. Article de Maurice Chapelan sur les coulisses du Prix Fémina.

[ii] à Olivet, près d’Orléans. Corinne Fourquier, qui accueille pour une ou plusieurs nuits en chambre d’hôte (Achacunsapose) a bien voulu aller photographier Le Rondon.

[iii] dont le dernier, le 15 juillet 2017, fut consacré aux paysages dans l’œuvre de Marcel Arland.

[iv] C.f le site chemindeleau.com

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Visite au temple protestant avant le 500e anniversaire de l’affichage des thèses de Luther

Sep 20, 2017

L’anniversaire sera célébré le 15 octobre

_ Entrez, il n’y a rien à voir, c’est à peu près en ces termes un brin provocateurs que Patrick Michon, membre du conseil presbytéral attaché au temple de l’Eglise Protestante Unie* de Jouy-en-Josas, accueille les visiteurs les 16 & 17 septembre.

Si notre guide craignait de se retrouver un peu seul, quand il entre, ce samedi vers 14h, des personnes l’attendent déjà à l’intérieur. En dehors des offices et de ces Journées du patrimoine, le temple est fermé. Il faut donc profiter de l’occasion.

Construit il y a 152 ans, de l’extérieur, rien ne distingue cet édifice d’une église de campagne (_ Il a été construit sur un plan type d’église). Il y a même apparemment des chapelles sur les côtés de la nef centrale. Ne nous y trompons pas : ici, elles n’abritent pas de saints : l’une est une issue de secours, l’autre, la place réservée des enfants.

Suivons le guide. Il tente de cerner la culture religieuse du public. Catholique, ou, plutôt catholique, il voudrait connaître les différences et similitudes avec la branche protestante. Catholiques et protestants reçoivent le même baptême (mais où est la cuve baptismale ?), partagent la croyance dans la Trinité et lisent la même Bible. Mais alors, quelles sont les différences, a-t-on envie de demander ? Les différences sont visibles dans l’architecture intérieure du temple. Ni bénitier, ni tableaux, ni chemin de croix. Juste l’essentiel : sous la croix (mais où est le Christ ?), une table de communion avec une Bible ouverte.

Les us et coutumes à connaître.

_ Le dimanche, après psaumes, prières et lectures, le pasteur monte en chaire pour une prédication** qui dure vingt à trente minutes, sans référence à l’actualité, pendant laquelle les citations en grec et en hébreux sont habituelles. Les paroissiens en cercle autour de la table se transmettent l’un à l’autre la corbeille de pain et la coupe de vin, mais cette cène*** n’est pas systématique et ignore la transsubstantiation ****, autrement dit : le pain est du pain, le vin est du vin.

La paroisse protestante comprend les communes de Jouy, Chaville, Vélizy et compte 250 fidèles. Jusqu’en 1950, la chapelle appartenait à la famille Oberkampf. Inaugurée en 1865, Christophe Philippe Oberkampf, venu à Jouy en 1760 créer la manufacture des Toiles de Jouy, ne l’a pas connue. Mais il a fait venir de nombreux ouvriers d’Allemagne et de Suisse et contribué ainsi à l’essor du protestantisme.

Christophe Baillat

Travaille sur Marcel Arland. Conférence à la Médiathèque de Toussus-le-Noble le 29 septembre

* EPU, fusion des églises réformée et luthérienne

** La prédication développe longuement les versets de l’évangile qui ont été lus

*** La Sainte Cène, qui commémore le dernier repas du Christ, l’équivalent de l’Eucharistie des messes catholiques

**** Selon la foi catholique, le pain et le vin sont transformés en corps et sang du Christ. Pour le protestantisme il n’y a pas cette « transsubstantiation ».

Info Citoyen

Promenade du dimanche après-midi

Août 27, 2017

 

Remerciements à Jean-Michel Baillat

Fin du repas : _  Et si on allait faire un tour sur le plateau de Saclay? Bien sûr, un dimanche en plein mois d’août, nous avons peu de chances de trouver des équipes au travail, mais l’envie est forte. Voir où en sont les chantiers (l’unité de mesure semble être de 100 000 m2). Il y a une bonne dizaine de grues, des voies de circulation que le GPS semble ignorer et nous nous trompons plusieurs fois. Direction Polytechnique. Nous arrivons par l’ancien sentier qui mène à l’école. On voit de loin le bâtiment circulaire EDF Lab. On a l’impression que l’on peut circuler librement partout d’un chantier à l’autre et prendre des clichés. (_ Ce serait dans un autre pays, on nous aurait déjà tiré dessus). Le bâtiment d’Horiba est dans notre dos au moment de la photo. Rapide recherche sur internet : M. Horiba est le chairman (président), son entreprise fabrique des instruments de mesure de précision notamment pour les pots d’échappement.

La passion littéraire partagée commande une visite à la maison Charles Péguy à Palaiseau, où est le point de départ du chemin de pèlerinage vers Chartres (C.f article précédent sur ce blog). Nous avons le temps, il fait beau, poursuivons notre périple à Orsay. Quartier résidentiel avec des plaques minéralogiques de tous les départements. La porte ouverte d’une maison nous attire. Est-ce un restaurant ? Il est 16h, les propriétaires sont encore à table. _ Ah, dans ce cas…_ Mais non, vous ne dérangez pas, entrez, installez-vous sur le canapé.

Mme L’Orphelin a 75 ans dont 40 passés aux fourneaux, même du temps où le couple avait un restaurant, c’était elle la patronne en cuisine. Particularité à connaître, elle conçoit le menu (il n’y a pas de carte) pour des clients (entre 4 et 20) selon leur budget. La cuisinière choisit ses produits à Rungis _ Jamais le lundi, ce sont les restes de la semaine, j’y vais le jeudi ou le vendredi. Je me lève à 4h.

Que du frais donc et que le haut du panier. Ici, on ne trouvera pas du foie de canard à 20€ le Kg venant de Pologne. Les avocats prennent le temps de mûrir sous un meuble de la salle à manger. La maison en haut du lac de Lozère fait aussi traiteur. Pendant 10 ans, elle a livré le CEA où 150 couverts attendaient. Sa clientèle compte des stagiaires opticiens (de Chartres, Strasbourg…) qui arrivent à 14h, leur journée finie. Son mari, ancien gérant du restaurant, épluche les légumes, hier, 2 Kg de haricots frais. Il y en aura encore au menu car sur une liste de courses entr’aperçue, on lisait : brocolis, pèches, haricots…

Le plateau scientifique et sa vallée, le couple les connait bien, puisqu’il a habité à la sortie de l’X. Revenons aux clients, après tout, quand on a une petite retraite de commerçants, il n’y a pas de secret, il faut travailler. Un client s’est offert un repas « tout au champagne » pour fêter sa Légion d’Honneur. La Table d’Hôtes est très encombrée (piles d’assiettes, bibelots, cartons de légumes..), on ne vient pas ici pour la décoration, on dirait que l’on a voulu mettre trois maisons dans une. Mais Les Agapes*, c’est une maison pleine où il fait bon vivre et rester discuter.

Nous sommes en août… _ Les vacances ? Mme L’Orphelin ne connait pas. Mais leur formule de table d’hôtes leur convient parfaitement, moins exigeante que le restaurant avec tout de même un revenu. L’approvisionnement en cacao de son fournisseur de chocolat belge ou les dessous de la grippe aviaire, Mme L’Orphelin vous parlera de tout. Le livre des réservations, un grand format avec une épaisse couverture cartonnée noire, est rempli. _ Quel était le dernier menu concocté ? _ Plateau de fruits de mer, lotte à l’Armoricaine, fraisier en dessert. Je ne sais pas s’il y a un livre d’Or, mais la table a eu les honneurs du Prix Nobel de physique Georges Charpak!

Voilà comment s’est terminée notre balade qui avait pour but, au départ, rappelons-le, uniquement la visite des chantiers en cours sur le plateau et la maison Péguy. Il faudrait toujours laisser une part pour l’imprévu.

Christophe Baillat

Travail en cours sur Marcel Arland avec soirée de présentation le 29 septembre à Toussus-le-Noble

* 55 rue de Lozère 91400 Orsay – Tel : 016931 4089

Info Citoyen

Chemin de Palaiseau à Chartres

Fév 23, 2017

Je ne sais pas par où passaient avant les deux millions de visiteurs qui effectuaient le pèlerinage de Chartres afin de découvrir la cathédrale, ce joyau du Moyen-Âge et ses 2600 mètres carrés de vitraux. En 2013, l’Amitié Charles Péguy a créé un nouveau chemin allant de Palaiseau à Chartres, pour les pèlerins, les marcheurs de tout poil et ceux qui veulent se mettre « dans les pas de Péguy ».

L’écrivain catholique gérant des Cahiers de la Quinzaine a vécu à Orsay et Palaiseau. Il fit deux fois le trajet à pied en 1912 et 1913 à l’allure, précise l’association, de 5 Km/h. Le chemin discrètement balisé _ suivre « Chemin Charles Péguy » sur fond bleu _ a bénéficié des fonds du Conseil Général d’Eure-et-Loir. Il reprend l’itinéraire emprunté il y a 100 ans en l’adaptant à notre époque moderne. TGV et autoroutes obligent, quand Charles Péguy parcourait la distance de 70 Km, il faut désormais en avaler 94.

La suite à lire sur mon blog jimdo                                                      Christophe Baillat

Ecoles, Entreprise

Handicap & social business stories à HEC

Déc 10, 2016

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« Il y a plein de projets possibles sur le handicap, c’est un océan bleu. » Gabrielle Portnoi

Amphi Bellon, 2 modérateurs, 3 traducteurs, 2 cadreurs et réalisateurs attendent 6 conférenciers. Route barrée pour cause de canalisation cassée à Jouy-en-Josas, embouteillage à Paris, la navette conduisant les speakers sur le campus d’HEC le 7 décembre 2016 a bien du mal à arriver.

La conférence intitulée : « Au-delà de nous-mêmes… Agir sur notre puissance d’agir » s’inscrit dans la lignée du social impact movement lancé par Muhammad Yunus en novembre avec Emmanuel FABER.

Gabrielle Portnoi a des parents déficients auditifs qui ont été « une grande source d’inspiration ». Sa mère et son père parlaient la langue des signes, il fallait les aider à répondre aux administrations… (Comme ses parents, il y a 500 000 sourds profonds en France). Mais les enfants quittent un jour le foyer familial. Quand Gabrielle entre à HEC entrepreneur, elle a déjà pu observer que les personnes sourdes, vivant dans un monde visuel, sont très douées dans les arts visuels puisqu’elles s’expriment par la peinture, le graphisme, l’audio-visuel. Certes, « ce sont d’excellents réalisateurs-monteurs… mais ils ne réussissent pas à se vendre.» Elle voulait travailler avec eux.

Gabrielle Portnoi a fondé La Manufacture Digitale, agence de communication et Entreprise Adaptée (Paris) mêlant des sourds et des entendants.

Franck Pruvost est né très malvoyant, mais il a pu se représenter « une banque d’images » dans son enfance. Deux sentiments lui sont vite apparus, un sentiment de protection et le fait que pour réussir, il devrait être meilleur que les autres car le marché du travail fait peu de place aux personnes handicapées. Dans le monde des autres, celui des voyants, Franck est comme un voyageur à l’étranger, il n’a pas les codes. S’il veut inter-agir, il doit capter des signaux qu’il ne voit pas. Il est parvenu à décrypter son environnement et a compris comment il y était parvenu. C’est grâce à la « sensibilité » qu’il a développée.

