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Info Citoyen

Ce qui se joue à Notre-dame-des-Landes

Avr 9, 2018

Opération César 2012

A 3h ce matin, l’Etat est venu porter la violence. Au nom du droit, mais certainement pas de la justice.

Le droit de réprimer une expérience de vie collective, humaine et naturelle mais dont les principes étaient profondément subversifs pour notre système dit « républicain ». La jouissance collective d’un bien commun tel que le sol, et la démocratie conçue comme un processus lent de consultation de tous avant les décisions, ne peuvent bien sûr pas être tolérées par une doctrine de la prééminence des « élites » représentatives, et de la compétition pour l’appropriation, qu’on appelle le libéralisme. Mais que nous offre cette doctrine sinon le creusement des inégalités, la paupérisation des classes moyennes, les guerres, et le délabrement de notre écosystème ? On peut s’y accrocher quand on conserve des bribes de privilège, alors après nous le déluge ? Quand de Darwin on ne veut retenir que le « struggle for life » en occultant la coopération symbiotique, eh bien on pousse les « zadistes » à combattre pour leur survie.

Pourtant toutes les composantes qui s’étaient alliées1 pour empêcher la réalisation de ce projet dépassé d’aéroport avaient bien tenté d’assurer l’avenir du territoire qui leur tient à cœur dans une démarche de concertation : plateforme d’objectifs, création d’une association pour gérer le problème, proposition de convention collective. Ceci pour établir les projets d’occupants « historiques » ou « zadistes » qui tous peuvent prétendre à une légitimité sur le site.

Peine perdue, l’Etat n’a répondu que par une fin de non-recevoir.  La collectivité n’intéresse pas notre gouvernement, au contraire, il a cherché à la dissocier, mais il s’est heurté à la solidarité du mouvement. Alors en invoquant le prétexte de ne pouvoir identifier personne (ce qui est faux), il déclenche des expulsions aveugles. En toute illégalité comme l’ont signalé d’éminents juristes2.

Il faut savoir qu’à l’affût pour la récupération des terres se tiennent des agriculteurs affiliés à un syndicat productiviste, et influents à la Chambre d’Agriculture. Et que d’aucuns se bercent de l’idée d’une « Silicon Valley Agricole » (le « silicon » est un symbole de propagande très couru pour les « silly cons »).

Opération César 2012

Je ne suis pas un « héraut » mais faut pas croire ce que diront les journaux. Là-bas il y a bien sûr des « radicaux » sans pour autant être des terroristes, mais il y a surtout des jeunes, des presque vieux, des enfants, qui vivaient bien et sereinement … avant l’arrivée des gendarmes mobiles.

A leur façon qui n’est pas la nôtre, mais qui pourrait être celle de notre descendance.

 

Ce matin, les journalistes sont interdits sur la zone et les seules images qui seront diffusées seront celles de la gendarmerie.

Non, je ne peux pas accepter de revivre comme sous le Consulat, une marche forcée vers l’Empire.

Je serai ce soir à Belleville pour manifester mon indignation.

 

1 ACIPA, Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par l’Aéroport …

CéDpa, Collectif des élus doutant de la pertinence de l’Aéroport

COPAIN, Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles Indignées

Assemblée des usages de la ZAD

2  Droit au logement, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France

Info Citoyen

Sacrilèges dans un sanctuaire !

Déc 21, 2017

Que les âmes pieuses se rassurent, il ne s’agit que de la Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière.

Cette ZPNAF est « sanctuarisée », comme le répètent à l’envi les aménageurs du plateau de Saclay : l’agriculture est sauvegardée, nous ne toucherons pas un seul mètre carré protégé !

L’enquête publique parcellaire concernant l’emprise du métro Ligne 18 vient de s’achever. Il en ressort, fait curieux, que la ZPNAF est bien mal protégée.

Rappelons pour mémoire que l’article 35 de la loi 2010-597 relative au Grand Paris avait créé cette ZPNAF en la déclarant « non urbanisable », et ses dispositions ont été reprises par le Code de l’Urbanisme. Avec notamment :

  • « L’interdiction d’urbaniser dans la zone de protection vaut servitude d’utilité publique»,
  • « La révision du périmètre de la zone est prononcée en Conseil d’Etat ».

Cette zone a été délimitée par le décret 2013-198. Or l’enquête révèle que certaines parcelles énumérées par ce décret ont disparu mystérieusement dans une restructuration cadastrale, et que l’emprise demandée par la SGP (Société du Grand Paris) excède en plusieurs endroits la surface non protégée disponible.

Conseil Départemental, Communauté d’Agglomération, Etablissements Publics, tous s’accordent sur la légitimité d’urbaniser tout autour de la ZPNAF puisque les champs qui y sont encore cultivés ne sont pas, bien sûr, des terres agricoles. Non, ce sont des ZAD et des ZAC, on peut y faire à loisir ce que le « Grand Paris » réclame au nom du bien public :  un cluster scientifique et technologique, les commerces et résidences d’un « campus urbain », un hôpital régional, un lycée international, une Exposition Universelle, un métro. Au choix, ou tout ensemble si on arrive à tout caser ou à tout financer, mais ce ne sera évidemment pas une ville nouvelle, tout au plus l’extension de quartiers des communes environnantes …

Et bien cette urbanisation périphérique semble avoir une fâcheuse tendance à déborder dans le « sanctuaire », et sans la vigilance des citoyens et des associations cela passerait tranquillement, ni vu ni connu. Déjà en 2016, l’association Terre et Cité avait dû attaquer un arrêté du Préfet des Yvelines, qui benoîtement autorisait en ZPNAF un bassin de rétention à Châteaufort au bénéfice du Golf National. Aujourd’hui, c’est ce même Golf National que l’enquête parcellaire ligne 18 prévoit d’amputer à Magny-les-Hameaux !

Mais que fait la police ? Il n’y en a pas. Le responsable légal de la ZPNAF est l’EPAPS (Etablissement Public d’Aménagement Paris-Saclay) et son Programme d’Action et sa Charte restent des vœux pieux en absence de dispositif de contrôle.

Au royaume des crédules, les Tartuffe sont rois.

 

Environnement, Info Citoyen

Saclay et l’atome – la parole aux citoyens

Nov 24, 2017

Dans le cadre de la loi sur la « transition énergétique pour la croissance verte », est organisée une

Le CEA comporte 10 centres de recherche. Celui de Saclay emploie plus de 6000 personnes dans des unités de recherche et d’innovations de premier plan au niveau européen.

Parmi les quelque 125 Installations Nucléaires  de Base en France, l’INB 29 est CIS Bio International, leader européen de production de radionucléides pour la médecine, en particulier pour la détection des cancers.

Est il risqué de vivre à proximité des 8 INB du centre de Saclay ? Quelles sont les mesures de protection mises en place ? Quelle sont les évolutions en cours ? Ces questions seront abordées lors de cette réunion publique organisée par le Conseil Départemental et par l’IFFO-RME (Institut Français des Formateurs – Risques Majeurs et protection de l’Environnement).

Réunion présidée par Madame Brigitte Vermillet, vice-présidente du Conseil Départemental et présidente de la CLI de Saclay.

Elle sera animée par Madame Evelyne Allain, directrice de  l’IFFO-RME, avec des interventions de représentants du CEA de Saclay, de CIS Bio International, de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire, Division d’Orléans), de l’IRSN (Institut pour la Radioprotection et la Sûreté Nucléaire) et de la Préfecture de l’Essonne.

Tout ce que nous aurions voulu savoir sur le CEA de Saclay ?  Ce sera l’occasion de poser des questions et peut-être serons nous éclairés en particulier sur la zone de danger et sur la zone « non-aedificandi  » qui font obstacle à un établissement recevant du public : la gare du métro ligne 18.

Les nombreux auditeurs que nous ne manquerons pas d’être pourront échanger leurs impressions lors du cocktail convivial de clôture, vers 19h50 !

L’organisation sera facilitée si vous  informez de votre participation

Info Citoyen

Et pour quelle mobilité ?

Nov 21, 2017

Tout d’abord, merci à Christophe Baillat de faire vivre monSaclay.fr, qui s’était bien étiolé depuis que Stan nous veille à distance.

La  mobilité, terme à la mode, n’est pas une fin en soi. Encore faut-il savoir pourquoi on bouge, et vers quoi on va. Christophe a bien rendu la perplexité qui pouvait saisir tout un chacun lors du colloque de CentraleSupélec. A mon tour, je livre ici des élucubrations pas si fantaisistes qu’elles peuvent en avoir l’air.

Samedi dernier, il y avait deux équipes, des arbitres, et des spectateurs. Tous mobiles car la rencontre commençait tôt et finissait tard, et au gré des arrivées et des départs, c’est 350 personnes qui se sont senties concernées sur ce terrain complexe et controversé.

Une tribune spectateurs

L’engagement pour l’équipe du « mieux être » fut donné par Jacques de Givry, qui après rapide auscultation du terrain, passa à Jacqueline Lorthiois, dont la descente fut révélatrice de son talent. Bien documentées (INSEE 2013), ses « zones intenses » (espaces de réunion géographique d’un bassin d’emploi et d’un bassin de main d’œuvre) font le bonheur des habitants et des employeurs. Ce sont des idéaux à atteindre, et à préserver quand ils existent (comme pour Trappes, Saint Quentin en Yvelines ou Versailles). Nulle part, de Versailles à Orly, le tracé de la ligne 18 ne dessert les axes principaux de déplacement domicile-travail : il leur est perpendiculaire. Relier ces bassins par un tel axe de transit, c’est couvrir seulement 3% des besoins actuels. Une misère pour le présent, coûteuse, et déstabilisante pour le futur. En permettant des déplacements plus distants, au seuil de la durée tolérable, ce transit sert à concentrer les entreprises et à excentrer la population active.

Après cette longue et brillante chevauchée du « mieux être », c’est la contre-attaque de l’équipe de l’« avoir plus » : Laurent Probst « Ile de France Mobilités » vient de rentrer sur le terrain et pousse la ligne 18 sur un plateau de Saclay effectivement déstabilisé : des activités qu’on y concentre, des chercheurs et des étudiants qui n’y logent pas.