Son cabinet : Sensitive Ways intervient dans la communication, le management, la GRH… Il propose « une sensibilité à développer comme un outil pour développer la performance, un outil de compréhension de son environnement pour construire de la richesse humaine ».

Après la conférence, Franck a dit son envie de partager avec Louis Debouzy, fondateur d’Amabilis, société de services aux personnes, avec Anne-Laure Baudrillart, fondatrice de Handimagine.

Louis, lui-même en situation de handicap, voit comment les intervenantes à domicile travaillent chez lui. Il a été client de services d’assistance à personnes à New-York et Paris. Amabilis s’inspire du modèle anglais et américain où l’aidant, gouvernante ou major d’homme, est un partenaire pour les personnes en grande dépendance. Après avoir travaillé 10 ans en PME, Anne-Laure s’est « lancée dans l’aventure » cette année, comme consultante RH, pour développer dans les PME qu’elle connaît bien, leur mission handicap.

Anne-Laure Baudrillart a très envie d’intervenir dans les écoles et Franck Pruvost a challengé HEC pour qu’elle développe des axes de recherche sur « le handicap et les compétences inattendues, l’impact de la différence sur la performance et développe l’emploi des travailleurs handicapés dans les grandes entreprises ». Et de conclure _ « HEC pourrait faciliter les rencontres sur le marché du travail en trouvant des stratégies innovantes ».

Christophe Baillat

[email protected]

La soirée était animée par Camille de Monredon (Master HEC Sustainability and Social Innovation 2016 -2017) et Corentin Voiseux (HEC 2014 et co-fondateur de Hypra) sous l’œil de Lise Penillard, Directrice exécutive du Master Sustainability and Social Innovation et dans le cadre de la chaire SnO : Society and Organization. Un événement co-financé par : NET IMPACT, le Centre « Société et Organisations » et le Centre d’Entrepreneuriat

Lien vers la conférence sur Youtube. https://www.youtube.com/watch?v=Zu8hSlZ-x_Y

Le fil d’actualité de la conférence sur twitter:

Art

Daninos raconté par sa femme

Oct 23, 2016

mon-ami-pierrot

MAY I INTRODUCE PIERRE ?

Ecrivain levé à l’aube, Pierre entre très jeune dans les salles de rédaction. Il fait ses armes comme journaliste sportif avec son oncle qui possède la revue Tennis & Golf, avant de partir suivre les balles aux Etats-Unis pour Le Figaro. Journaliste, mais seulement le matin, il travaille l’après-midi à son œuvre romanesque. Il y brosse des souvenirs personnels, depuis la seconde guerre mondiale (Le sang des hommes -1941), jusqu’à une croisière de luxe (Les Touristocrates – 1974). Mon ami Pierrot montre l’écrivain au travail. Que lui faut-il ? Il ne demande qu’un bureau, une bonne plume et, le plus difficile à obtenir, le silence. On peut ajouter une bonne épouse. Il disait à sa femme, «  Si tu me quittais, je me noierais …dans le travail et les voyages. » Travailler, voyager, aimer et faire de l’humour. A l’école, il avait appris à rire de tout, ensuite, il s’est souvenu de ce qu’il avait appris. Lui disait-on : _ « En somme, on peut dire que vous occupez une place à part dans la littérature française ». Il répondait _ « Bien sûr je ne vais pas m’asseoir sur les genoux de quelqu’un. »

Dans le livre qu’elle consacre à son mari (Editions du Panthéon – Collection Mémoires), Marie-Pierre fait une grande place aux textes de Pierre dont elle loue le professionnalisme. Il connaissait à ce point son métier qu’il dicta un jour deux chroniques plongé dans le coma et, selon Marie-Pierre, qui était également sa documentaliste et plus encore sa partenaire, il n’y avait rien à retoucher.

MAY I INTRODUCE MARIE-PIERRE ?

Andreï Makine lui faisait l’amitié de toujours lui adresser son dernier livre. Il arrivait à la dédicataire dans son appartement du Parc de Diane à Jouy-en-Josas, où des photos de Pierre rappelaient sa présence à ses côtés. Marie-Pierre vous invitait pour une tasse de thé aussi bien en français qu’en anglais (I will arrange tea time for the two of you this summer with pleasure). Vous la trouviez chaussée de mocassins en fine fleur de cuir, prête malgré les ans à aller visiter une exposition en voiture à Paris ou à s’envoler pour New-York. J’ai connu Marie-Pierre octogénaire. Eternelle amoureuse des mots étudiant les langues. Avec les Aînés de la commune en Pologne. Participant en toute simplicité à l’Atelier d’écriture. Cet amour qu’elle a toujours porté aux mots, cet amour qui lui a fait rencontrer Pierre. Peu de personnes connaissent sa vie et pourtant elle l’a racontée avec talent dans Belle-Mère en exclusivité, paru chez de Fallois en 1996. Pierre écrit en quatrième de couverture : « Il est parfois difficile pour un écrivain d’accepter qu’il y en ait d’autres _ surtout des meilleurs. Mais avoir une épouse qui prend la plume, s’empare de votre nom, publie un livre, et, de surcroît, ne manque pas d’esprit _ c’est dur à avaler ». C’est troublant, ce titre : Belle-Mère …alors qu’elle évoque sa propre mère. Pierre a choqué sa vie. « Je n’aurais jamais dû faire la connaissance de Pierre », écrit-elle encore et encore.

Un livre provoque l’improbable rencontre

La rencontre des deux familles, d’origines sociales si différentes, n’était pas inscrite dans les cartes. Il a fallu que le destin fasse un gros, un très gros effort d’imagination. Leur histoire d’amour commence par le livre que Pierre a écrit et que Marie-Pierre achète. Nous sommes à New-York, en 1954, l’année des Carnets. Pendant que sa mère essaie de joindre les deux bouts, Marie-Pierre Dourneau garde des enfants et a la bonne idée de passer à La Librairie française. Le livre Les Carnets du Major Thompson va changer sa vie. Voilà l’homme (cet auteur qui a eu le génie de lancer un Major anglais plus vrai que nature dans la jungle des Français) avec qui elle aimerait vivre ! Aimerait, car Pierre est marié. Ralenti, le coup de foudre dure treize ans.

Marie-Pierre Daninos a la plume assassine, son mari, qui fut une sommité de la littérature est mort à l’hôpital comme un chien. En 2005. Onze ans plus tard, Marie-Pierre invective son personnel tout autant pour son manque d’humanité que pour ses soins défaillants. Le carnet de notes de Pierre et son stylo disparaissent en même temps que lui. Marie-Pierre a concentré sa dernière énergie sur terre pour raconter la vie du célèbre journaliste, celle de l’écrivain voyageur et leur vie de couple durant cinquante ans. Elle est décédée sitôt après avoir déposé le manuscrit entre les mains de son éditeur.

_ Buvons un coup, buvons en deux

A la mémoire des amoureux…

Christophe Baillat

Info Citoyen

L’histoire d’établissements liés à la communauté juive à Jouy-en-Josas et Orsay, est abordée dans deux livres

Fév 13, 2016

Deux livres très différents mais avec deux points communs : les Eclaireurs Israélites de France (E.I.F ou E.I pour faire plus court) y sont à l’honneur et la préoccupation de « Ramener dans la Communauté » les enfants (premier livre) ou les jeunes adultes (le second livre) est commune.

couve Gardien de nos frères Couverture livre un lieu où reconstruire

Le premier livre,  Le gardien de nos frères (Belfond – 2016),   est le prolongement romanesque d’un mémoire écrit, en 1984, qui portait sur la résistance juive mais que peu de lecteurs à part les membres du jury de Science-Po ont pu lire. Ariane Bois a donc fait avant tout une œuvre de vulgarisation. L’auteur hésite trop entre journalisme, mémoire de chercheur et littérature. Le résultat est un roman populaire fort bien documenté. Cette fiction historique raconte l’histoire des « enfants cachés » pendant la guerre, que les « dépisteurs » ont eu pour mission, la guerre finie, de retrouver pour les ramener aux leurs, pas forcément les parents, qui sont ou ne sont plus, mais au moins dans leur Communauté. L’enquête passe par Jouy-en-Josas où se trouvait une des premières maisons à accueillir en 1945 des enfants juifs dispersés et cachés.

Le second livre nous fait entrer dans l’Ecole d’Orsay* où 400 élèves ont été scolarisés de 1946 à 1970. L’aventure est retracée dans « UN LIEU Où RECONSTRUIRE. L’école G.B d’Orsay. » Quand Robert Gamzon crée l’école, le projet pédagogique est fortement influencé par le mouvement des E.I.F, fondé par le même Gamzon. Aux candidats, il pose cette question _ Veux-tu consacrer un an de ta vie pour étudier ensemble les sources du judaïsme et comprendre ce qui nous est arrivé ? Barou’h Haba ! (bienvenue en hébreu). A la sortie, l’école pousse ses élèves vers le service social pour la Communauté. Mais deux ans après, la création de l’Etat d’Israël pousse le fondateur à partir avec 40 E.I. Léon Askénazi, ancien élève de la promo 1, prendra bientôt les rênes de l’école. Le petit-fils du Grand Rabbin d’Algérie succède au petit-fils du Grand Rabin de France. Il renouvelle l’enseignement, distille l’ésotérique Kabbale à quelques élus dans le parc. Avec Askénazi (Manitou chez les scouts, où Gamzon l’avait repéré), « le rêve d’un mouvement E.I adulte » disparaît au profit du renouveau de la personnalité juive auquel il se voue.

Le grand mérite du livre de Lucien Gilles Benguigui, paru aux Editions Elkana en 2009, est d’aborder ce lancinant tangage entre les deux projets. Un vrai travail d’historien accompli par cet ancien élève (1953-1954). L’éditeur (une maison francophone installée à Jérusalem) écrit à propos de l’auteur qu’il a été bouleversé par son passage dans l’école « C’est pourquoi il a choisi de vivre en Israël ».

Christophe BAILLAT

* On pourra également lire l’article de Monique Vénier-Ziesel paru dans le Cahier de Chloé (Comité d’Histoire Locale d’Orsay) n°8 – Juin 2002

 

Info Citoyen

Lancement de la 7e édition du concours « Nouvelles avancées »

Oct 21, 2015

bas buste avec papier stylo buste Newton à Cambridge compressé

Avec la sortie en librairie du recueil des nouvelles primées lors de l’édition 2015 (Les Presses de l’ENSTA), la 6e édition laisse la place à la 7e. Le 20 octobre, l’équipe organisatrice a dévoilé le sujet de cette 7e édition : « Dans la peau d’Archimède, Einstein et les autres ». Les auteurs (catégorie Grand public, Etudiants scientifiques et Collège/Lycée) ont cinq mois pour remettre leur copie. Dans cet intervalle, il est tentant de scruter les variations d’une saison à l’autre. L’équipe des 8 étudiants de l’ENSTA, associée à la préparation, et encadrée par Laurence DECREAU, créatrice et directrice du concours, est augmentée d’un étudiant en biologie de l’Université Paris Sud et d’un élève de Polytechnique. A la présidence du jury, on retrouve un romancier et un scientifique : Jérôme Ferrari & Etienne Klein (Fatou Diome & Cédric Villani).