Passe en retrait au défenseur Jean-Noël Barrot : les lignes de transit aèrent l’Ile de France multipolaire et libèrent les étoiles de la couronne. Pressentons nous, à l’heure des COP21 à 23, un transport « structurant » qui promet l’arrivée de plus d’entreprises, la construction de plus de logements, bref le grand credo développement et urbanisation de la région ?

Mais Barrot sort, Jean-Pierre Orfeuil tacle et reprend la balle : le Grand Paris, c’est un projet de développement à l’ancienne, à l’évaluation socio-économique bâclée, sans concertation démocratique.

Passe à Jean-Noël Chapulut : c’est le réseau existant, puissant mais trop fragile, qui assure les dessertes indispensables.

Du banc, Frédéric Denhez, exhorte les « mieux vivre » : arrêtons d’aligner des solutions, le problème c’est l’étalement urbain, attaquons ses causes, contrôlons le foncier et l’immobilier !

Antoine Dupin intercepte pour les « avoir plus », mais met en touche : les recours contre l’utilité publique de la ligne 18 sont un carton jaune, mais pas rouge, les études et travaux continuent.

Marc Pélissier joue cette touche pendant que le RER B est souffrant, il faut le soigner et vite.

S’ensuit un récital technique entre Harm Smit et Paul Ortais sur les alternatives possibles. Gilles Dansart temporise en reprenant le thème de transport structurant et perd la balle pour Probst qui  laisse tout espérer : l’accès à l’emploi pour la main d’œuvre, des modernisations RER, des bus, des téléphériques, et le réseau Grand Paris. Aura t’il les moyens de mener à terme son action ?

Mais Probst, aux dribbles plutôt déroutants, cafouille devant la cage. Les solutions alternatives ne suffiraient pas sans le métro ? But pour la ligne 18 ?

Cédric Villani, député

Sur quelles bases démographiques, réclame le public ! On entendra que c’est sur les prévisions des maires bâtisseurs …

 

Et que dira Cédric Villani, l’arbitre ?

Oui à la ligne 18. Un métro aérien sur viaduc de Palaiseau à Saclay et souterrain après .

Incursion sur le terrain d’un supporter : Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette, harangue le public pour tenter de le rallier sa cause : Ligne 18 ! ligne 18 ! Ligne18 …. Huées.

 

Une chose semble sûre, la décision risque bien de frustrer encore une fois les tenants du « mieux être », car l’« avoir plus » est supporté par la majorité des notables. Rien n’a changé sous le soleil, sauf peut-être la position des députés « En Marche » …arrière.

 

 

 

Info Citoyen

Faire bouger les lignes

Nov 12, 2017

Trop nombreux sont ceux qui vivent l’enfer des transports sur le plateau de Saclay et dans les vallées. Le métro ligne 18 est il la solution?

Tout le monde n’en est pas persuadé, et deux recours en annulation de sa Déclaration d’Utilité Publique ont été déposés auprès du Conseil d’Etat. De son côté, l’Association des Usagers du Transport (AUT-FNAUT Île-de-France) prône une opération vérité sur les transports franciliens. Et les orientations gouvernementales en matière de transports ouvrent désormais une perspective pour inscrire un volet « nouvelles mobilités » dans une loi d’orientation sur la politique des transports pour les cinq ans à venir.

Alors, à l’occasion des « Assises Nationales de la mobilité » déclenchées par Elisabeth Borne (ministre des Transports), et en coordination avec les députés du territoire qui seront présents, un colloque est organisé par les maires et les associations* qui ont déposé les recours. Il est attendu que ce débat d’experts permette de dégager une vision nette de ce qui est utile pour le territoire et aide ainsi à la prise de décisions éclairées qui s’imposeront.

Le programme complet est consultable sur le site créé à cet effet. En voici le résumé :

Sur le thème des « Caractéristiques du territoire« , Jacques de Givry (ingénieur, spécialiste des représentations du territoire) et Jacqueline Lorthiois (urbaniste et socio-économiste des bassins d’emploi) préciseront données et faits objectifs sur les caractéristiques historiques, géographiques, et flux de déplacements du plateau de Saclay et des vallées limitrophes.

Sur le thème « Mobilité et aménagement du territoire« , interviendront Jean-Noël Chapulut (ingénieur général des ponts et chaussées, membre du Cercle des Transports) et Jean-Pierre Orfeuil (professeur émérite de l’Institut d’urbanisme à l’Université Paris XII), pour faire le point sur les projets existants (gouvernance, financement, évaluation socio-économique) et Fréderic Denhez (journaliste spécialisé en environnement) abordera l’impact de l’étalement urbain sur la consommation des sols.
Interviendront aussi Jean-Claude Prager et Antoine Dupin (respectivement directeur des études économiques et directeur territorial, de la Société du Grand Paris).

Le thème « Solutions de desserte du territoire » sera traité par Marc Pélissier (président de l’AUT-FNAUT Île-de-France), Harm Smit (ingénieur, responsable associatif), Paul Ortais (ingénieur, inventeur du concept de mobilité CarLina), et Laurent Probst (directeur général d’ Île-de-France Mobilités, l’ancien STIF).

Les discussions seront animées par Fréderic Denhez  et Gilles Dansart (rédacteur en chef de « la Mobilettre »).

Que retenir des confrontations des divers points de vue contrastés ? Peut-on les concilier et comment ? La synthèse du colloque  sera présidée par Cédric Villani (député et président de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques) et le compte rendu sera publié par Fréderic Denhez.

 

C’est un bien beau débat comme on aurait aimé en voir plus souvent. En particulier lors de la concertation dite « renforcée » de la SGP en 2015. Cet exercice démocratique exemplaire mérite d’être soutenu par une large assistance.

Venez et faîtes venir …

 

 

(*) Les associations porteuses de l’un des recours contre la DUP Ligne 18 sont :

  • France Nature Environnement Île-de-France (FNE IdF)
  • Union des associations de sauvegarde du plateau de Saclay et des vallées limitrophes (UASPS)
  • Union des amis du Parc naturel régional de la Haute vallée de Chevreuse (UAPNR)
  • Essonne Nature Environnement (ENE)
  • Les Amis du Grand Parc de Versailles (AGPV)
  • Les Amis de la vallée de la Bièvre (AVB)
  • Les Jardins de Cérès-AMAP
  • Société Civile pour le Développement d’une Agriculture Durable en Île-de-France, dite « Terres Fertiles »

Leur position sommairement exprimée est que le bénéfice socio-économique de la ligne 18 est insuffisant en regard de son coût. Que ce transport lourd est aussi un vecteur d’urbanisation supplémentaire qui menacera à terme la Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière. Des solutions alternatives sont possibles : utiles aux transports du quotidien, novatrices et de moindre coût financier et énergétique.  Ces thèmes sont explicités dans le « Flyer associations » téléchargeable sur le site Saclay Citoyen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Info Citoyen

Ce week-end à Saclay : Assemblée Générale des AVB

Fév 24, 2017

 

Les Amis de la Vallée de la Bièvre tiennent leur Assemblée Générale ce samedi à 16h30, Espace Lino Ventura.

A programme, les rapports statutaires :

  • Compte rendu d’Activité
    • aux CDNPS (Commissions Départementales de la Nature, des Paysages, et des Sites de l’Essonne et des Yvelines)
    • aux CCE (Commissions Consultatives de l’Environnement des aérodromes de Vélizy-Villacoublay et de Toussus-le-Noble)
    • à la CLI (Commission Locale de l’Information des Installations Nucléaires de l’Essonne)
    • à la CLE (Commission Locale de l’Eau du SAGE Bièvre)
    • aux recours contre les irrégularités ou les excès de l’urbanisme
  • Bilan Financier
  • Programme d’action 2017

Mais aussi un exposé-débat sur le thème de la gestion des forêts de notre région (entretien, coupes, préservation …)

Et enfin un sympathique buffet de produits préférentiellement bio ou locaux pour encourager  les circuits courts et nos producteurs de proximité.

L’association tiendra de 16h à 16h30, dans le hall d’entrée, une boutique de ses publications et un accueil d’enregistrement des adhésions.

Vous qui appréciez notre journal, « le Castor », venez nous rejoindre.

 

Association loi 1901 agréée par le Ministère de l’Environnement – Adresse : AVB – BP 25 – 91570 BIÈVRES 

Tél / Répondeur / Fax : 01 69 41 83 95 – Courriel : [email protected] – Site internet : www.avbnet.org

 

 

 

Info Citoyen

Métro Ligne 18 – Utile pour quel Public ?

Avr 26, 2016

L’Histoire n’est écrite que par les vainqueurs. L’Utilité Publique sera t’elle écrite uniquement par les pouvoirs en place dans une république jacobine ?

 

Il appartenait aux citoyens de participer à l’enquête d’utilité publique, si possible en ne cédant pas à la facilité des idées reçues.

Ils l’ont déjà fait massivement : sans compter les dépôts en mairie, 3 800 avis ont été déposés sur le registre en ligne à 12 heures de la fin de l’enquête. Cette participation inhabituelle révèle manifestement le manque de véritable débat public préalable et spécifique sur un projet controversé, besoin qu’avait pourtant souligné la CNDP il y a cinq ans. La SGP écoute mais n’entend pas.

Ces avis sont très divers, de par leur nature et de par leur provenance. On peut distinguer trois types d’avis et quatre types de contributeurs :

  • les avis : « favorable», les « oui-mais autrement », ou bien « défavorable »,
  • les contributeurs : soit des particuliers, ou associatifs, ou chefs d’établissement, ou élus.

Personne ne sera étonné que les employeurs émettent en général un avis favorable, que les élus sont plutôt « oui-mais », et que les associations sont en majorité « défavorable ».

Les particuliers sont quant à eux partagés :

  • « oui » pour un avantage personnel,
  • « oui-mais » ou « non » pour un inconvénient local,
  • « oui-militant » ou « non-militant » selon la sphère d’influence,
  • et quelques avis documentés par une certaine compétence.

Que peut en tirer la Commission d’Enquête ?

D’abord la mesure de l’acceptabilité politique du projet. En faisant la balance des « oui » aux « non » (élimination des doublons, bégaiements dus au système, et comptage d’un seul avis par contributeur). Deux balances possibles en comptant les « oui-mais » d’un côté ou de l’autre pour peser la nécessité de réserves éventuelles.