La soirée de remise des prix aura lieu à l’ENSTA ParisTech le 31 mars 2016 pour rappeler que le concours de nouvelles « Nouvelles Avancées » fait joyeusement tomber le mur entre science et littérature. L’an passé, la veille de la date limite de remise, un professeur de lettres du collège Les Garrigues (Rognes-13) relisait et corrigeait encore le travail de ses élèves, Louna, Lona et Matthias ; mais le texte est arrivé à temps …pour figurer au palmarès ! Cette année, vous avez jusqu’au 23 janvier 2016 minuit !

Plus d’information sur les sites :

eduscol.education.fr/cid82196/concours-nouvelles-avancees.html

concours-nouvelles.enstaparistech.fr

Christophe BAILLAT

Info Citoyen

Une série d’entretiens à la ferme

Juil 24, 2015

« Il n’y a pas si longtemps, l’agriculture du Plateau, c’était le Père Vandame, le Père Dupré, le Père Trubuil, le Père Laureau…Maintenant, ce sont tous les fils (ou toutes les filles !) qui ont repris l’activité. »

Terres précieuses

Célébration collective des familles agricoles du Plateau de Saclay

C’est en lisant la newsletter envoyée par la Présidente de Jouy Ecologie que j’ai été informé de la parution de ce livre de témoignages d’agriculteurs et agricultrices du Plateau de Saclay. Le préfacier de « Terres précieuses », Thomas Joly, est Président de Terre & Cité. Le livre participe donc à un courant de défense du territoire qui mobilise depuis des années ses acteurs pour la pérennité des terres agricoles. On y retrouve plusieurs signatures emblématiques comme celles de François Lerique, porteur du projet « alternatif » contre « l’entêtement de l’Etat » et amapien*, de Laurent Sainte-Fare Garnot, gérant de Terres Fertiles qui « rassemble des gens très engagés dans la réflexion sur le devenir du territoire »… Voilà pour les présentations.

Revenons au livre et d’abord à son auteur.

Sous l’apparente harmonie de la voûte céleste, le scientifique voit un lieu de combats. Je ne veux pas mettre ici l’accent sur les combats, encore qu’ils existent (c’est l’un des mérites du livre de les rappeler), mais souligner l’importance de l’œil de l’observateur dans l’observation.

Formée à l’Ecole de la statistique, plutôt que de continuer à « compter les vaches », comme elle le dit, Martine Debiesse a préféré conter les vies. Comment s’est formé l’œil de cette biographe professionnelle qui a trempé sa plume dans la terre, et d’où lui vient sa sensibilité pastorale ? En réalité, sans s’en douter jamais, son destin était écrit. Sa généalogie combinée la convoquait pratiquement pour écrire l’histoire de ce territoire qui a comme elle une double identité. Non aveuglée par son ascendance paternelle (son grand-père dirigea le CEA durant seize ans), Martine Debiesse a su tirer parti de ses racines paysannes du côté maternel pour tisser des liens avec les agriculteurs entrepreneurs du plateau. Sous sa plume on les voit comme les truites dans l’eau transparente d’une rivière. Rivière menacée mais les poissons sont bien décidés à se battre pour vivre.

Tour de plaine

Le livre nous emmène sur la terre des générations qui se succèdent. De la G1, « Le Plateau de Saclay, dans l’temps »,  la génération qui s’implante initialement, à aujourd’hui (G3, G4), c’est-à-dire avant et pendant le « tsunami de l’urbanisation » (interview de Cristiana Modica Vandame, une Sicilienne devenue agricultrice à Villiers-le-Bâcle pour une raison sentimentale). Vers l’an 2000, ces familles d’agriculteurs du Plateau se demandaient, face aux projets qui s’annonçaient, si les gens qui habitaient ou travaillaient sur le Plateau voulaient conserver ce paysage agricole ou si ça leur était complètement égal. Guillemette Dupré–des Courtils (G3) explique qu’une poignée d’agriculteurs du Plateau a tout déclenché, « la création de Terre et Cité, toutes ces études […] », qui ont fait connaître le métier, ses enjeux, pour que change le regard sur l’agriculture.

Je ne sais pas si l’homme descend du poisson, laissons cette question aux scientifiques, mais ces fils et filles (Francine Allavoine Garcin, Emmanuel Laureau, Emmanuel Vandame…) qui poursuivent aujourd’hui l’exploitation ont  envie de « défendre le côté agricole du territoire ». Ténacité exigée. On sera surpris de  la résilience dont Charles Monville, éleveur de volailles bio, a fait preuve pour que son rêve de posséder une exploitation se réalise enfin, à 37 ans.

Avec ce nouveau livre, on perçoit mieux la mentalité agricole car il est écrit à hauteur d’homme, dans la pâte humaine qui fermente, qui lève et donne – parfois – des « pousses de cultivateurs ».

Christophe Baillat

* AMAP : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

Martine Debiesse est l’auteur de « Terres précieuses » paru aux éditions Grand Carroi

http://terresprecieuses.jimdo.com/le-trouver/

Info Citoyen

Petit manuel d’économie naturelle et réaliste

Juin 7, 2015

J’ai reçu un livre d’économie dans ma boîte aux lettres, cela n’arrive pas si souvent mais il y a tout de même un précédent. Expédié par Alain Madelin, alors ministre des entreprises et du développement économique, le livre : Ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas avait suivi le même chemin. Bien des années après, Gérard Dréan, m’envoie son B.A. BA d’économie. Entre son livre paru en 2013 et celui de Frédéric Bastiat, impossible de ne pas voir une même source d’inspiration, humaniste, individualiste et libérale.

Ce que tout citoyen doit savoir d'économie

Ce que tout citoyen doit savoir d’économie

Gérard Dréan est un ancien de Polytechnique (X 1954), aujourd’hui bénévole à la Fondation de l’Ecole, entre autres mandats, car lorsque l’on a occupé des postes de direction dans l’industrie, le pli est pris, aussi préside-t-il également aux destinées d’une importante co-propriété à Jouy-en-Josas et est-il membre de la Société d’Economie Politique.

A ceux que l’économie rebute, disons tout de suite que l’auteur n’a pas recours aux mathématiques, il préfère nous emmener sur un marché, acheter des choux. Oui, des choux. Après tout, c’est la première leçon, « le sujet même de l’économie, ce sont les désirs et la satisfaction des besoins humains ». Deuxième leçon, à chacun son terrain, Gérard Dréan ne tentera pas d’expliquer pourquoi le client veut du choux. Le comportement dépend de la psychologie, il est souvent imprévisible et l’auteur prend pour seul objet l’économie, « la science des richesses », pour la rendre accessible à tous. La troisième leçon est une leçon de modestie. L’auteur connaît les limites de la science économique. Préférant la réalité à la fiction, il ne se risque jamais à des prévisions.

Mais alors, pourquoi a-t-il écrit – et édité – ce livre ?

Car il croit avoir trouvé pourquoi certaines sociétés se sont plus développées que d’autres. Le postulat de Gérard Dréan est que la société cherche à développer la « prospérité matérielle » mais pour y réussir, elle doit faire une place aux innovations, autrement dit, aux iconoclastes, aux empêcheurs de tourner en rond. Si les pouvoirs établis (les Eglises, les Etats) ou les communautés ont des comportements tyranniques qui étouffent, empêchent, plus de progrès possible. Malheureusement, regrette-t-il, la tyrannie et la méfiance dominent la majorité de l’humanité…même dans les sociétés les plus évoluées.

Christophe Baillat

 

Info Citoyen

Témoignages & An eyewitness account (Français & Anglais)

Mai 25, 2015

Christophe Baillat, auteur à Jouy-en-Josas, sous le plateau de Saclay, sort son périscope.

Ce pourrait être le pitch du livre : « Venez chez nous à Saclay avec vos prisonniers politiques et passez-les dans nos scanners, vous saurez ce que vous avez toujours voulu savoir sur les réseaux terroristes ».

Neuroland couverture

Il paraît que le dernier Fred Vargas est bien mais mon périscope n’est pas tourné de ce côté. Image suivante. Le livre de Sébastien Bohler, Neuroland, tient du Campus novel, ces romans qui se déroulent à l’université et du thriller scientifique. Imaginez Maxime Chattam en résidence d’écriture sur le plateau de Saclay (pour l’instant, je ne vois que François Bon). Voici un livre ultra-intelligent quant à sa construction et à son découpage. Très séquencé, ce qui fait qu’un baiser passionné est toujours interrompu avant d’être bu complètement. Sébastien Bohler, dont la quatrième de couverture nous dit qu’il est Ancien élève de l’Ecole polytechnique, est tellement sûr de là où il nous emmène qu’il savoure le chemin en prenant son temps sur six cents pages. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des accélérations dignes d’une Lamborghini. La compétition pour rejoindre Saclay, « la Mecque des imageurs » (imagerie cérébrale), est rude entre les étudiants de Normale Sup. Et Neuroland, « le labo le plus convoité d’Europe ». Image suivante. Du côté du ministère de l’Intérieur, un policier qui a foiré un interrogatoire et a donc 53 morts sur la conscience veut se racheter. Il s’intéresse donc aux méthodes scientifiques qui permettent d’aller chercher les informations dont les enquêteurs ont besoin là où elles sont, dans les cerveaux de ceux qui font voler les vies en éclats. Les personnages sont de chair et de sang, ont une vie professionnelle, familiale, des appuis, des rivaux et parfois aussi, une vie cachée mais je ne peux pas en dire plus…

Juste un extrait alors, celui où l’on suivra Vincent Carat. Ce n’est pas l’étudiant en master neuro-sciences le plus doué mais il a des intuitions géniales et des qualités humaines : « Vincent prit le RER B à destination de Massy-Palaiseau. Il emprunta un bus qui roula longtemps à travers les champs […]. Les longues silhouettes des peupliers oscillent au vent sur le plateau de Saclay »

Si vous pensez que ce livre publié aux éditions Robert Laffont est Le livre qu’il vous faut emporter cet été, vous lisez dans mes pensées. Pour garder une activité cérébrale mais pas trop.

Christophe Baillat

Auteur invité à Des Livres et Vous St-Cyr le 30 mai

Photo Jean-Louis Martin - Syndicat d'initiative Jouy & Les Loges-en-Josas

Jean-Pierre Alix, Valérie Gauthier. Photo J-L Martin Syndicat d’initiative   Jouy & Les Loges-en-Josas

The Bar des Sciences et des Lettres in Jouy-en-Josas is used to host scientists or writers who are prominent in their field. Valérie Gauthier seems to have blurred the borders, with a distinctly literary book on management. How did she do it? Who is she?

She studied creative writing in the USA and taught American poetry at HEC Paris before leading its MBA program. While exposed to a pretty wide range of diversity (85% of the students are not French), her challenge was to upgrade the MBA in the world rankings. Her position was the best way to understand how to lead a group with very different profiles. She did the job for eight years before going to MIT (USA – Mass.), an opportunity to go further through teaching, reading literature and books on management.

Her time away from HEC has been fruitful considering the book : Leading with sense, presented on the 16th of January at the Chai Moi restaurant in Jouy-en-Josas. To improve your relationships & leadership, she recommends the three Gs – Genuine, Generous and Generative. The protocol is given in chapter 6: if you want to open up to others and their differences, begin by focusing on yourself and writing your own self portrait. Then give it to your counterpart, who will do the same with you. You’re then set to begin a true conversation, with both of you generous enough to spare two hours to discuss the two portraits.

Do you have doubts about the method, like many of the people who listened to Pr Valérie Gauthier that day in the restaurant? 1,500 people have done it before you in seminars and felt comfortable and more confident. So if you’re interested, a website will give you a taste of the technique and you may also decide to read the book, in English (Leading with sense) or in French (Le savoir-relier).

See the French version

Christophe Baillat

Histoire d’Alexandre Alexeïevna, dit Alex

_ Je rigole quand j’entends dire que les chercheurs n’ont pas besoin d’être dirigés, c’est peut-être vrai dans leur travail, tant mieux pour eux, mais dès qu’ils sortent du labo, ils sont à côté de la plaque, si vous me permettez. Certains sont carrément euphoriques, le problème, c’est de les ramener sur terre jusqu’à nous. La bureaucratie, c’est à l’opposé de ce qui leur convient. Ils sont incapables de défendre leurs droits. Nous, nous connaissons les dessous du système, nous leur offrons une sécurité. Dans le cas d’Alex, c’est vrai, Tatiana nous a beaucoup aidés. Sandrine de Science Accueil

Alexandre Alexeïevna, (Alex2 pour ses collègues, ou encore Alex) travaille à une échelle temps de quelques fractions de seconde, inférieure à la nano seconde. Il est le type même du physicien-voyageur qui enjambe les continents pour faire carrière ou partir avant la date d’expiration de sa carte de séjour. En consultant son CV sur Research Gate, on voit qu’il est déjà venu à Paris avec un visa d’un an _ Un contrat CNRS, mais après je n’ai pas pu rester. C’était il y a cinq ans. Compte-tenu de la mauvaise réputation des fonctionnaires français « trop tatillons», il avait eu recours à Science Accueil comme intermédiaire. Sandrine se souvient.

Le 15 décembre 2008, Alex salue son directeur de labo, le Pr Klein, quitte le centre-ville de Moscou et débarque quelques heures plus tard à l’aéroport de Roissy. Il appelle l’association Science Accueil à Orsay pour qu’elle lui trouve un point de chute. Il doit prendre un poste de chercheur à l’UPMC, l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, une faculté d’ingénierie dans le Ve arrondissement. Il commence après Noël. Il a pris soin de faire précéder sa venue d’un mail expédié à Science Accueil. Il arrive avec un simple bagage par l’escalator dans le grand hall de l’aéroport et compte sur Sandrine pour lui trouver un hébergement le soir même. Aimablement mais fermement, elle lui fait remarquer qu’il ne leur laisse pas le temps de se retourner. _ Pas le temps, vous plaisantez, ce n’est pas ma faute si vous êtes surchargée … Pour Sandrine, c’est un cas désespéré mais, hélas, pas isolé. Elle a réussi à le loger dans une ferme-auberge (cela dit, il n’en garde pas de mauvais souvenir). Depuis bien des choses ont changé. Il a soutenu sa thèse, s’est offert un orgue électrique en récompense de son prestigieux titre de Docteur (Ph. D. in Physics), a séjourné à Osaka et au centre-ville de Toronto où il a rencontré Tatiana Alassieva, une compatriote slave. Depuis, ils ne se quittent plus. L’organisation des déplacements s’est, comment dire, professionnalisée et tout le monde en profite à chaque bout de la chaîne.

Il y a peut-être un million de scientifiques dans le monde (ce n’est plus la noblesse du XIXe siècle) mais la compétition dans les labos est loin d’être la même partout. Alex ne veut plus entendre parler du système américain. Du Canada comme des Etats-Unis, il dit : _Là-bas, le Professeur qui dirige un labo est comme un chef d’entreprise. Il donne le même sujet à deux équipes, les presse comme des citrons et il garde les meilleurs à la fin. Venant d’un pays de l’Est, il n’a pas l’habitude de se vendre. Aussi le régime français lui convient mieux. Il peut désormais candidater pour des postes post-Doc et soumettre son dossier à une commission composée de sept personnes. On ne l’attend pas non plus à bras ouverts. Sur un tableau, il a lu un jour : tu fais la compétition à nous. Message non signé d’un collègue qui parlait moins bien français que lui.

Entre deux équations prometteuses, Alex joue au piano dans le petit coin chaleureux ménagé derrière une porte du labo de Toronto, orné de souvenirs et de blagues de matheux…

La vibration est rock & roll. Avec trois mois d’avance sur le déménagement projeté, Tatiana reçoit sur son Smartphone une liste de quinze propositions d’hébergement. Le soir en se concertant, leur choix est le même, ils préfèrent habiter au centre de Paris, vivre et travailler à Paris pour Alex avec, occasionnellement des allers et retours au Synchroton Soleil à Saclay. (La lumière y est si puissante qu’elle compense le peu de temps laissé à l’observateur pour réaliser son travail). Tatiana envoie cet email: _ Chère Sandrine, merci pour vos propositions en réponse à notre demande. Nous avons maintenant le projet d’avoir un enfant (elle en assume la responsabilité, Alex n’entend rien à ces choses-là, elle pourrait lui raconter n’importe quoi). Du coup, pourriez-vous nous proposer des logements plus grands ?

Première déconvenue, la Cité universitaire internationale est saturée de demandes, aussi Tatiana reçoit-elle un nouveau message l’informant que les seules possibilités seront soit à Evry (préfecture de l’Essonne), soit à Palaiseau. Avec leur budget, Sandrine n’a pas pu trouver plus près de Paris. Deuxième déconvenue, les vaccins de leur animal domestique ne sont pas à jour. Tatiana tient à son lapin au moins autant qu’à Alex, elle doit faire des pieds et des mains pour tenter d’obtenir une dérogation. Finalement, le couple peut venir en France s’il promet de régulariser la situation du rongeur. Le choix entre Evry et Palaiseau, a été vite fait. La préfecture est un mot repoussoir pour Alex, il préférerait jouer au piano dans une camisole de force. De lointains échos lui parviennent, via Tatiana qui prépare le terrain pour lui en vue du retour à Paris. La veille encore, elle tentait de se loguer sur le système informatique de gestion des rendez-vous. Mais à minuit et une minute, elle était recouchée, les rares créneaux ouverts étaient déjà pris d’assaut.

_ Il faut sans arrêt se reconnecter, c’est épuisant.

_ C’est amateur, ce n’est pas normal. Dans d’autres pays on y arrive alors pourquoi pas au pays de Louis XIV? Ailleurs ça marche un peu comme ça (sa main serpente), ou comme ça (il tend sa main comme pour donner un billet), mais à la fin, on y arrive. La France croit aux papiers. C’est tout carré. Tatiana lui dit qu’il n‘y a plus que le vaccin qui pose problème. Pour Alex, qui a le poste mais pas encore tous ses papiers, c’est comme un cauchemar. La France, c’est un pays magnifique mais la préfecture, c’est le pire.

Une nuit, alors qu’ils sont sur le sol français, Tatiana décroche enfin le rendez-vous.

_Chéri !

Alex n’a plus qu’à prendre le sac à dos qui contient les documents demandés pour la carte de séjour, justificatifs de résidence, justificatifs d’activité professionnelle Il enfile une polaire et des chaussures de randonnée.

_Pourquoi tous ces papiers ? Mais pourquoi, je suis ici légalement, je travaille.

_Dépêche-toi tu vas rater le rendez-vous.

_ Il vaut mieux avoir trop de documents que pas assez, j’en prends encore quelques-uns.

_ Allez, go !

Tatiana a lu sur un forum qu’une femme qui avait accouché en urgence et subi une césarienne en plein été, à la date prévue initialement pour son rendez-vous en préfecture, n’avait pas pu en obtenir un autre car elle n’avait pas honoré le premier.

A son retour, Alex a le sourire (heureusement qu’il peut prendre des libertés sur son emploi du temps de scientifique). Maintenant, tout s’emboîte, activité, domicile et papiers en règle. Occasionnellement, il sera près de son lieu d’activité, (Palaiseau et Saclay sont tous deux situés sur le même plateau dit de Saclay même s’il le déborde). Le plus souvent, il en sera éloigné de 15 kilomètres pour rejoindre l’UPMC. Pour monsieur, l’horizon s’est dégagé.

Aujourd’hui, le lapin restera seul à la maison. Tatiana l’a fait sortir de son mobil-home, un sac de transport, réparé avec du ruban adhésif partout où il l’a attaqué avec ses dents, pour le faire entrer dans une grande cage d’un mètre de long. Le vaccin va l’affaiblir deux jours. Tatiana, conjoint de scientifique, en profite pour se rendre à Science Accueil. Elle cherche une sociabilité, un peu de chaleur humaine pour rompre l’isolement quotidien qui se profile à l’horizon. Il faut choisir entre la visite du château de Versailles, des cours de cuisine en français et du golf. Elle opte pour la cuisine française. Elle fait le calcul que les échanges y seront plus intenses entre les participants. Et le plat qui se consomme à la fin du cours est inclus dans l’inscription.

Dans quelques années, ils devraient obtenir leurs cartes de séjour valables dix ans, ils feront alors construire une maison, le long de la Bièvre au pied d’un bel ensemble scientifique de renommée mondiale.

Contact : [email protected]

See the English version of this story

Merci à Science Accueil, MonSaclay.fr et le Club des entrepreneurs de Jouy-en-Josas pour l’aide apportée dans la recherche des contacts.

Far from Plateau de Saclay. The story of Mr. Alexandre Alexeïevna

Plateau de Saclay, a hot spot for science, an eyewitness account.
Christophe Baillat is grateful to Science Accueil, MonSaclay.fr and to the Club des entrepreneurs de Jouy-en-Josas for their help to meet researchers. He is indebted to Marie-Pierre Daninos who read the English manuscript through several drafts.

_ How funny are those who say researchers don’t need guidance, maybe it’s truth when at work – so cool is this job – but as soon as they’re outside the laboratory, some of them lack a practical sense. Working can make them euphoric. The problem is to haul them back to the day to day life. As far as Alex is concerned, Tatiana did very well to help us. Bureaucracy makes cumbersome for them to protect their rights. We know the ins and outs of the system, we offer a safe haven. Sandrine from Science Accueil.