Ensuite, la justification ou non de l’utilité publique. En recensant les avantages et les inconvénients énoncés et en analysant la consistance des arguments produits. Il faut dire que dans ce domaine, en portant un jugement critique sur les postulats communément insufflés, le monde associatif a montré une plus grande pugnacité que les élus, et une meilleure connaissance du terrain que les chefs d’établissement.

Enfin, le prononcé de l’avis motivé. Favorable, avec ou sans recommandations ou réserves, ou bien défavorable à la Déclaration d’Utilité Publique. Selon les règles, avec toute l’objectivité possible pour ne pas prêter le flanc à des recours ultérieurs.

Une envie ultime de contribuer ?

Le registre en ligne est ouvert jusqu’à ce soir 19 heures :

http://www.enquetepubliqueligne18.fr/deposez-votre-avis-en-ligne/

Et pour ceux qui seraient encore en mal d’inspiration, ces dépôts récents :

  • l’avis des AVB, n° 3784 du 25/04 (lire le fichier pdf)
  • l’avis du collectif COLOS n°3657 du 25/04
  • l’avis de la SCI Terres Fertiles, n° 3332 du 24/04
  • l’avis du CAS Orsay, n°3141 du 22/04
  • l’avis de l’UASPS, n°3069 du 22/04

Et l’article de monSaclay du 16 avril

Info Citoyen

Métro Ligne 18 – 20 nuances de « Non »

Avr 16, 2016

 

160416 GPE L18 vs ZPNAF; MRM

L’enquête d’utilité publique bat son plein, aux 3 quarts de la période, plus de 2300 avis ont été déposés en ligne sur le registre d’enquête. Un record ! Mais sont-ils tous réfléchis ?

Beaucoup d’avis sont favorables au métro, avec ou sans réserves :

Des particuliers qui y trouvent un avantage personnel, pour leur trajet travail, pour leurs loisirs. Surtout des travailleurs ou étudiants délocalisés sur le plateau ; il faut dire qu’ils ont été fortement incités par leurs chefs d’établissement.

D’autres qui élèvent le débat vers leurs aspirations : c’est pour la grandeur de la France, il faut réussir ces grands clusters, c’est pour les centaines de milliers de gens qui vont venir travailler ou habiter sur le plateau, voire plus car il faut faire croître l’Ile de France, son économie tirera les provinces qu’elle vide …

Et ceux enfin qui sont pour le métro, mais pas sous cette forme, aérienne devant chez eux, ou souterraine sous leur maison.

Tout le monde a ses raisons et ses croyances, on peut les comprendre, et je les respecte, mais j’aurais aimé :

  • que ceux qui rêvent du retour des « 30 glorieuses » se réveillent : ces temps sont révolus, les vrais défis sont nouveaux, et la société doit muter pour survivre,
  • que ceux qui sont fascinés par les incantations au modernisme dessillent leurs yeux : les méga-clusters ont montré leurs limites et sont déjà passés de mode ailleurs,
  • que ceux que les incitations hiérarchiques influencent ouvrent leurs oreilles : d’autres voix prônent des alternatives possibles et réalistes,
  • que ceux qui pédalent le nez sur le guidon relèvent la tête : ce projet est démesuré du point de vue socio-économique,
  • que ceux qui ne voient que midi à leur porte regardent plus loin : cette ligne de métro est l’épine dorsale d’une urbanisation ultérieure massive qui dégradera la qualité de vie du territoire.

Et que ceux qui ne se sentent pas concernés réalisent qu’ils le sont quand même, et plus qu’ils ne le croient.

Moi qui suis d’un avis totalement défavorable au projet, je vous en donne 20 raisons déposées sur le registre d’enquête. En résumé des  dépôts cités, plus détaillés. Ce sera long à lire mais peut-être instructif.

 

Le NON du citoyen français :

  • Dépôt 2211 du 15 avril : le dossier d’enquête publique contient plus de 2200 pages. En 37 jours, il est impossible à quiconque de les lire et de les analyser seul. Les vacances scolaires débutent sans que beaucoup de parents se soient forgé leur opinion, et pour qui part avec ses  enfants, la période d’enquête est réduite.
  • Dépôt 533 du 28 mars : par rapport au projet initial de 2010, le dossier ne comporte que les évolutions décidées par la SGP (passage du souterrain en aérien entre autres) ou certaines établies avec les acteurs favorables au projet, mais aucune des revendications émises par les collectifs ou associations. En fait, la SGP a simulé le processus de concertation citoyenne, au mépris des attentes d’une grande partie de la population.
  •  Dépôt 566 du 29 mars : depuis 2012 d’éminentes instances ont émis successivement des critiques et réserves sur ce projet (rapport Auzannet, Cercle des Transports, Commissariat Général à l’Investissement, Cour des Comptes). La SGP n’en a tenu aucun compte, et maintient les grandes lignes de son projet conçues en 2011.

 

Le NON du réaliste :

  • Dépôt 583 du 29 mars : le besoin en moyens de transport en commun de notre territoire est certes bien réel aujourd’hui, mais il est fallacieux de présenter ce métro comme la panacée pour le résoudre. Il arrivera bien trop tard et occulte  les autres solutions réalisables plus rapidement (rabattements sur les RER, prolongement du tram-train Massy-Evry et de la Tangentielle Ouest). Il s’approprie en outre les moyens techniques et les fonds publics nécessaires à l’amélioration tant réclamée du fonctionnement de l’existant (qui assurera toujours l’essentiel du trafic).
  • Dépôt 642 du 30 mars : la ligne 18 n’est pas adaptée à notre territoire, où les habitats sont dispersés. Elle ne dessert pas l’axe nord-sud, et sur l’axe est-ouest, la RD36 doublée est un appel à la circulation automobile. Le délestage sera négligeable pour l’A10 ou la RN118 nord, voire négatif pour la RN118 sud. L’asphyxie routière, aggravée par l’opération Paris-Saclay, ne sera donc pas soulagée par le métro.
  • Dépôt 657 du 30 mars : relier les bassins d’emploi du territoire est certes une nécessité, mais entre Saclay et St-Quentin, le besoin est atténué par la distance, et à St Quentin l’habitat est proche du travail. Comme les trajets entre les pôles d’activité pour des besoins professionnels sont marginaux, même dans une zone à forte valeur ajoutée, et qu’ils se font rarement en transport public, l’évaluation de fréquentation annoncée par la SGP sur ce secteur de la ligne 18 est une spéculation exagérée (voir le rapport DRIEA de 2010). Un moyen lourd comme le métro est surdimensionné (rapport Auzannet de 2012).

 

Le NON du contribuable :

  • Dépôt 713 du 31 mars :  le tracé aérien économiserait 250 millions d’euros ?

Le projet de réseau Grand Paris Express avait été évalué à 19 milliards d’euros en 2009.  La Cour des Comptes l’estime maintenant à 30 milliards (mais la SGP n’en avoue toujours que 24). Combien à terminaison ? L’économie visée par le tronçon aérien est donc moins de 1% du coût total du réseau GPE, c’est minime par rapport au coût supplémentaire accepté pour les nombreuses gares rajoutées sur tout le tracé.

La ligne 18 arrêtée provisoirement à Versailles (et sans les 2 gares différées) entre pour 12% du coût total du GPE avec seulement 6% des voyageurs en charge totale horaire, deux sens confondus (d’après l’étude DRIEA). Vu sa fréquentation insuffisante (délibération du STIF du 07/10/2015), son exploitation coûtera beaucoup à la région, donc à nous les contribuables.

  • Dépôt 2194 du 14 avril : la ligne 18 gaspille les fonds publics et accroit la pression fiscale.

La SGP se finance déjà par des recettes fiscales affectées (dont nos impôts locaux), elle attend des contributions de l’Etat et des collectivités territoriales, elle doit recourir à l’emprunt (14 milliards remboursable par les « péages » à percevoir sur l’exploitation du réseau). En final, tout cela sera plus payé par les contribuables que par les usagers.

Engager trois milliards d’euros pour une « demi-ligne » de très grande ceinture sous-employée, c’est déraisonnable (ce que souligne le Commissariat Général à l’Investissement). Dans un pays déjà endetté d’une année de PIB, emprunter encore sur une durée comparable à la durée de vie de l’équipement (80 ans ? 100 ans ?), c’est faire payer cette déraison jusqu’à nos arrière-arrières petits enfants !

 

 Le NON du Saclaysien :

  • Dépôt 721 du 31 mars : le projet demande la mise en compatibilité des documents d’urbanisme de la commune.

Dérogation aux articles concernant les interdictions et limitations de construction, et attribution d’un emplacement réservé supplémentaire de 4,6 ha pour la gare, en zone N (espaces naturels et forestiers devant être préservés) et en zone A (constructibilité encadrée pour la préservation du paysage et de l’activité agricole).

  • Dépôt 2165 du 14 avril : Une fois décrétée l’Utilité Publique, la mise en conformité des documents d’urbanisme sera obligatoire :

Les restrictions du PLU seront levées dans les parties du plan de zonage concernées par le métro, et en particulier sur l’emplacement réservé pour la gare, et pour ce que la SGP jugera bon de construire et faire construire autour, comme l’autorise la loi du Grand Paris de juin 2010,

Imaginons le poids de notre maire pour faire valoir une opposition au viaduc lors de l’examen préalable conjoint des modifications de PLU avec l’Etat, la SGP, et la CPS : négligeable.

 

Le NON de l’incrédule :

  • Dépôt 609 du 29 mars : La ligne 18 fait gagner du temps aux voyageurs ?

Sans doute mais pas autant que les chiffres biaisés de la SGP, qui ignorent les évolutions des moyens de surface présents (T7) ou à venir prochainement (TTME), et qui omettent totalement les temps d’accès. Ce gain n’est utile qu’à ceux qui habitent ou travaillent plus près des gares de la ligne 18 que des stations du réseau existant. Ce n’est pas le cas de tout le monde, loin s’en faut.