When working, Alexandre Alexeïevna (nicknamed Alex2 by his colleagues or simply Alex) uses a micro time-scale under the nano-second. He is so representative of the globe-trotter-physicist hopping from one continent to the other to get a more qualified job or quitting before the expiry date of his residence permit. If you look at his C.V dropped in the database Research Gate you can see he has worked in Paris with a short-term contract with the CNRS. He had used a company to help him to apply. He had heard of the nasty reputation of the French civil servants and of the safe haven. It was five years ago. Sandrine remembers.
On December 15th 2008, Alex said goodbye to his boss, Pr Klein, head of the chemistry laboratory in the heart of the downtown Moscow, and landed a few hours later at Roissy Airport to call the association Science Accueil in order to get a shelter. He is due to step in the position of researcher at UPMC (stands for university Pierre et Marie Curie), located in the Vth arrondissement. He is appointed after Christmas. The morning before leaving, he emailed to confirm his arrival to Science Accueil. That’s why he’s surprised when hearing that it was too short a notice. _ Too short, are you kidding? Multi-cultural and with a stunning background but only hand-baggage with him, here he is, waiting for a call from Sandrine to tell him where to go now. Since this episode who took place five years ago, time flew. Many things have changed. He passed his thesis (Ph D in Physics), bought the electric organ he deserved for this prestigious title of Doctor, traveled to Osaka and Toronto where he met Tatiana. The logistic has been, let’s say, bettered.
There is about one million scientists in the world regularly choosing the place to be (for both reasons above cited). The american system is quite enough for Alex. _ The Professors behave like entrepreneur, screwing their staff and obsessed by competitiveness. They give the same subject to two different teams and retain the best. With an eastern breeding he’s not used to promote himself. He appreciates the opportunity to work in France where the head laboratory is much less business minded and give Alex time to think. PhD applicants are selected by a committee which evaluates candidates throughout a collective choice. You’d be wrong thinking he’s welcome. He had once the occasion to read this message on a paperboard: Tu fais la compétition à nous. A warning from a colleague (who ?) less at ease with French than he is.
While Alex is playing the piano between two promising equations, in the no serious zone tucked behind a door of the lab, with pinned up mathematical jokes and souvenirs…
A rock & roll vibration buzzed. Three months ahead from their scheduled departure, Tatiana receives on her Smartphone a list of fifteen proposals for an accommodation. In the evening, after a brief discussion with Alex, they agree. They prefer living in Paris inner city. Alex will live and work in Paris and occasionally commute to the Synchrotron Soleil in Saclay (the light is so powerful research can be done under any short time-scale). Tatiana emailed: _ Dear Sandrine, thank u for your proposals in response to our enquiry for an accommodation. We are now thinking that it would be nice to have a child (she manages this project, Alex doesn’t understand anything in this matter, she could tell him whatever she wants). Could you make us more appropriate proposals?
The first bad news is coming. No more accommodation is available in Paris. The Cité Universitaire Internationale is over booked. She’s told that the only opportunities are located either in Evry (the town hosts the department body so called “préfecture”) or in Palaiseau. The financial conditions will match their means in this area. The second bad news is that her pet’s vaccinations are out of date. She’s as mad about him as she’s about Alex so she does what she can to get the permission to let him in, that is to say a breach of the French legislation. In the end, they are given the possibility for the all of them to come if they promise to comply with the law concerning the veterinarian vaccination. So they do. The accommodation in Palaiseau has been selected and confirmed reluctantly but for Alex, the word “préfecture” sounds a repelling word. He’d rather play the piano in the academic costume worn on special occasions than go to Evry. For him, it is a synonym of the red tape requirements he has heard of – if cushioned – through the voice of Tatiana who does her best to prepare their coming back to Paris. And he remembers himself queuing in a very long line outside the préfecture to get a certificate when beginning his career.
Yesterday was her last try (at midnight) to log in on the online meeting scheduling of the préfecture. The timetable was closed a few minutes later and she came back into their bedroom. Too few slot schedules were available so that they were booked at once.
_ The administration is amateurish, I can’t accept it. Other countries make it. Why would it be impossible in the country of Louis XIV? Elsewhere, you must bribe or you can do it so so but in the end the result is positive. Bureaucrats are sticklers for the rules. Tatiana told him that the only problem to be solved was the vaccination but for Alex who has already got the job, waiting for the documents to be given, is a real torture. France is a wonderful country but the préfecture is the worst. Don’t you think we should use another company to apply?

Once they are arrived in France, Tatiana succeeded in booking an appointment thanks to Science Accueil.

_ Darling !
Alex just has the backpack loaded with all the documents needed to handle. _Why all these documents. I came legally, I work. Why …
_ Hurry up, you will miss it.
_ They are not happy when you have too few.
_ Goooo !
When he’s back, Alex calmed down (his work allows him to take all the necessary time to deal with the red tape). All is in order now. Occasionally, Alex will be next to his job (both Palaiseau and Saclay are on the so-called “plateau de Saclay”, even if out of the geographical limit). Most of the time he’ll be fifteen kilometers away from his job at UPMC. But it’s such a relief for him.

The rabbit, a tough frequent-flier, will be alone at home while Tatiana will go to Science Accueil. Going out from his “mobil-home”, a carrier approximately repaired with brown straps after he had chewed part of it, he will have two days to recover after the vaccination in his one meter long cage. Coming for the first time to Science Accueil, Tatiana, a scientist companion, foreseeing the moment she’ll be alone, is in need of social relations. She’s given a multiple choice questionnaire: a visit to the Versailles château or cooking in French lessons or golf. Ticking the cook in French case, she’s calculating the prepared course to be eaten by the group will be included in the bill.

Within a few years, when they have a ten years residence permit, they will erect their house along the Bièvres valley, below a hot spot for science with a world reputation.

http://christophebaillat.com/

Christophe Baillat is edited by l’Harmattan and Yvelinédition. His last is on the English concert pianist Vera Moore, an important woman in Brancusi’s life.

Creative Writing Workshop, Company Biography.

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Imagining a XXL Ring

The CERN puts forward his future

Michel SpiroThe hollowness isn’t hollow. Atomic physicists have proved that and the timetable of the just retired Michel Spiro, astrophysicist, does not prove the contrary. His road show turns around the planet, when not visiting scientist sites with pupils. Michel Spiro is no more the head of his Department, a burden weighing two thousand people down. The most important is left, networking with a passionate and free community, as Sandrine Laplace (co-writer of a book with him La physique des infinis) has put it. He secured the leading of a disruptive project: the building of a new particles collider, much bigger than the existing LHC near Geneva, which originated the Higgs boson discovery. There’s no limit not to be overcome.

CEA Saclay
The CEA is the body that supports the visit Michel Spiro is paying to Geneva for the kick off meeting project. The first name Josiane is on the last slide of Mr Spiro’s presentation containing forty views. You can’t imagine how much he relies on her.
From : [email protected]
Sent : Wednesday 12 february 2014 09:15
To : [email protected]
Michel Spiro is heading for Geneva but he forgot his access card. Do you want me to scan it?

CERN – Facility services
Gardening, firefighting and access control are managed by a Facility services who keeps an eye on 370 acres. The Services management is staffed with one hundred employees (120 would match the requirements but times are difficult). This well trained staff alerts the manager only when there’s something unusual.
From [email protected]
Sent : Wednesday february 12th 2014 10:07 am
To [email protected]
Dear Josiane, you may send it me scanned but the access is submitted to an electronical device. A safety rule that is certainly not to be imposed to the former CERN president. Regards. Martens

11:00 am – Saclay CEA
From [email protected]
To [email protected]
I should have tell you Mr Spiro retired from CERN but he is used to go to the foyer hotel.

17:00 pm Editorial room of La Tribune de Genève
A pre-located spot has been secured in advance for the next day (Thursday February 13rd) print edition with this provisional title:
The CERN is building its future
Bigger than «The Lord of the Rings »

The appointment with Pr. Michel Spiro is scheduled at 18pm before the meeting which is due to begin at 19pm and to be concluded with a verrée not to say a cocktail. When the room is crowded, the journalist will take a photograph of the audience (300 ? 500 attendees ?) and will tape his article in the press room of the university during the conference. He‘ll be back at the conference room to have a drink if not disturbed and his article will be printed in the Feb. 13rd edition. The new construction of the CERN should be done for 2035. A hell of a long project for everyone.

17:30pm Feb. 12th 2014 – Bastions Park close to the Geneva university.
A man about sixty is resting on a bench, he wears a dark business suit. A backpack containing his mobile computer at his feet with several books inside to dedicate. The day before, a colleague told him about the Japanese methods to keep stress away. Why not ? The simplest method he is used to consists in walking, inhaling and puffing, ending with a great effort to concentrate himself. That’s what he is doing before his interview to be followed by a conference.
For he forgot to check his email after the verrée, M. Spiro was not able to come in when he arrived at the CERN’s fence. Only this unpleasant episode which has constrained him to go back to the inner city in the Swiss capital by shuttle convinced him to go with his mate for a break in Thailand on a retiring travel for one month. After that, he resumed his activities, that is to say Melbourne, Doubna, Boston and Chicago in a row. As he did in Geneva, he hopes his tribute is a mean to share his passion for research and knowledge.

Christophe Baillat is indebted to Marie-Pierre Daninos who read the English manuscript
http://christophebaillat.jimdo.com/

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Info Citoyen

Entrepreneuriat d’Oberkampf à aujourd’hui

Mai 16, 2015

Club des Entrepreneurs de Jouy - Bicentenaire Oberkampf (1815-2015)

Club des Entrepreneurs de Jouy – Bicentenaire Oberkampf (1815-2015)

Le Club des entrepreneurs de Jouy-en-Josas vous présente l’exposition : « L’entrepreneuriat : d’Oberkampf à aujourd’hui »
Vendredi 22 mai 2015 de 11h à 20h
A la salle du Vieux Marché de Jouy-en-Josas, Place de la Marne.
L’exposition commentée permet d’explorer le parcours unique, riche de succès et d’enseignements de Christophe-Philippe Oberkampf, qui constitue un important héritage 250 ans plus tard.
Cet entrepreneur de talent a révolutionné l’impression sur toile au milieu du XVIIIe siècle et fait de sa manufacture la troisième industrie de France. Il a été précurseur dans plusieurs domaines touchant l’innovation, le management, le social et le commerce.
Durant cette exposition, en fin de matinée à 11H30, Etienne MALLET, Président des Amis du Musée de la Toile de Jouy et descendant d’Oberkampf, dédicacera son livre :
« OBERKAMPF Vivre pour entreprendre ; Journal de l’inventeur de la Toile de Jouy » (éditions Télémaque).
Et au cours de la journée, Christophe BAILLAT, auteur, membre du CEJ, dédicacera son roman historique :
« Le neveu de l’abbé Morel, le roman de la Toile de Jouy » (éditions L’Harmattan).

Lien vers le site du Club des Entrepreneurs de Jouy-en-Josas

Témoignages & An eyewitness account (Français & Anglais)

Mai 12, 2015

 

Christophe Baillat, auteur à Jouy-en-Josas, sous le plateau de Saclay, sort son périscope.

Ce pourrait être le pitch du livre : « Venez chez nous à Saclay avec vos prisonniers politiques et passez-les dans nos scanners, vous saurez ce que vous avez toujours voulu savoir sur les réseaux terroristes ».

Neuroland couverture

Il paraît que le dernier Fred Vargas est bien mais mon périscope n’est pas tourné de ce côté. Image suivante. Le livre de Sébastien Bohler, Neuroland, tient du Campus novel, ces romans qui se déroulent à l’université et du thriller scientifique. Imaginez Maxime Chattam en résidence d’écriture sur le plateau de Saclay (pour l’instant, je ne vois que François Bon). Voici un livre ultra-intelligent quant à sa construction et à son découpage. Très séquencé, ce qui fait qu’un baiser passionné est toujours interrompu avant d’être bu complètement. Sébastien Bohler, dont la quatrième de couverture nous dit qu’il est Ancien élève de l’Ecole polytechnique, est tellement sûr de là où il nous emmène qu’il savoure le chemin en prenant son temps sur six cents pages. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des accélérations dignes d’une Lamborghini. La compétition pour rejoindre Saclay, « la Mecque des imageurs » (imagerie cérébrale), est rude entre les étudiants de Normale Sup. Et Neuroland, « le labo le plus convoité d’Europe ». Image suivante. Du côté du ministère de l’Intérieur, un policier qui a foiré un interrogatoire et a donc 53 morts sur la conscience veut se racheter. Il s’intéresse donc aux méthodes scientifiques qui permettent d’aller chercher les informations dont les enquêteurs ont besoin là où elles sont, dans les cerveaux de ceux qui font voler les vies en éclats. Les personnages sont de chair et de sang, ont une vie professionnelle, familiale, des appuis, des rivaux et parfois aussi, une vie cachée mais je ne peux pas en dire plus…

Juste un extrait alors, celui où l’on suivra Vincent Carat. Ce n’est pas l’étudiant en master neuro-sciences le plus doué mais il a des intuitions géniales et des qualités humaines : « Vincent prit le RER B à destination de Massy-Palaiseau. Il emprunta un bus qui roula longtemps à travers les champs […]. Les longues silhouettes des peupliers oscillent au vent sur le plateau de Saclay »

Si vous pensez que ce livre publié aux éditions Robert Laffont est Le livre qu’il vous faut emporter cet été, vous lisez dans mes pensées. Pour garder une activité cérébrale mais pas trop.