  • Dépôt 698 du 30 mars : les arguments pour justifier le viaduc sont peu sincères :

Ce serait une exigence des laboratoires sensibles aux perturbations ? Si cette solution était efficace, elle ne conduirait pas à écarter les options de tracé les plus directes, aussi bien à Moulon qu’à Polytechnique, ni à faire déplacer certaines installations de THALES et du SIRTA

Le réseau hydrologique empêcherait le passage en souterrain ? Si le tracé à la gare CEA était déjà souterrain, il n’y aurait plus aucun problème de déclivité  pour passer sous les drains des champs et sous l’« aqueduc des mineurs ».

 

Le NON de l’indigné :

  • Dépôt 680 du 30 mars : à l’ouest de Saclay , les villages sont coupés de la ZPNAF par une bande  de plus de 70 m  de large.  Cette emprise pour la mise en parallèle de la ligne 18 avec 6 voies routières (2 pour TCSP et  4 pour RD36, et une piste cyclable réglementaire) illustre l’effet pervers du morcèlement des enquêtes publiques : la surabondance inutile de modes de transport sur cet axe et le gâchis de terres agricoles expropriées.
  • Dépôt 2149 du 14 avril : après  « réflexion globale » avec la SGP, le Conseil Départemental de l’Essonne  a décidé, lors de sa dernière délibération, de différer on ne sait à quand le TCSP après le CEA, mais de conserver l’élargissement de la RD36 à 2×2 voies. C’est stupéfiant de voir ainsi supprimer l’alternative raisonnable concurrente du métro, au détriment des habitants de ces villages sans gare, et de maintenir une quasi-autoroute antagoniste du report modal de l’automobile vers les transports en commun !
  • Dépôt 689 du 30 mars : les colonisateurs prendraient ils les indigènes pour des attardés ? Entendu en réunion publique pour promouvoir le tracé aérien, et fort apprécié par les riverains :

-le bruit ne sera pas plus dérangeant que celui d’un aspirateur,

-c’est agréable pour les voyageurs de contempler le paysage de la région,

-le viaduc est un ouvrage emblématique de la modernité de l’opération Paris-Saclay.

  • Dépôt 2174 du 14 avril : Le projet est un puzzle auquel il manque deux pièces maîtresses :

la gare de Saclay, dite « CEA St Aubin » et la gare terminale « Aéroport d’Orly ».

Et il reste d’autres incertitudes comme :

Qui va payer la modification du laboratoire Thalès à Polytechnique ? Il s’accommode mal des perturbations générées par le métro aérien, pourtant plébiscité par POLVI.

Qui va payer la modification du site ERDF, en face du CEA ? Ses pylônes Haute Tension ne devraient pas faire bon ménage avec le viaduc.

  • Dépôt 2199 du 15 avril: quand le métro éjecte ce nucléaire utile à la santé publique …

La SGP a découvert lors de la concertation « renforcée » de 2015 que le CEA avait un périmètre de sécurité. Elle est contrainte aujourd’hui de différer l’achèvement de la gare « CEA –St Aubin », mais est soutenue par l’Etat et la direction du CEA qui ont fait arrêter le réacteur OSIRIS. Or il ne suffit pas d’arrêter un réacteur, il faut décharger le combustible, le conditionner, le conduire en déposante de stockage … La procédure est très longue à établir et à mettre en œuvre (des années).

Comme le réacteur de Cadarache qui devait remplacer OSIRIS a 4 ans de retard, la conséquence sera une pénurie européenne du radioélément servant au diagnostic des cancers du sein. Autre unité à risque et fournisseur de la médecine nucléaire : CIS Bio. Gênée désormais dans ses activités, la société canadienne se sentira sans doute poussée vers la sortie pour faire place au métro.

 

Le NON de l’écologiste :

  • Dépôt 702 du 31 mars : les arguments déclinés pour la promotion du tracé aérien allèguent à tort de la protection de l’agriculture.

Les contraintes de réalisation souterraine ne sont pas compatibles avec l’intégrité de la ZPNAF ? Pourquoi alors ne pas initier des  échanges de parcelles ? Par exemple,  50 ha de terres fertiles sur le secteur de Corbeville mériteraient bien d’être intégrées dans la ZPNAF.

Le viaduc limiterait donc la consommation de terres agricoles ? Il est pourtant évident que la multitude de fondations de ses piles  (tous les 25 m) a plus d’emprise au sol que les puits de service réglementaires (tous les 800 m) d’une ligne souterraine. Et le trajet serait moins long avec un tunnel plus direct.

  • Dépôt 2202 du 15 avril : la faune sauvage n’est pas conviée à s’exprimer lors de l’enquête publique.

Elle le fera peut-être plus tard : l’aménagement du Quartier Polytechnique a déjà repoussé sangliers et chevreuils vers les jardins d’Igny et de Vauhallan (article du Parisien Essonne du 2 février).

Et les oiseaux nichant à la réserve ornithologique de l’étang vieux, à 1250 m du viaduc ? S’accommoderont il mieux du passage du métro toutes les 3 minutes (dans chaque sens) que les habitants voisins du Christ, ou ceux de Villiers-le-Bâcle?

  • Dépôt 2204 du 15 avril : La ligne 18 entre Palaiseau et Saint-Quentin-en-Yvelines c’est le coin que le secrétaire d’Etat Christian Blanc a voulu enfoncer en 2009, pensant déjà urbaniser la moitié du plateau.

La lutte pour la ZPNAF a stoppé bétonnage et goudronnage au-delà de la frange sud, mais qui peut croire que ce rempart est éternel ? Il n’est pas d’exemple de moyen de transport lourd qui n’ait pas amené d’urbanisation adjacente. Ce qu’une loi a fait, une autre pourra le défaire, à la poursuite d’un modèle de croissance obsolète et contraire aux déclarations de la COP21.

Il n’y a qu’à regarder la carte : même en souterrain total, le métro, c’est le ver dans le fruit de la vocation agricole du plateau. Alors a fortiori, avec un tronçon aérien qui pourrira le travail des champs et où il sera facile d’ajouter des gares, y offrant à la SGP la préemption pour urbaniser sur 50 ha autour (loi 2010-597) …

 

D’accord ? Pas d’accord ? Si vous avez lu, c’est que vous accédez à internet :

Pour consulter les avis du registre :
http://www.enquetes-publiques.com/Enquetes2?RLIRE=EP16029
Pour déposer les vôtres :
http://www.enquetes-publiques.com/Enquetes2?RDEPOT=EP16029

Et pour faciliter le dépouillement et éviter une globalisation réductrice, il est préférable de séparer les points d’intérêt. Autant de fois que nécessaire, c’est permis. Et ce sera facile de prononcer chaque fois un avis clair sur ce point : favorable/défavorable. Les commissaires-enquêteurs feront le tri pour juger de l’utilité publique du projet, avec ou sans réserves.

Nous sommes tous concernés.
Si vous partez en vacances,  usez de votre smartphone ou d’un terminal local, la limite c’est mardi 26.

Bon courage

Info Citoyen

Faut-il annuler la DUP Corbeville ?

Fév 5, 2016

Je rebondis sur l’article d’hier d’Olivier Delouya, « 10 € pour la bataille juridique … » pour en préciser la problématique.

Suite à l’enquête publique du printemps dernier, l’aménagement du secteur de Corbeville a fait l’objet fin juillet d’une Déclaration d’Utilité Publique (DUP) par le Préfet de l’Essonne.

Qui ne connait pas à Saclay la ferme de la Martinière ? Son histoire est relatée dans le livre de Martine Debiesse, «  Terres précieuses ». Eh bien après les 20 ha de champs que son GFA « Petit Saclay » a perdus pour une « lisière » frontière avec la ZAC de Polytechnique, c’est maintenant 50 nouveaux hectares au nord de la D128 qui sont soumis à expropriation pour relier par un « cluster urbain » cette ZAC et celle de Moulon.

Plan Secteur Corbeville

Ce nouveau quartier, sans programmation précise arrêtée, n’a trouvé à ce jour pour financement qu’une provision de la Région pour constitution de la réserve foncière. Ceci à un prix que la DUP veut geler à l’estimation de 2009, en atteinte aux droits de la propriété privée. Pure spéculation dont auront à profiter les promoteurs (pour les logements), et à pâtir les collectivités territoriales (qui devront supporter les équipements que fait miroiter le CDT : pôle sportif, CHU, lycée …).

Il suffit de regarder la vue perspective de l’endroit pour voir que Polytechnique et Moulon peuvent être parfaitement reliés au sud de la D128 sur la propriété du fonds Al Esraa (25 ha partiellement en déshérence) pour créer ce lien charnière entre les deux ZAC tant réclamé par l’Etablissement Public aménageur.

150225 PdS Perspective EPPS

A condition bien sûr que certains abandonnent les rêves qu’ils nourrissent pour une cité des cerveaux, « entre soi » élitiste, voire pour l’Exposition Universelle de 2025, et même aussi, pourquoi pas, pour les Jeux Olympiques de 2024 !

L’existence de la zône protégée (ZPNAF) n’est pas un alibi pour sacrifier toutes les terres agricoles autour. Et quelle considération est déjà accordée à cette protection quand on sait que le Préfet des Yvelines a autorisé des travaux en ZPNAF à Châteaufort, pour les besoins du Golf National mitoyen ?

Ayant épuisé, sans se faire entendre, toutes les possibilités démocratiques de contestations et de propositions alternatives, les associations se portent en justice pour des recours contentieux. La DUP Corbeville n’est pas une fatalité, des irrégularités permettent de l’attaquer.

Certes David n’a pas les moyens de Goliath, mais le soutien participatif permettra aux associations de poursuivre leur action, jusqu’en Conseil d’Etat s’il le faut !

Donner peu, mais donner quand même, anonymement ou pas, c’est ajouter sa voix au concert de ces acteurs solidaires.

Info Citoyen

Le métro électoral

Déc 4, 2015

Peu d’entre vous sans doute ont pu assister mardi dernier à la réunion-débat de Bures-sur-Yvette :

« Les transports franciliens à travers le prisme des élections régionales »

Pds Agri VLB. Métro

Etaient présents, au moins partiellement :

–          Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France),

–          Marie-Pierre Digard (Ecologistes)

–          Alban Mosnier (Front de gauche)

 

 

Vous en trouverez les échos dans l’article d’Essonne Info :
http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/85611/le-grand-paris-express-a-t-il-sa-place-dans-le-paysage-francilien/

pour les plus studieux, commentaires de la réunion et de l’article dans :
http://www.colos.info/actualites/grand-paris/116-le-grand-paris-express-a-t-il-sa-place-dans-le-paysage-francilien

En bref résumé, le réseau de métro Grand Paris Express n’est soutenu que par les partis dits « de gouvernement » (PS et LR/Centristes).
Normal puisque le GPE est le fruit de leurs désamours coupables. Devant l’inflation de coût prévisible et l’incapacité de financement actuelle, ils comptent bien sur les collectivités territoriales pour mettre la main à la poche.

Les principaux autres partis stigmatisent une gabegie de prestige :

–          certains tronçons en zones peu denses sont d’utilité contestable,

–          l’amélioration du réseau existant est sacrifiée,

–          la cavalerie financière veut dire augmentation d’impôt et emprunt (donc dette).

Dans leur collimateur, la ligne 18 qui nous concerne, emblème du déséquilibre coût/service :

–          DLF et le FN en demandent l’abandon pur et simple,

–          EELV la veut plus courte (s’arrêtant à Massy, compte tenu des TCSP prévus jusqu’à St Quentin en Yvelines),

–          le FG aussi, mais jusqu’à Orsay, tout en pensant à une dérivation vers le RER B, à Villeneuve-St-Georges.

C’est donc le métro de la discorde qui préside ces élections, mais attention de ne pas se laisser prendre ni à la démagogie ni aux discours incantatoires.

Et ne pas oublier le reste des programmes, qu’on aimerait bien d’ailleurs mieux connaître, tant les évènements ont étouffé la campagne.

Alors quitte? ou le double ?

à vos bulletins dimanche

Info Citoyen

Si Versailles nous était conté

Nov 30, 2015

CAP sur la COP à Versailles

Le 14 juillet 1789, le peuple parisien se soulève, c’est le début de la révolution.

Début octobre, un convoi venu de Paris à Versailles réclame à Louis XVI du pain, convoi bientôt rejoint par celui de la milice populaire pour demander la légitimation d’un régime démocratique, et des droits de l’homme.

Le lendemain, la Garde Nationale arrivant trop tard, le château est envahi par un groupe de révolutionnaires violents et le roi est ramené à Paris. Après un âge d’or de courte durée, et sous les contraintes financières et politiques, cette première révolution fût dévoyée par les sectarismes, doctrinaires et religieux, le bellicisme étranger, et les égoïsmes de tout poil, qui finirent par plonger le pays dans la terreur, la dictature impériale, et la guerre.

Après les vicissitudes et résurgences que connut la démocratie française pendant deux siècles, et suite à la capitulation du second empire devant la Prusse,  un autre mouvement insurrectionnel se déclencha en mars 1871 : la Commune de Paris, libertaire et autogérée.

Inadmissible pour le pouvoir central bourgeois qui, cette fois en sens inverse, se réfugia à Versailles avec administrations et armée. Pour lancer 2 mois plus tard une répression aboutissant à la « semaine sanglante » : 17.000 morts, et 4.000 déportés en Nouvelle Calédonie.

Au 21ème siècle, sont-ce les réminiscences de ces évènements passés qui ont effrayé notre gouvernement ? Toujours est-il que cédant à la psychose anti-terrorisme, il a perdu le sens des réalités et s’enfonce dans une politique du toujours plus liberticide. Les évènements du 13 novembre, certes tragiques et révoltants, mais sans commune mesure avec ceux rappelés ci-dessus, justifient-ils de susciter un « Patriot Act » à la française ? Et d’en profiter pour mettre sous le boisseau les mouvements contestataires, « désobéissants » peut-être mais pas tous, et surtout écologistes dans l’âme. La prolongation (au Congrès, à Versailles, justement) de l’état d’urgence promulgué semble être le signe politicien d’un « Etat d’urgence » aux abois devant le risque de voir gâchée sa parade de la COP21, et celui d’une déroute électorale. Est-ce une raison valable pour amplifier, propager, et exploiter la paranoïa sécuritaire ?

Toujours est-il que ce samedi 28 novembre, à Versailles, ce sont des convois venus cette fois des provinces, partis depuis longtemps pour certains, retardés, déviés, harcelés parfois par « les bleus », qui y sont arrivés. Libertaires sans aucun doute, pour protester contre un ordre économique qui obnubilé par l’argent, a raté la mondialisation. Ecologistes surtout, pour réclamer des objectifs et des actes compatibles avec notre futur climatique et alimentaire, et pas les faux semblants des « green-washers » de la COP21.

151128 RN10 MRM0869ancien toujours vert

 

Alors ces « désobéissants », qui « ne lâchent rien » devant les directives absurdes et les grands projets déraisonnables, qui ont bravé l’autoritarisme en faisant preuve de pugnacité, d’imagination, et d’organisation, ne nous donnent-ils pas une leçon d’espérance ?

 

 

Le plus bel hommage qu’on puisse rendre à nos morts, ce n’est pas le pathos, ce n’est pas la vengeance, c’est de vivre sans les oublier ni oublier les causes du drame. Et ils sont vivants, ces jeunes enthousiastes à la tête bien faite et au cœur large, et ces anciens toujours verts dressés sur leurs bicyclettes, qui s’indignent de la dérive d’une société qu’ils ont connue humaine.

151128 RN10 MRM0867Halte sur RN10

 

Ils regrettent quand même un peu la désaffection relative d’une tranche d’âge intermédiaire : celle qui, sans vélo, reste le « nez dans le guidon » dans la compétition exacerbée du travail et de l’emploi. Mais certains de ceux-là ont aussi rejoint en voiture le convoi samedi : un beau bouchon, mais sous le soleil, « on est heureux Nationale 10 ! »

 

Et sur la Place d’Armes, s’est déroulé la cérémonie de clôture de la convergence des convois : une mise en place rapide car bien rôdée des installations, puis pique-nique et « banquet » festif, servi par les « cantines » mobiles, expertes dans l’art de rendre savoureux les plats végétariens, suivi d’écoute de paroles des différents horizons de lutte : « Nous ne nous battons pas pour la Nature … nous sommes la Nature qui se défend !». Paroles de France bien sûr, et même d’Allemagne (mine de charbon géante à ciel ouvert) et de Finlande (centrale nucléaire). Le rétablissement du contrôle des frontières serait-il perméable ?

Pique-niqueMeeting

Et pour finir, une séance récréative : le crieur du haut de sa tribune lit des messages humoristiques, parfois en se tournant vers les CRS alignés derrière, pour eux avec un mégaphone parce qu’eux, ils ont l’habitude … ; ce fût donc un chaleureux meeting s’éteignant en dansant avec le froid du soir et par un remballage aussi efficace que l’installation. Place nette et dispersion.

La criée

La tournure de l’évènement « CAP sur la COP » a ainsi pris une dimension inespérée vendredi, symbolisée par cette banderole rouge.

Rappelons quand même qu’après le bouclage de Villiers-le-Bâcle, où (suite à l’interdiction de manifester à Paris) se préparait à la ferme un accueil solidaire des « marcheurs » ( désormais en vain), les militants écologiques locaux avaient donné une conférence de presse à Palaiseau pour protester contre un Etat « pompier-pyromane ». Alors, sans doute pour faire la part du feu, le Ministère de l’Intérieur a laissé le convoi arriver et s’installer à Versailles.

NDDL & PsS en lutte

Peut-être le ministre se mordait- il les doigts des mesures d’exception disproportionnées et ridicules prises sur le Plateau de Saclay (décidemment placé sous le signe de la démesure) ?

 

Laissé arriver et même facilité, car la circulation de ce convoi, permise cette fois par la préfecture des Yvelines, elle, a été « accompagnée » par la police, dont les motards, aux carrefours, intimaient le respect aux automobilistes énervés qui auraient bien bousculé les baliseurs cyclistes.

Facilité quand même non désintéressée, avec l’énorme téléobjectif à distance, et un photographe chauve et barbu, en civil dans la foule, aperçu précédemment près d’une moto de police. Car certains participants arboraient des signes ostentatoires de « zadiste » : masque ou foulard sur le visage. Ni « islamique suspect », ni « noir anarchiste », mais ils ont leurs raisons de ne pas être catalogués ou identifiés ; les « désobéîssants » tombent assez souvent sous le coup d’une sanction judiciaire. S’en trouvait-il le lendemain parmi les « black-blocs » de la place de la République ? Certainement pas en majorité mais peut-être quelques-uns qui auraient risqué alors d’offrir sur le plateau (des médias) une aubaine pour discréditer leur mouvement. Alors interdisons-nous une généralisation abusive, toute collectivité a ses moutons noir, même celle des gens « honnêtes », « bien pensants » et légalistes. Et d’ailleurs qu’a donc montré l’état d’urgence ce dimanche ? Qu’on pouvait déployer des forces de l’ordre en nombre, perquisitionner et assigner à résidence sans jugement un millier de personnes, en mettre en garde à vue une centaine, interdire la manifestation, sans pour autant empêcher des troubles d’éclater.

A Versailles au moins, sans interdiction péremptoire et avec une police restée discrète et sobre, tout s’est bien passé.

Totem Villiers

Pendant ce temps-là, sur le Plateau (de Saclay), certains tremblent encore de voir planer le spectre d’une « ZAD » sacrilège au culte du « Grand Paris ».

Une direction de Grande Ecole de « têtes bien pleines » est allée jusqu’à diffuser une circulaire intérieure mettant en garde contre « des manifestations hostiles … des actions violentes », l’enracinement d’une Zone à Défendre …

Et elle a même mis en place une adresse mail de délation !

Une crèche de Vauhallan a reçu la visite de gendarmes avertissant de la venue de manifestants voleurs. Voleurs de jardins, pourquoi pas voleurs d’enfants non plus ?

En repensant à tout cela, et comme disait l’impertinent Coluche (qui nous manque bien) :

« J’me marre » …

 

Info Citoyen

De la démocratie participative – CDT bis

Nov 22, 2015

En ce vendredi 13 qui restera tragiquement ancré dans nos mémoires, en sortant de la réunion publique d’Orsay, la stupeur engendrée par les évènements de Paris a submergé la stupéfaction qu’avait laissée cette réunion chez de nombreux participants. Mais aujourd’hui j’estime nécessaire de reparler de nos préoccupations locales : le Contrat de Développement Territorial Paris-Saclay Territoire Sud.