Christophe Baillat

Auteur invité à Des Livres et Vous St-Cyr le 30 mai

 

Photo Jean-Louis Martin - Syndicat d'initiative Jouy & Les Loges-en-Josas

Jean-Pierre Alix, Valérie Gauthier. Photo J-L Martin Syndicat d’initiative   Jouy & Les Loges-en-Josas

The Bar des Sciences et des Lettres in Jouy-en-Josas is used to host scientists or writers who are prominent in their field. Valérie Gauthier seems to have blurred the borders, with a distinctly literary book on management. How did she do it? Who is she?

She studied creative writing in the USA and taught American poetry at HEC Paris before leading its MBA program. While exposed to a pretty wide range of diversity (85% of the students are not French), her challenge was to upgrade the MBA in the world rankings. Her position was the best way to understand how to lead a group with very different profiles. She did the job for eight years before going to MIT (USA – Mass.), an opportunity to go further through teaching, reading literature and books on management.

Her time away from HEC has been fruitful considering the book : Leading with sense, presented on the 16th of January at the Chai Moi restaurant in Jouy-en-Josas. To improve your relationships & leadership, she recommends the three Gs – Genuine, Generous and Generative. The protocol is given in chapter 6: if you want to open up to others and their differences, begin by focusing on yourself and writing your own self portrait. Then give it to your counterpart, who will do the same with you. You’re then set to begin a true conversation, with both of you generous enough to spare two hours to discuss the two portraits.

Do you have doubts about the method, like many of the people who listened to Pr Valérie Gauthier that day in the restaurant? 1,500 people have done it before you in seminars and felt comfortable and more confident. So if you’re interested, a website will give you a taste of the technique and you may also decide to read the book, in English (Leading with sense) or in French (Le savoir-relier).

See the French version

Christophe Baillat

 

Histoire d’Alexandre Alexeïevna, dit Alex

_ Je rigole quand j’entends dire que les chercheurs n’ont pas besoin d’être dirigés, c’est peut-être vrai dans leur travail, tant mieux pour eux, mais dès qu’ils sortent du labo, ils sont à côté de la plaque, si vous me permettez. Certains sont carrément euphoriques, le problème, c’est de les ramener sur terre jusqu’à nous. La bureaucratie, c’est à l’opposé de ce qui leur convient. Ils sont incapables de défendre leurs droits. Nous, nous connaissons les dessous du système, nous leur offrons une sécurité. Dans le cas d’Alex, c’est vrai, Tatiana nous a beaucoup aidés. Sandrine de Science Accueil

Alexandre Alexeïevna, (Alex2 pour ses collègues, ou encore Alex) travaille à une échelle temps de quelques fractions de seconde, inférieure à la nano seconde. Il est le type même du physicien-voyageur qui enjambe les continents pour faire carrière ou partir avant la date d’expiration de sa carte de séjour. En consultant son CV sur Research Gate, on voit qu’il est déjà venu à Paris avec un visa d’un an _ Un contrat CNRS, mais après je n’ai pas pu rester. C’était il y a cinq ans. Compte-tenu de la mauvaise réputation des fonctionnaires français « trop tatillons», il avait eu recours à Science Accueil comme intermédiaire. Sandrine se souvient.

Le 15 décembre 2008, Alex salue son directeur de labo, le Pr Klein, quitte le centre-ville de Moscou et débarque quelques heures plus tard à l’aéroport de Roissy. Il appelle l’association Science Accueil à Orsay pour qu’elle lui trouve un point de chute. Il doit prendre un poste de chercheur à l’UPMC, l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, une faculté d’ingénierie dans le Ve arrondissement. Il commence après Noël. Il a pris soin de faire précéder sa venue d’un mail expédié à Science Accueil. Il arrive avec un simple bagage par l’escalator dans le grand hall de l’aéroport et compte sur Sandrine pour lui trouver un hébergement le soir même. Aimablement mais fermement, elle lui fait remarquer qu’il ne leur laisse pas le temps de se retourner. _ Pas le temps, vous plaisantez, ce n’est pas ma faute si vous êtes surchargée … Pour Sandrine, c’est un cas désespéré mais, hélas, pas isolé. Elle a réussi à le loger dans une ferme-auberge (cela dit, il n’en garde pas de mauvais souvenir). Depuis bien des choses ont changé. Il a soutenu sa thèse, s’est offert un orgue électrique en récompense de son prestigieux titre de Docteur (Ph. D. in Physics), a séjourné à Osaka et au centre-ville de Toronto où il a rencontré Tatiana Alassieva, une compatriote slave. Depuis, ils ne se quittent plus. L’organisation des déplacements s’est, comment dire, professionnalisée et tout le monde en profite à chaque bout de la chaîne.

Il y a peut-être un million de scientifiques dans le monde (ce n’est plus la noblesse du XIXe siècle) mais la compétition dans les labos est loin d’être la même partout. Alex ne veut plus entendre parler du système américain. Du Canada comme des Etats-Unis, il dit : _Là-bas, le Professeur qui dirige un labo est comme un chef d’entreprise. Il donne le même sujet à deux équipes, les presse comme des citrons et il garde les meilleurs à la fin. Venant d’un pays de l’Est, il n’a pas l’habitude de se vendre. Aussi le régime français lui convient mieux. Il peut désormais candidater pour des postes post-Doc et soumettre son dossier à une commission composée de sept personnes. On ne l’attend pas non plus à bras ouverts. Sur un tableau, il a lu un jour : tu fais la compétition à nous. Message non signé d’un collègue qui parlait moins bien français que lui.

Entre deux équations prometteuses, Alex joue au piano dans le petit coin chaleureux ménagé derrière une porte du labo de Toronto, orné de souvenirs et de blagues de matheux…

La vibration est rock & roll. Avec trois mois d’avance sur le déménagement projeté, Tatiana reçoit sur son Smartphone une liste de quinze propositions d’hébergement. Le soir en se concertant, leur choix est le même, ils préfèrent habiter au centre de Paris, vivre et travailler à Paris pour Alex avec, occasionnellement des allers et retours au Synchroton Soleil à Saclay. (La lumière y est si puissante qu’elle compense le peu de temps laissé à l’observateur pour réaliser son travail). Tatiana envoie cet email: _ Chère Sandrine, merci pour vos propositions en réponse à notre demande. Nous avons maintenant le projet d’avoir un enfant (elle en assume la responsabilité, Alex n’entend rien à ces choses-là, elle pourrait lui raconter n’importe quoi). Du coup, pourriez-vous nous proposer des logements plus grands ?

Première déconvenue, la Cité universitaire internationale est saturée de demandes, aussi Tatiana reçoit-elle un nouveau message l’informant que les seules possibilités seront soit à Evry (préfecture de l’Essonne), soit à Palaiseau. Avec leur budget, Sandrine n’a pas pu trouver plus près de Paris. Deuxième déconvenue, les vaccins de leur animal domestique ne sont pas à jour. Tatiana tient à son lapin au moins autant qu’à Alex, elle doit faire des pieds et des mains pour tenter d’obtenir une dérogation. Finalement, le couple peut venir en France s’il promet de régulariser la situation du rongeur. Le choix entre Evry et Palaiseau, a été vite fait. La préfecture est un mot repoussoir pour Alex, il préférerait jouer au piano dans une camisole de force. De lointains échos lui parviennent, via Tatiana qui prépare le terrain pour lui en vue du retour à Paris. La veille encore, elle tentait de se loguer sur le système informatique de gestion des rendez-vous. Mais à minuit et une minute, elle était recouchée, les rares créneaux ouverts étaient déjà pris d’assaut.

_ Il faut sans arrêt se reconnecter, c’est épuisant.

_ C’est amateur, ce n’est pas normal. Dans d’autres pays on y arrive alors pourquoi pas au pays de Louis XIV? Ailleurs ça marche un peu comme ça (sa main serpente), ou comme ça (il tend sa main comme pour donner un billet), mais à la fin, on y arrive. La France croit aux papiers. C’est tout carré. Tatiana lui dit qu’il n‘y a plus que le vaccin qui pose problème. Pour Alex, qui a le poste mais pas encore tous ses papiers, c’est comme un cauchemar. La France, c’est un pays magnifique mais la préfecture, c’est le pire.

Une nuit, alors qu’ils sont sur le sol français, Tatiana décroche enfin le rendez-vous.

_Chéri !

Alex n’a plus qu’à prendre le sac à dos qui contient les documents demandés pour la carte de séjour, justificatifs de résidence, justificatifs d’activité professionnelle Il enfile une polaire et des chaussures de randonnée.

_Pourquoi tous ces papiers ? Mais pourquoi, je suis ici légalement, je travaille.

_Dépêche-toi tu vas rater le rendez-vous.

_ Il vaut mieux avoir trop de documents que pas assez, j’en prends encore quelques-uns.

_ Allez, go !

Tatiana a lu sur un forum qu’une femme qui avait accouché en urgence et subi une césarienne en plein été, à la date prévue initialement pour son rendez-vous en préfecture, n’avait pas pu en obtenir un autre car elle n’avait pas honoré le premier.

A son retour, Alex a le sourire (heureusement qu’il peut prendre des libertés sur son emploi du temps de scientifique). Maintenant, tout s’emboîte, activité, domicile et papiers en règle. Occasionnellement, il sera près de son lieu d’activité, (Palaiseau et Saclay sont tous deux situés sur le même plateau dit de Saclay même s’il le déborde). Le plus souvent, il en sera éloigné de 15 kilomètres pour rejoindre l’UPMC. Pour monsieur, l’horizon s’est dégagé.

Aujourd’hui, le lapin restera seul à la maison. Tatiana l’a fait sortir de son mobil-home, un sac de transport, réparé avec du ruban adhésif partout où il l’a attaqué avec ses dents, pour le faire entrer dans une grande cage d’un mètre de long. Le vaccin va l’affaiblir deux jours. Tatiana, conjoint de scientifique, en profite pour se rendre à Science Accueil. Elle cherche une sociabilité, un peu de chaleur humaine pour rompre l’isolement quotidien qui se profile à l’horizon. Il faut choisir entre la visite du château de Versailles, des cours de cuisine en français et du golf. Elle opte pour la cuisine française. Elle fait le calcul que les échanges y seront plus intenses entre les participants. Et le plat qui se consomme à la fin du cours est inclus dans l’inscription.

Dans quelques années, ils devraient obtenir leurs cartes de séjour valables dix ans, ils feront alors construire une maison, le long de la Bièvre au pied d’un bel ensemble scientifique de renommée mondiale.

Contact : [email protected]

See the English version of this story

Merci à Science Accueil, MonSaclay.fr et le Club des entrepreneurs de Jouy-en-Josas pour l’aide apportée dans la recherche des contacts.

Far from Plateau de Saclay. The story of Mr. Alexandre Alexeïevna

Plateau de Saclay, a hot spot for science, an eyewitness account.
Christophe Baillat is grateful to Science Accueil, MonSaclay.fr and to the Club des entrepreneurs de Jouy-en-Josas for their help to meet researchers. He is indebted to Marie-Pierre Daninos who read the English manuscript through several drafts.

_ How funny are those who say researchers don’t need guidance, maybe it’s truth when at work – so cool is this job – but as soon as they’re outside the laboratory, some of them lack a practical sense. Working can make them euphoric. The problem is to haul them back to the day to day life. As far as Alex is concerned, Tatiana did very well to help us. Bureaucracy makes cumbersome for them to protect their rights. We know the ins and outs of the system, we offer a safe haven. Sandrine from Science Accueil.

When working, Alexandre Alexeïevna (nicknamed Alex2 by his colleagues or simply Alex) uses a micro time-scale under the nano-second. He is so representative of the globe-trotter-physicist hopping from one continent to the other to get a more qualified job or quitting before the expiry date of his residence permit. If you look at his C.V dropped in the database Research Gate you can see he has worked in Paris with a short-term contract with the CNRS. He had used a company to help him to apply. He had heard of the nasty reputation of the French civil servants and of the safe haven. It was five years ago. Sandrine remembers.
On December 15th 2008, Alex said goodbye to his boss, Pr Klein, head of the chemistry laboratory in the heart of the downtown Moscow, and landed a few hours later at Roissy Airport to call the association Science Accueil in order to get a shelter. He is due to step in the position of researcher at UPMC (stands for university Pierre et Marie Curie), located in the Vth arrondissement. He is appointed after Christmas. The morning before leaving, he emailed to confirm his arrival to Science Accueil. That’s why he’s surprised when hearing that it was too short a notice. _ Too short, are you kidding? Multi-cultural and with a stunning background but only hand-baggage with him, here he is, waiting for a call from Sandrine to tell him where to go now. Since this episode who took place five years ago, time flew. Many things have changed. He passed his thesis (Ph D in Physics), bought the electric organ he deserved for this prestigious title of Doctor, traveled to Osaka and Toronto where he met Tatiana. The logistic has been, let’s say, bettered.
There is about one million scientists in the world regularly choosing the place to be (for both reasons above cited). The american system is quite enough for Alex. _ The Professors behave like entrepreneur, screwing their staff and obsessed by competitiveness. They give the same subject to two different teams and retain the best. With an eastern breeding he’s not used to promote himself. He appreciates the opportunity to work in France where the head laboratory is much less business minded and give Alex time to think. PhD applicants are selected by a committee which evaluates candidates throughout a collective choice. You’d be wrong thinking he’s welcome. He had once the occasion to read this message on a paperboard: Tu fais la compétition à nous. A warning from a colleague (who ?) less at ease with French than he is.
While Alex is playing the piano between two promising equations, in the no serious zone tucked behind a door of the lab, with pinned up mathematical jokes and souvenirs…
A rock & roll vibration buzzed. Three months ahead from their scheduled departure, Tatiana receives on her Smartphone a list of fifteen proposals for an accommodation. In the evening, after a brief discussion with Alex, they agree. They prefer living in Paris inner city. Alex will live and work in Paris and occasionally commute to the Synchrotron Soleil in Saclay (the light is so powerful research can be done under any short time-scale). Tatiana emailed: _ Dear Sandrine, thank u for your proposals in response to our enquiry for an accommodation. We are now thinking that it would be nice to have a child (she manages this project, Alex doesn’t understand anything in this matter, she could tell him whatever she wants). Could you make us more appropriate proposals?
The first bad news is coming. No more accommodation is available in Paris. The Cité Universitaire Internationale is over booked. She’s told that the only opportunities are located either in Evry (the town hosts the department body so called “préfecture”) or in Palaiseau. The financial conditions will match their means in this area. The second bad news is that her pet’s vaccinations are out of date. She’s as mad about him as she’s about Alex so she does what she can to get the permission to let him in, that is to say a breach of the French legislation. In the end, they are given the possibility for the all of them to come if they promise to comply with the law concerning the veterinarian vaccination. So they do. The accommodation in Palaiseau has been selected and confirmed reluctantly but for Alex, the word “préfecture” sounds a repelling word. He’d rather play the piano in the academic costume worn on special occasions than go to Evry. For him, it is a synonym of the red tape requirements he has heard of – if cushioned – through the voice of Tatiana who does her best to prepare their coming back to Paris. And he remembers himself queuing in a very long line outside the préfecture to get a certificate when beginning his career.
Yesterday was her last try (at midnight) to log in on the online meeting scheduling of the préfecture. The timetable was closed a few minutes later and she came back into their bedroom. Too few slot schedules were available so that they were booked at once.
_ The administration is amateurish, I can’t accept it. Other countries make it. Why would it be impossible in the country of Louis XIV? Elsewhere, you must bribe or you can do it so so but in the end the result is positive. Bureaucrats are sticklers for the rules. Tatiana told him that the only problem to be solved was the vaccination but for Alex who has already got the job, waiting for the documents to be given, is a real torture. France is a wonderful country but the préfecture is the worst. Don’t you think we should use another company to apply?

Once they are arrived in France, Tatiana succeeded in booking an appointment thanks to Science Accueil.

_ Darling !
Alex just has the backpack loaded with all the documents needed to handle. _Why all these documents. I came legally, I work. Why …
_ Hurry up, you will miss it.
_ They are not happy when you have too few.
_ Goooo !
When he’s back, Alex calmed down (his work allows him to take all the necessary time to deal with the red tape). All is in order now. Occasionally, Alex will be next to his job (both Palaiseau and Saclay are on the so-called “plateau de Saclay”, even if out of the geographical limit). Most of the time he’ll be fifteen kilometers away from his job at UPMC. But it’s such a relief for him.

The rabbit, a tough frequent-flier, will be alone at home while Tatiana will go to Science Accueil. Going out from his “mobil-home”, a carrier approximately repaired with brown straps after he had chewed part of it, he will have two days to recover after the vaccination in his one meter long cage. Coming for the first time to Science Accueil, Tatiana, a scientist companion, foreseeing the moment she’ll be alone, is in need of social relations. She’s given a multiple choice questionnaire: a visit to the Versailles château or cooking in French lessons or golf. Ticking the cook in French case, she’s calculating the prepared course to be eaten by the group will be included in the bill.

Within a few years, when they have a ten years residence permit, they will erect their house along the Bièvres valley, below a hot spot for science with a world reputation.

http://christophebaillat.com/

Christophe Baillat is edited by l’Harmattan and Yvelinédition. His last is on the English concert pianist Vera Moore, an important woman in Brancusi’s life.

Creative Writing Workshop, Company Biography.

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Imagining a XXL Ring

The CERN puts forward his future

Michel SpiroThe hollowness isn’t hollow. Atomic physicists have proved that and the timetable of the just retired Michel Spiro, astrophysicist, does not prove the contrary. His road show turns around the planet, when not visiting scientist sites with pupils. Michel Spiro is no more the head of his Department, a burden weighing two thousand people down. The most important is left, networking with a passionate and free community, as Sandrine Laplace (co-writer of a book with him La physique des infinis) has put it. He secured the leading of a disruptive project: the building of a new particles collider, much bigger than the existing LHC near Geneva, which originated the Higgs boson discovery. There’s no limit not to be overcome.

CEA Saclay
The CEA is the body that supports the visit Michel Spiro is paying to Geneva for the kick off meeting project. The first name Josiane is on the last slide of Mr Spiro’s presentation containing forty views. You can’t imagine how much he relies on her.
From : [email protected]
Sent : Wednesday 12 february 2014 09:15
To : [email protected]
Michel Spiro is heading for Geneva but he forgot his access card. Do you want me to scan it?

CERN – Facility services
Gardening, firefighting and access control are managed by a Facility services who keeps an eye on 370 acres. The Services management is staffed with one hundred employees (120 would match the requirements but times are difficult). This well trained staff alerts the manager only when there’s something unusual.
From [email protected]
Sent : Wednesday february 12th 2014 10:07 am
To [email protected]
Dear Josiane, you may send it me scanned but the access is submitted to an electronical device. A safety rule that is certainly not to be imposed to the former CERN president. Regards. Martens

11:00 am – Saclay CEA
From [email protected]
To [email protected]
I should have tell you Mr Spiro retired from CERN but he is used to go to the foyer hotel.

17:00 pm Editorial room of La Tribune de Genève
A pre-located spot has been secured in advance for the next day (Thursday February 13rd) print edition with this provisional title:
The CERN is building its future
Bigger than «The Lord of the Rings »

The appointment with Pr. Michel Spiro is scheduled at 18pm before the meeting which is due to begin at 19pm and to be concluded with a verrée not to say a cocktail. When the room is crowded, the journalist will take a photograph of the audience (300 ? 500 attendees ?) and will tape his article in the press room of the university during the conference. He‘ll be back at the conference room to have a drink if not disturbed and his article will be printed in the Feb. 13rd edition. The new construction of the CERN should be done for 2035. A hell of a long project for everyone.

17:30pm Feb. 12th 2014 – Bastions Park close to the Geneva university.
A man about sixty is resting on a bench, he wears a dark business suit. A backpack containing his mobile computer at his feet with several books inside to dedicate. The day before, a colleague told him about the Japanese methods to keep stress away. Why not ? The simplest method he is used to consists in walking, inhaling and puffing, ending with a great effort to concentrate himself. That’s what he is doing before his interview to be followed by a conference.
For he forgot to check his email after the verrée, M. Spiro was not able to come in when he arrived at the CERN’s fence. Only this unpleasant episode which has constrained him to go back to the inner city in the Swiss capital by shuttle convinced him to go with his mate for a break in Thailand on a retiring travel for one month. After that, he resumed his activities, that is to say Melbourne, Doubna, Boston and Chicago in a row. As he did in Geneva, he hopes his tribute is a mean to share his passion for research and knowledge.

Christophe Baillat is indebted to Marie-Pierre Daninos who read the English manuscript
http://christophebaillat.jimdo.com/

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Info Citoyen

Remise du prix de la nouvelle ENSTA ParisTech

Avr 3, 2015

_ J’ai écrit l’histoire vraie qu’un confrère m’a racontée avec les larmes aux yeux.

Jean-Luc Seigneur 1er prix pour la catégorie Grand public

avant jury inquietaprès lauréat soulagée

C’était en février 2015, Lucie, élève ingénieur à l’ENSTA ParisTech, m’adressait ce mail : Suite à notre discussion dans le train Lyon-Paris, vous trouverez ci-dessous l’invitation pour la table-ronde liée au concours de nouvelles organisé à l’ENSTA. Je ne pourrai malheureusement pas y participer mais j’espère que vous l’apprécierez. Ajouterai-je que je revenais des obsèques d’un cousin ingénieur à Grenoble ?

Quelle était la probabilité d’une telle rencontre ? A peu près nulle et la série de belles coïncidences pourrait d’ailleurs s’arrêter là. Si l’on demandait à des élèves d’imaginer un scénario avec des rencontres de hasard, ils n’oseraient sans doute pas aller plus loin. Ils auraient tort ! On oublie des coïncidences quand on essaie d’imiter le hasard. C’est l’un des enseignements de la table ronde qui a précédé la remise des prix du concours NOUVELLES AVANCEES à l’Ensta.

Dans l’amphi de 400 personnes, où se déroulait la soirée co-animée par Monique Legrand (inspectrice pédagogique régionale de Lettres) et Mathieu Guglielmino (étudiant ENSTA ParisTech), quelle était la probabilité de me retrouver assis côte à côte avec le lauréat ? Et le pourcentage de chances pour qu’un artisan coutelier passe un jour dans l’atelier d’un graveur à Neuilly-Plaisance, lui raconte l’histoire d’un couteau qui a traversé 2 siècles avant d’atterrir dans ses mains, que cette histoire touche Jean-Luc Seigneur et qu’il décide de l’écrire ?