La réunion publique fut édifiante : pas pour mieux connaitre le CDT « actualisé », mais par la façon dont est menée la nouvelle enquête publique. Après la réunion du 15 octobre, où l’ambiance fut éminemment contestataire, nous avons eu droit cette fois à une séance de « resserrage de boulons » :

Mme Sylvie Denis- Dintilhac, présidente de la commission d’enquête, d’entrée de jeu, a fixé sa règle du jeu :
– l’enquête est une enquête complémentaire, elle ne doit porter que sur les évolutions du CDT
– la nouvelle commission ne se sent pas engagée par le travail de la commission précédente
– le métro fera l’objet d’une autre enquête et ne doit pas être remis en cause dans l’enquête CDT
S’en est suivi une réunion très encadrée et irritante, où les questions sérieuses portées par les associations ou collectifs n’ont reçu pour l’essentiel que des réponses dilatoires : généralités, incantations, diversion, pour traiter du bilan financier, des logements, des circulations douces, de la circulation routière, des transports en commun, de la qualité de l’air, de la gestion des eaux.
J’en donne pour exemple une expérience personnelle :

Suite à la déclaration de M. Michel Bournat, président de la CAPS, comme quoi il ne fallait pas parler de « ville nouvelle » pour une simple « extension de quartiers » des communes de la frange sud, ma question fut la suivante :

«  Je voudrais poser un problème d’arithmétique à propos de logements :

         Le CDT énumère la construction de 9.450 logements familiaux (dont 700 dévolus à Saclay) et de 8.000 logements étudiants soit un total de 17.450 (on peut donc supputer presque 30.000 nouveaux habitants, soit environ le double d’Orsay et 10 fois Saclay).

          Les porteurs du projet citent, dans leur réponse à l’avis de l’Autorité environnementale (Ae) un scénario conduisant à 2082 logements par an et ceci sur 10 ans (soit 20.820 au total), puis évaluent les besoins en béton et granulats pour 29.000 logements.

         Sachant que l’objectif préfectoral est de 2.400 logements par an pour le territoire de la CAPS (24.000 sur 10 ans), quel sera le nombre de logements construits : 17.450 ? 20.820 ? 24.000 ? ou 29.000 ? »

M.Bournat ne s’est pas démonté pour répondre qu’il ne confirmait que les logements familiaux, et qu’il ne savait pas où j’avais pu trouver les autres.

Un comble pour un membre éminent du comité de pilotage du CDT … Les données se trouvent dans le CDT (pages 22 et 23) et pages 12 et 24 de la réponse à l’avis de l’Ae, document du dossier d’enquête et cosigné par la CAPS !
Et malgré mon insistance, l’on ne m’a pas accordé de droit de réponse.

Imaginez aussi la colère de cet agriculteur de Villiers-le-Bâcle quand on l’a empêché de parler du métro en interrompant brutalement 7 fois sa question ! Alors que la ligne 18 est élément du CDT, fiche 2, qui parle même de son « intégration paysagère » (page 47).
Sans compter un certain dédain quant à l’expression maladroite de citoyens ordinaires, qui manifestent leurs inquiétudes, par exemple devant l’absence de traitement des nuisances sonores de la RN118 à Saclay …
Seul point positif : Michel Bournat a annoncé que les élus avaient voté pour demander une étude du téléphérique (la lettre ouverte des 34 signataires semble avoir porté).
La conduite de cette réunion fut donc aux antipodes de la demande présidentielle d’amélioration de la démocratie participative, qui avait conduit le 3 juin au rapport du sénateur Alain Richard.

A la suite de l’actualisation en catimini du CDT qui, dans l’essence, n’a pris en compte que les demandes des maires des Ulis et de Palaiseau, nous avons assisté à une belle illustration de la reprise de pratiques contestables dans l’application des procédures d’enquête publique, malgré la recommandation n° 5 de la précédente commission d’enquête.

 

Alors devant cette rigidité annoncée, nous n’avons plus que 6 jours pour affûter nos avis et les déposer le 28 au plus tard :

  • Sur les registres en mairie (au besoin, présence de commissaire enquêteur mercredi).
  • Sur le registre électronique de l’enquête

On peut consulter les contributions nouvelles déjà déposées et si l’on ne veut pas que passent à la trappe les critiques sur le CDT initial qui restent d’actualité, il faut les reformuler. De préférence, faire des dépôts séparés point par point en mentionnant explicitement à chaque fois favorable/défavorable, pour ne pas laisser place à une interprétation globalisante subjective.

Soyons « acteurs », pas « spectateurs » !

Info Citoyen

Une société de la violence. A Saclay aussi ?

Nov 9, 2015

141026 Renoncule Rémi

Il y a à peine plus d’un an, à Sivens, Rémi Fraisse mourait à 21 ans. Ce n’était pas un « anarcho-libertaire » mais un jeune botaniste. Certains ne se sont pas privés de dire (en termes moins choisis) : mais qu’allait-il donc faire dans cette galère ? Simplement, Il participait à une manifestation contre la dévastation d’un espace naturel par un Grand Projet qu’il jugeait inutile. La violence ne venait pas de son fait, mais de forces « de l’ordre » qui concluaient ainsi dramatiquement un mois de brutalités envers les squatters de la ZAD du Testet (leur zone à défendre).

A la suite du sociologue et philosophe Edgar Morin, nous devons prendre conscience que notre civilisation est en conflit ouvert. Conflit entre les valeurs productivistes du siècle dernier, et celles qui tentent d’émerger pour répondre aux crises prévisibles : changement climatique, danger énergétique, pénurie alimentaire.

Je ne me lancerai pas dans une diatribe contre le capitalisme, il y des sources plus talentueuses que moi pour se renseigner. Mais on peut comprendre que des « élites » qui sont pour la plupart nées pendant les trente glorieuses, et dont les plus jeunes ont été éduquées par la doctrine néo-libérale, tendent à pérenniser le système qui les a promues.

Luttes pour la vie

Nous vivons désormais dans une société qui n’a retenu du darwinisme que le « struggle for life ». Ce type de combat de sélection pour la vie n’engendre-t-il pas une violence subie par les perdants (chômeurs, jeunes, nouveaux pauvres) ? Violence aussi d’ailleurs pour beaucoup de ceux qui sont encore préservés (insécurité de l’emploi, course à la rentabilité, mal être).

Devant l’injonction paradoxale entre exhortation à la consommation et paupérisation accrue, comment s’étonner de la recrudescence des atteintes à la propriété, et des révoltes passées dans les « quartiers » de nos banlieues ? Mon propos n’est pas d’excuser les délinquants par nature, mais la répression ne résout pas le problème de fond et fait enfler l’abcès en entretenant l’antagonisme. Reste qu’en maintenant temporairement l’ordre établi, elle tranquillise l’électorat (ce qu’il en reste).

D’ailleurs plus personne ne s’étonne, la violence est aujourd’hui banalisée : par la presse, par les séries télévisées, par le jeu vidéo … Tout le monde veut voir du sang, à condition qu’il soit virtuel. Le monde entier est un bain de sang, mais pas virtuel pour les victimes : idéologies, avidité, petits chefs, opprimés, migrants … Guerres et conflits n’arrêtent pas. N’est-ce pas le signe que la domination d’un système occidental malade n’est pas supportable pour les pays du « sud » ?

Dans notre bulle européenne, on se croit à l’abri en renforçant nos outils sécuritaires, dont la floraison prend pour alibi cette violence généralisée. Doit-on continuer d’accepter une dérive devenant franchement liberticide, qu’elle soit rose, bleu, ou bleu-marine ? Benjamin Franklin aurait dit : « ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale, pour obtenir temporairement un peu de sécurité, ne méritent ni la liberté ni la sécurité ».

Luttes pour la liberté

C’est donc un autre paradoxe que les lois et directives visent au formatage du comportement des individus alors que l’individualisme est exalté dans le cycle production/consommation, avec du pain (un peu, dur à gagner), et des jeux (beaucoup, pour oublier). C’est une autre source de conflit car tout le monde n’est pas enclin à cette docilité, ni contaminé par le virus du « chacun pour soi ». En particulier chez les « vieux », qui savent encore ce qu’était le Programme du Conseil National de la Résistance, et chez les « jeunes » en quête d’espoir pour les années qu’ils vont vivre. Alors ils protestent contre le désengagement de l’Ėtat, la capitalisation du système social, les énergies fossiles, l’agro-business. Ils réfutent la stratégie de survivance des acteurs politiques et économiques qui prétendent maîtriser les crises par un green-washing qui bat son plein pour la COP21.

Pour ces contestataires, la croissance n’est plus une panacée soutenable à l’infini, inventer véritablement le « moderne », c’est se tourner vers un modèle civilisationnel différent (souvenons nous que l’ile de Pâques est morte de son obstination). L’objet n’est pas un retour vers un passé arriéré, mais d’aller vers « une alternative humaine d’avenir ». Darwin avait parlé aussi de mutations et de symbioses.

Et faute de vrai débat public, la situation devient violente entre des entreprises qui tiennent à « lifter » par la technique leur modèle productiviste, et des activistes militants qui défendent une autre conception de la société et de l’aménagement du territoire (faucheurs volontaires, Confédération Paysanne, GreenPeace …). Et l’Ėtat n’est pas en reste pour poursuivre en justice les assimilés « casseurs », mais aussi les désobéissants civiques.

Luttes pour le territoire

Car une autre forme de violence est l’imposition aux citoyens de Grands Projets présentés comme d’intérêt public. Dans notre pays qui est endetté jusqu’aux yeux (une année de PIB !) il y a une cinquantaine de ces GPII (grand Projet Inutile et Imposé). Partout sur ces projets sont artificialisés des centaines d’hectares précieux pour leur captation de carbone : espaces naturels, forêts, et terres agricoles. A l’occasion donc de la COP21, pour manifester à Paris contre ces actes qui contredisent la parole officielle, des convois viendront de certains territoires en lutte : Roybon, Bure, Notre Dame des Landes

Et là ça nous concerne directement : une étape de regroupement des convois est prévue sur le Plateau de Saclay. Ils auraient pu choisir Europa City à Gonesse, mais Saclay est sur la route venant de l’ouest. Il faut dire aussi que la démesure du Grand Projet Paris-Saclay et son empreinte écologique, ça n’est pas mal non plus comme valeur symbolique.

Le tocsin

Alors les Renseignements Généraux paniquent et la presse rameute l’opinion : des Black Blocs pour saccager le centre de recherche et d’enseignement scientifique de visibilité mondiale !

Des « anarcho-libertaires », il y en aura certainement dans les convois, mais aussi de ces « écolos » qui prônent le «  vouloir vivre ensemble », et des membres d’organisations contestataires mais respectables. Il serait étonnant que si près du but, ces derniers laissent dégénérer des velléités de débordement.

Quant aux Black Blocs, ne fantasmons pas. Que viendraient-ils se perdre à Saclay quand leur cible est certainement Paris. Et que la France rétablit le contrôle aux frontières à partir du 13 novembre !

En m’interdisant de penser à un plan machiavélique (qui consisterait à susciter la violence pour discréditer les mouvements de lutte), je crois que le risque peut venir aussi des autorités :

  • interdire le parcours ou en imposer un inacceptable,
  • blocage ou fragmentation du convoi par les forces de l’ordre,
  • et il n’y a pas que certains manifestants qui rêvent d’en découdre.

Que craignent Thalès, Areva, Danone, et autres centres de recherche ? Rien en fermant la RD128 y accédant et en disposant un cordon de garde aux entrées du CEA.

Le mieux serait donc de ne pas interférer maladroitement sur un parcours où quand même quatre maires ont une cause à défendre : l’enterrement du métro !

Info Citoyen

ZAD du Plateau de Saclay – La presse en parle

Juil 29, 2015

150718 PdS ZAD forces

Le samedi 18 juillet s’est produit à Villiers-le Bâcle un évènement qui a été relaté dans les journaux régionaux, une « opération Césarion » en quelque sorte :

Ce dernier article comportait aussi une déclaration de la Préfecture, que le GRACOPS1 a tenu à commenter, toujours dans les colonnes de l’Essonnien. Le commentaire publié comportant quelques défauts de mise en page, il est reproduit ci-après in extenso :

 

ZAD du plateau de Saclay – Commentaire du GRACOPS1 sur la réponse préfectorale

Une tentative de constitution d’une ZAD démantelée ? Félicitons nous de l’intervention efficace d’une escouade de gendarmerie empêchant une dangereuse bande d’activistes en short et chapeau de paille de dresser une cabane symbolique dans un champ.

Ceux-ci n’avaient pas pris la peine de demander une autorisation de travaux, inspirés peut être par l’article 29 de la loi Macron, qui permet de ne plus faire démolir les constructions illégales autorisées abusivement en zone agricole. Ils croyaient naïvement que l’accord verbal du maire suffisait. Gageons donc que les autorités feront preuve de la même vigilance envers la ferme-usine de Drucat qui a outrepassé les surfaces du bâti de son permis de construire et exploite actuellement 220 vaches de plus que son autorisation …

Mais passons l’anecdote, et citons : « Le préfet de l’Essonne, au nom de l’intérêt général, regrette et condamne les désinformations. Il rappelle que la République garantit, tout au long des procédures, l’expression démocratique de toutes les opinions dans le cadre des lois et règlements. »

Tout à fait d’accord avec lui dans le principe, sauf que dans les faits, l’Opération Paris-Saclay n’est pas un modèle du genre.

Que penser de l’information du public effectuée par les « interlocuteurs en responsabilité » ?  Leurs « actions de communication » sont bien les mots justes car elles utilisent les techniques de la communication publicitaire : slogans, « story telling », glorification de la compétition, onirisme de la grandeur, incantation sur l’intérêt national. Techniques appropriées pour vendre l’idée du projet en faisant rêver l’inconscient collectif. Il n’y a qu’à relire le texte de la préfecture pour entendre une variation bien jouée de la partition. La glose sur plus de 2400 hectares de terres agricoles protégées omet que sur le Plateau, c’est seulement 2333 ha, le reste étant hors OIN et dans les vallées. Et elle attribue à l’Etat une « attention toute particulière » alors qu’il avait été contraint par la lutte associative locale à n’en massacrer que 400 ha au lieu de 1000. A l’aube de la COP212 à Paris, le bilan carbone de cette urbanisation vaut bien d’être lauréat d’un fonds ministériel d’un demi-million d’euros pour la croissance verte !

Quant à la désinformation condamnable ? C’est celle pratiquée par des opposants qui se permettent de discuter la notion d’intérêt général et ne cessent de stigmatiser le projet, lui reprochant des incohérences et une démesure inutiles, ainsi que l’autoritarisme autiste qui l’impose. Car malheureusement pour le confort de l’Etat et de sa technostructure, il existe sur le territoire une intelligence collective qui regroupe des individus compétents et qui, avec des moyens le plus souvent bénévoles, recoupe les études contradictoires et propose des solutions alternatives. Outre les associations majeures et reconnues comme « Terre et Cité » et les AVB3, l’exemple significatif est celui de COLOS4 qui publie sur son site internet des réquisitoires implacables, dont le dernier en date porte également sur cette réponse préfectorale.

Parlons donc de l’expression démocratique garantie par les procédures de la République. Le cas d’école est celui de l’Enquête Publique sur le CDT5 Paris-Saclay Territoire Sud. A l’issue d’un travail de compilation remarquable, la Commission d’Enquête a émis un avis défavorable le 23 avril 2015, rendant justice à la contribution des centaines de citoyens ayant participé. Mais ce cas exceptionnel tranche avec la succession d’enquêtes partielles morcelant le projet pour échapper aux critères d’un vrai débat public, et où les commissaires enquêteurs n’ont pas eu le même courage. Pour preuve récente, celle pour DUP6 du secteur de Corbeville : sur un dossier inconsistant, malgré les contestations fondées dont celle de la Chambre d’Agriculture interdépartementale d’Ile de France, l’avis rendu est favorable, sans l’ombre d’un commentaire ni de recommandations.

Pour revenir au CDT-Sud précité, la recommandation n°5 de la Commission d’Enquête était de « renforcer substantiellement la concertation, pendant la période d’actualisation, de finalisation et d’adoption du CDT, ainsi que pendant le suivi de sa mise en œuvre en créant un mécanisme de concertation ». L’EPPS7 travaille sur l’actualisation de ce CDT depuis juin, le comité de pilotage a été réuni le 10 juillet, ses 7 maires disposent d’une confidentielle copie de travail. Le préfet de l’Essonne, qui préside ce Comité de Pilotage, veut bien nous rappeler que la République garantit l’expression démocratique mais il ne donne aucune nouvelle sur le mécanisme de concertation recommandé !

Si les pratiques courantes d’application des lois et règlements sur les débats publics étaient satisfaisantes, pourquoi le Président de la République a t’il confié au sénateur Alain Richard une commission spécialisée du CNTE8, chargée de proposer des pistes de rénovation? En mars 2015, cette commission a procédé à l’audition de 12 représentants de mouvements d’opposition aux GPII9, puis à celle du Président de la CNDP10. Monsieur le Préfet pourrait s’inspirer de leurs propositions concrètes de modernisation de la démocratie participative.

Il y a en France plus de 50 de ces Grands Projets, tous antinomiques avec les objectifs de la COP21. Certains sont : emblématique comme à Notre-Dame-des-Landes, tragique comme à Sivens, bloqué comme à Roybon. Nous n’en sommes pas encore là sur le Plateau de Saclay, mais cabane ou pas, la trentaine de personnes du 18 juillet sont des lanceurs d’alerte loin d’être isolés. Notre territoire est bien une Zone à Défendre.

 

1 GRACOPS : Groupe de Réflexion et d’Action Citoyenne sur l’Opération Paris-Saclay

2 COP21 : 21ème réunion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques

3 AVB : Amis de la Vallée de la Bièvre

4 COLOS : Collectif OIN Saclay, regroupant plus de 100 associations

5 CDT : Contrat de Développement Territorial

6 DUP : Déclaration d’Utilité Publique

7 EPPS : Etablissement Public Paris-Saclay

8 CNTE : Conseil National de la Transition Ecologique

9 GPII : Grand Projet Inutile et Imposé

10 CNDP : Commission Nationale du Débat Public

 

Info Citoyen

La fièvre monte à « El Plato »

Juil 10, 2015

Dans un pays imaginaire d’Amérique latine …

Euh, pardon, je me trompe de synopsis : l’éclosion de la rébellion, c’est ici et maintenant.

Depuis le lancement de l’Opération d’Intérêt National en novembre 2005, toutes les associations concernées par la sauvegarde de l’environnement du Plateau de Saclay avaient réagi. Les deux organismes aménageurs créés par les lois de 2010, l’Etablissement Public Paris-Saclay (EPPS) et la Société du Grand Paris (SGP), ne se sont pas distingués par une grande écoute de ces protestations, et ce qui devait arriver arriva : l’opération ne recueille pas l’assentiment du territoire.

Déjà le 12 mai 2012, une grande manifestation était organisée par le collectif « Enterrez le métro », qui dénonce le non-respect par la SGP de la promesse faite suite au débat public en 2011, pour la ligne verte du Réseau de transport public du Grand Paris , sur ce qui deviendra la ligne 18 du Grand Paris Express.

Et nouvelle manifestation le 9 avril dernier devant les locaux de la CAPS, pendant que dans la salle, le Conseil Communautaire votait une motion annonçant des actions contentieuses si ses demandes légitimes devaient rester ignorées par l’EPPS.

Car entre temps, les élections municipales de 2014 avaient changé la donne en remplaçant 3 des 7 maires du comité restreint qui avait validé le projet de Contrat de Développement Territorial Paris-Saclay Territoire Sud. Néanmoins, l’Enquête Publique a été menée sur le dossier CDT de 2013.