Que pensent les scientifiques des coïncidences ?

Pour Cédric Villani qui vivait là sa dernière année de présidence du Jury, partagée avec l’écrivain Fatou Diome, plus on travaille à grande échelle, plus il y a de coïncidences en raison de phénomènes combinatoires. L’échelle rend la coïncidence probable. Certes, mais comment expliquer – a posteriori – que le jour même où Agro Paris Tech votait pour le déménagement  sur le plateau de Saclay, cette Ecole rafle les 3 premières places du concours de nouvelles dans la catégorie Etudiants scientifiques ? Il ne faut pas sur interpréter, direz-vous

Sans pouvoir citer tous les lauréats mais avancer tout de même un peu dans le palmarès, annonçons que le 1er prix Etudiants scientifiques revient à la nouvelle d’Emmanuelle Chevalier (Agro Paris Tech) : « Quarante-huitième maison ». L’inspiration lui est venue en passant un partiel de statistiques. L’histoire croise probabilité et démographie. _ Je me suis demandé comment, dans la vraie vie, on pourrait en avoir besoin.

Il y avait beaucoup de monde, je ne sais plus qui l’a dit mais j’ai entendu _ C’est affaire de point de vue. Impossible de restituer le contexte (on retient en moyenne 25 % de ce que l’on entend) mais il me semble que le point de vue des deux lauréats suivants l’illustre fort bien. Serait-ce la ligne de partage entre optimistes et pessimistes ?

A partir d’une « règle farfelue » que l’auteur s’est donné, Grégoire Hamon a imaginé l’histoire d’une famille où chaque membre provoque une catastrophe le jour anniversaire de ses 30 ans, du bombardement accidentel d’un orphelinat au naufrage du Titanic.

Pour Pauline Husseini, témoin d’une coïncidence stupéfiante et lauréate du 2e prix Grand public pour « Un souffle de vie », c’est tout différent, elle a été attentive aux belles coïncidences qui arrivent dans la vie.

Le récit « Le couteau à grimaces » qui a obtenu le 1er prix pour la catégorie Grand public souligne magnifiquement que ce concours de nouvelles est la rencontre entre les Sciences & Techniques et les Arts, avec cette histoire d’artisans qui se transmettent un savoir-faire de siècle en siècle.

Un tel événement ne peut être que le fruit d’un hasard bien doux et bien organisé.

Nouveau partenaire financier, le directeur de la Fondation ParisTech, Guillaume Ravel, a invité les futurs compétiteurs à « continuer à écrire sur un univers sur lequel on se pose des questions ». Ce non littéraire a pris goût au mélange des genres entre Science & Lettres.

Que la flèche du temps prolonge son mouvement jusqu’au prochain concours !

 

Ch. Baillat

Christophe Baillat

Info Citoyen

Certainement le plus littéraire des livres de management.

Jan 24, 2015

Valérie Gauthier a écrit Savoir-relier, fruit de ses expériences dans des milieux interculturels, dans un souci d’efficacité des relations humaines.

Couleurs douces, plusieurs nuances de jaune et de vert, le côté littéraire de la jaquette frappe. La même douceur se retrouve dans la traduction française (Le Savoir relier. Vers un management intuitif et relationnel), mais l’effet vient cette fois d’une teinte bleue. Faites confiance à cette première sensation. Valérie Gauthier a une double sensibilité, elle a écrit un livre (en anglais) qui transcende les genres. N’a-t-elle pas commencé par enseigner la poésie américaine à HEC Paris avant de diriger le programme MBA ?
L’état des lieux qu’elle dresse à son arrivée à HEC (In my own leadership experience) est sévère, elle utilise broken spirit pour le traduire. La position du MBA dans les classements internationaux n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Elle ouvre donc considérablement le recrutement, un virage qu’elle parvient à négocier en remaniant l’équipe en place. La diversité des origines sera un terreau pour la pédagogie. Quel défi pour des équipes de 5/6 étudiants, qui doivent réaliser une action commune, que de devoir combiner ces diversités. (Open yourself up to different ways of thinking and acting, while confronting reality). Une fois sa mission à HEC accomplie, Valérie Gauthier est partie deux ans au MIT faire de la recherche.

Le livre expose une méthode qu’elle a testée auprès de ses étudiants et lors de séminaires.
Tout au long de LEADING with SENSE (titre du livre en anglais), les références à Edgard Morin (le tout et la partie), et Pascal (la chaîne invisible qui relie les choses les plus distantes et les plus différentes) alternent avec les portraits de dirigeants. L’ensemble éclaire la méthode Savoir-relier que Valérie Gauthier propose. Clara Gaymard (General Electric), Apollonia Poilâne (Poilâne) et quelques autres nous accompagnent périodiquement. Elle les a choisis pour leur sincérité, leur générosité et leur capacité de résilience. Clara Gaymard, par exemple, a éduqué neuf enfants en les faisant grandir dans la confiance. Savoir-relier est aussi une méthode qui favorise l’innovation. Apollonia Poilâne a repris au pied levé la boulangerie familiale après le décès accidentel de son père et c’est sous son leadership que la cuillère qui se déguste (spoon cookie) est imaginée.

Lors de la présentation* du livre à laquelle j’ai assisté, Valérie Gauthier a détaillé la mise en œuvre de sa méthode pour faciliter les inter-actions de toute nature. (voir le chapitre 6 –How it works in practice). Elle repose sur une conversation qui suit l’écriture d’un auto-portrait. Quarante questions permettent à chacun de mieux se cerner individuellement et dans sa relation à des groupes allant d’une organisation à la société. (Par exemple : jusqu’à quel point faites-vous preuve de compassion ?). L’échange des auto- portraits fournit une matière riche et intime qui alimente la conversation du binôme durant deux heures. Aux nombreuses remarques des auditeurs sur la troublante accélération du processus de la connaissance de l’autre, induite par cette méthode, l’auteur a répondu que «le protocole a fait ses preuves ».
Le Professeur Valérie Gauthier a formé ses étudiants et des cadres d’entreprises à son protocole, soit 1 500 personnes qui, en binôme, ont eu cette conversation profonde après échange d’un auto-portrait rédigé. Les résultats l’ont convaincue que sa méthode aide à améliorer l’intelligence collaborative. Un site internet apportera bientôt des réponses à tous ceux qui se demandent : comment articuler le côté unique de chacun et le cadre contraint d’une organisation et en attendant, vous pouvez vous plonger dans la lecture du livre.

Christophe Baillat
Auteur
christophebaillat.jimdo.com

* Livre présenté au restaurant Chai Moi à Jouy-en-Josas, le 16 janvier au Bar des sciences et des lettres du Syndicat d’initiative.
couve Leading with Sense Valerie Gauthier

Info Citoyen

Soirée Maison Léon Blum à HEC : Quatre-cent convives répondent à l’appel à la générosité

Nov 28, 2014

photo amphi Blum HEC photo repas Blum HEC
Ils n’ont pas les mêmes mouvements, ne fument pas le même tabac, l’arrivée des « congés payés » au bord de la mer l’été 1936 n’est pas passée inaperçue. Les plus aisés sont allés s’installer un peu plus loin. Certains habitués ont envié les nouveaux venus pour la liberté avec laquelle ils offraient leur peau au soleil. Qui les avait rendus si hardis, si près de leurs plages ? Léon Blum et il en était fier. _ La France a désormais une autre mine et un autre air.

Voici à peu près la couleur du documentaire projeté en ouverture de la soirée de soutien à la Maison Léon Blum, Eté 1936 : les premières vacances des Français. Une très jolie carte postale de Front Populaire-les-Bains. Comme Léon Blum a insinué le principe des loisirs, le film a introduit le débat sur l’application de ce principe en 2014. Qui va à l’opéra, pourquoi les bibliothèques sont-elles fermées le dimanche ? (Yann Lasnier, SG Fédération Léo Lagrange). Partir nombreux sur un énorme paquebot de croisière, est-ce expérimenter le vivre ensemble ? (Catherine Tasca, ancien ministre). Toutes ces questions et d’autres, nettement plus business, (Pierre Salles, Pdt Best Western France) ont été abordées pour mettre le film en perspective. Trois étudiants d’HEC, Judith Camarcat, Zoé Feltesse-Tapinos et Ambroise Coulomb (association Le Salon – HEC) ont modéré le débat.

Un imposteur parmi les orateurs

Je peux passer sur le cocktail, les friandises Técomah, encore que le foie gras en barbe à papa… Mais je suis obligé de parler de cet imposteur qui troubla le dîner. On l’annonça à la tribune, il venait spécialement de New-York. Au micro, il parla d’un peu plus haut que les orateurs précédents. Sa présentation forçait le respect : historien, politologue, spécialiste de Léon Blum. Un ponte très attendu, Philippe Davis. Il déclara que les enchères commenceraient à 5 000 euros, pas moins. En-dessous, on ne pourrait récupérer son vestiaire. Spécialiste du canular, formé à l’école d’Alphonse Allais, il se fit applaudir par une salle comble. Les descendants de la famille de Jeanne et Léon Blum ont apporté ensuite un témoignage plus intime qui complétait celui des spécialistes, les vrais ! (Pascal Ory, Pierre Nora…)

Autour d’une table de dix

Je dois au Club des Entrepreneurs de Jouy-en-Josas d’avoir eu un couvert à ce dîner de soutien servi dans le Hall d’honneur de l’Ecole. Comme il restait deux places vides autour de la table (un train manqué et une autre excuse dont je ne me souviens pas), et que nous étions à côté de la scène, la chanteuse de l’association HEC AssRock n’eut qu’un pas à franchir pour nous rejoindre, accompagnée par un membre du BDE. Il était tentant de leur poser la question : _ Vous qui êtes jeunes, que représente pour vous Léon Blum ? C’est vrai, c’est surtout pour les nouvelles générations qu’a lieu l’opération de réhabilitation, pour que la Maison soit un lieu de mémoire qui rayonne (Jacques Bellier, maire de Jouy-en-Josas).

 
Une urne transparente comme la mer, inviolable comme un droit fondamental, munie d’un très sérieux compteur, attendait les dons.

La souscription a commencé en juin. Il suffit de soustraire trente mille euros déjà récoltés aux cent-vingt mille nécessaires pour comprendre l’enjeu de cette nouvelle manifestation du 25 novembre. La présence de personnalités (Axel Kahn, Valérie Pécresse…), de journalistes (la Croix…) et de nombreuses associations comme le Lions Club, le Syndicat d’Initiative, Solidarités Nouvelles face au Chômage, les Amis de la Toile de Jouy…devrait lui assurer un large écho.

Christophe Baillat

christophebaillat.jimdo.com

PS : Vous avez la possibilité de soutenir la Maison Léon Blum en effectuant un don qui ouvre droit à des avantages fiscaux au titre de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur la fortune, ou de l’impôt sur les sociétés.

MonSaclay.fr -- site communautaire et citoyen contribuant a faciliter la mise en relation des habitants
de Saclay au bourg et au Val d'Albian et de l'ensemble des habitants du Plateau de Saclay. MonSaclay.fr est un blog d'entre-aide; un blog d'information citoyenne sur les
associations, les ecoles, la vie de quartier... Saclay est une
commune de l'Ile de France sur le Plateau de Saclay en Essonne, 91 au sud de Paris. Les communes voisines
sont Bievres, Jouy en Josas, Orsay, Vauhallan.

Contact : Stanislas Berteloot [email protected]