Journal de l’actualité récente :

  • Le 23 avril, coup de théâtre, la Commission d’Enquête Publique rend un avis défavorable, suivant objectivement les 676 avis d’associations et de citoyens. C’est un fait sans précédent dans l’histoire des CDT. Alors, pour que les recommandations de la Commission d’Enquête ne restent pas lettre morte, se monte un Groupe de Réflexion et d’Action Citoyenne sur l’Opération Paris-Saclay (GRACOPS).
  • Le 11 juin, réunion SGP de « concertation renforcée » à Magny-les Hameaux ; ambiance houleuse, colère d’agriculteur coupé de ses champs, mécontentement des riverains, protestation d’élus pas ou mal consultés.
  • Le 15 juin et ensuite, une lettre ouverte aux élus est remise par le GRACOPS dans les conseils municipaux des 11 communes de la CAPS.
  • Le 22 juin, l’EPPS annonce que le comité de pilotage du CDT a pris la décision d’actualiser le dossier pour le présenter à nouveau en enquête publique avant la fin de l’année.
  • Le 23 juin, lors de la conférence sur les transports par câble organisée par COLOS, le vice-président du STIF (Syndicat des Transports en Ile de France) s’indigne de voir autant de deniers publics gelés pour une ligne 18 de métro sous-employée alors qu’il seraient bien placés dans une desserte moderne Saclay-Courtabœuf s’appuyant sur un RER B amélioré ; message relayé vers la CAPS par l’UASPS.
  • Le 25 juin, le Conseil de la CAPS, à l’unanimité des présents, refuse de reprendre en patrimoine les équipements publics qui n’auraient pas fait l’objet d’un accord express des collectivités, dans et hors ZAC, au Moulon (délibération D2015-93), et à Polytechnique (délibération D2015-94).
  • Le 30 juin, le GRACOPS adresse une lettre ouverte au préfet de région et aux membres du Comité de Pilotage du CDT pour exiger une réelle concertation.

 

Et aujourd’hui ? Le Comité de Pilotage du CDT se réunit …

Info Citoyen

Aménagement du secteur de Corbeville

Mai 4, 2015

Le bulletin municipal « Saclay infos » ne pouvait pas faire autrement que de résumer a minima la motivation de ce projet de Déclaration d’Utilité Publique, aussi livrons nous à quelques commentaires.

La porte du CDT s’étant fermée provisoirement, l’EPPS revient par la fenêtre de la DUP. Il s’agit cette fois encore d’une enquête partielle, s’inscrivant dans une stratégie qui consiste à enfoncer coin après coin les éléments structurants de l’aménagement global projeté.

Le choix d’appuyer cette enquête publique sur un dossier simplifié permet à l’aménageur de présenter un projet approximatif, d’omettre une étude d’impact, et de limiter la durée d’analyse des citoyens. Il est d’ailleurs significatif que l’EPPS ne semble s’être « réveillé » qu’à 6 mois de l’échéance du gel des prix du foncier de la zone. Le projet était pourtant déjà conçu avec le CDT en 2013, et arguer maintenant de l’urgence de la procédure est une façon d’éluder le débat et la concertation.

150225 DUPC EPPS Carte

  • On peut s’étonner de cette prolifération d’équipements sportifs : déjà sur les deux ZAC (Polytechnique et Moulon), et maintenant sur Corbeville. A quand un PSG (« Paris-Saclay-Gif ») financé par des pétro-subsides ? On peut y voir aussi une réserve foncière qui ne tarderait pas à changer d’affectation (Zone d’Aménagement … Différé).
  • Après les 20ha pour la ZAC Polytechnique, c’est maintenant 50 autres hectares de terres agricoles fertiles attenantes à la ferme de la Martinière qui sont expropriables, en proposant une compensation par un droit d’exploitation de terres caillouteuses éloignées. Ceci et le transit d’engins seront particulièrement pénalisants pour l’agriculteur, et gênants pour les usagers d’une RD 36 qu’on imaginera très fréquentée dans ce contexte d’urbanisation.
  • L’estimation à 30 millions d’Euros du coût des acquisitions n’est pas que sommaire, elle est franchement énorme car terres agricoles et friches industrielles sont peu valorisées. Provision qui permettrait largement de quoi acquérir à l’amiable les propriétés privées, sans recourir à l’expropriation.
  • Parmi les « très nombreux avantages » vantés pour le projet, il n’est d’évident que la réhabilitation du délaissé de l’espace sud. L’innervation en voies de communication existe déjà ou est prévue par ailleurs. Le reste n’est que violons et novlangue chantant les mérites du Plan Campus en enrobant en fait l’implantation d’une ville. Urbanisation massive générant des inconvénients, auto-proclamés « pas excessifs », mais néanmoins réels et qui omettent la stérilisation de terres agricoles de proximité.

L’autisme de l’EPPS est stigmatisé par tous les acteurs locaux, y compris par la CAPS et par la Commission d’Enquête sur le CDT-Territoire Sud, alors il convient d’enfoncer le clou. Il est possible de réaménager l’espace de façon plus sensée, plus économe en imperméabilisation des sols, et plus respectueuse de notre environnement. Des propositions alternatives ont déjà été formulées. Elles pourront resurgir dans le cadre de la concertation effective prônée pour la révision de ce CDT, si la DUP est refusée en l’état.

L’enquête se clôt demain, mardi 5 au soir. Votre avis peut être recueilli en mairie ou par mail à l’adresse

[email protected]

A l’attention du Commissaire Enquêteur, M. Daniel Somaria.

Info Citoyen

Enterrer le Métro ?

Avr 16, 2015

Revenons sur la manifestation de Jeudi dernier, 9 avril,  qui réunissait environ 150 personnes.

Union des Associations de Sauvegarde du Plateau de Saclay

Union des Associations de Sauvegarde du Plateau de Saclay

Banderoles du Collectif "enterrez le Métro"

Banderoles du Collectif « enterrez le Métro »

Bâtiment de la CAPS au Moulon

Bâtiment de la CAPS au Moulon

 

Manifestation à l’initiative de deux organisations qui revendiquent l’enterrement de la ligne 18 (dite « verte » …) mais chacune avec son acception du terme :

  • enfouissement de l’ouvrage pour le Collectif « enterrez le Métro»,
  • abandon pour l’UASPS, au profit de solutions alternatives.

Mais les deux s’accordent pour juger le projet inacceptable dans sa forme actuelle :

Sur le plateau, de Saclay à Châteaufort, une saignée du gabarit d’un Boeing : 4 voies RD36, 2 voies TCSP, viaduc du métro, le tout en parallèle (en prime : une piste cyclable,  dans ces lieux bien agréables …).

On peut comprendre la colère des Villebâclais et des Castelfortains du Collectif, que cet axe tangente. Les Saclaysiens qui, bien qu’épargnés pour l’instant dans leur environnement immédiat, se rappelleront l’émoi du Bourg en 2006 devant le projet d’autopont de la RD36.

L’UASPS dénonce quant à elle un gaspillage d’argent public de par la démesure du projet étatique (voir son bulletin « la Voix du Plateau ») et propose de plutôt réhabiliter les réseaux ferrés existants dans les vallées pour y relier le Plateau par des transports souples ou innovants. Coût et délai moindres, besoins réels mieux satisfaits.

Une délégation des manifestants a été reçue par le Conseil Communautaire.

Dans la nuit, les Terres Fertiles, vous écoutent ...

Dans la nuit, les Terres Fertiles, vous écoutent …

Harm Smit, coordinateur COLOS/UASPS

Harm Smit, coordinateur COLOS/UASPS

Michel Bournat et Emmanuel Vandame

Michel Bournat et Emmanuel Vandame

 

Elle en est ressortie quelque peu dubitative :

  • D’abord de s’être fait reprocher de ne pas utiliser de bons moyens de communication avec la CAPS, laquelle faisait pourtant la sourde oreille aux revendications des maires concernés.
  • Ensuite de s’entendre dire que le trajet aérien Palaiseau-Saclay n’est pas négociable (impératif du 1er ministre ?). En dehors du fait que ce paysage mérite aussi de ne pas être gâché, cela hypothèque sérieusement la promesse de rediscuter de l’enfouissement après : il apparaît techniquement peu probable que le dénivelé puisse être absorbé sur la courte distance entre la gare de Saclay et Villiers-le-Bâcle.
  • Enfin, pas de rendez-vous avant un mois pour continuer à en parler.

Mais où sont donc passées les personnalités politiques qui soutenaient les 600 manifestants du 12 mai 2012 pour « enterrez le métro » ? Les élections passées, les motivations ont changé de bord. Que pèsent donc des riverains qui clament « NIMBY », même à juste titre ?

Et le collectif COLOS, dont fait partie l’UASPS, représente pourtant plus de 100 associations dans le périmètre de l’OIN. Avec des compétences manifestes et des analyses de qualité. Sera t’il plus écouté ?

Une lueur dans la nuit, une motion de revendication, sous-entendant des menaces envers l’EPPS, a été votée lors de ce conseil communautaire : pas encore du Michel Audiard, mais la CAPS se rebiffe …

En attendant l’enquête publique de janvier 2016, préparons-nous à suivre des débats animés en mai lors des réunions publiques SGP, dites de « concertation renforcée » :

  • le 12 à Versailles, le 18 à Antony, le 20 à Massy, le 26 pour le Plateau, et le 27 à Guyancourt.

Pour en savoir plus sur la contestation, voir les pétitions hébergées sur le site [email protected] :

Et pour garder la main avec les Enquêtes Publiques : en cours jusqu’au 5 mai, celle sur la Déclaration d’Utilité Publique de l’aménagement du secteur de Corbeville (DUP Corbeville). Attention, délai court et vacances scolaires, mais vous pouvez consulter les blogs associatifs habituels et adresser votre avis à :

[email protected]

Soyez nombreux à participer.

Info Citoyen

CDT Paris Saclay Territoire Sud – Répondre à l’enquête publique (bis)

Jan 15, 2015

L’enquête publique se clôt aujourd’hui à 18h.

Suite aux articles de décembre, vous avez sans doute déposé une contribution. Sinon il est bien tard pour vous motiver ou pour que vous détailliez. Vous pouvez encore transmettre votre avis par mail à Mme Catherine Marette,  Présidente de la Commission d’Enquête :
[email protected]
Cela peut être rapide, alors à vos claviers et n’oubliez pas de vous qualifier.
D’accord avec ce que vous avez déjà pu lire sur le sujet ? Pas de copier/coller intégral, les avis identiques ne seront comptés qu’une fois.
Pas d’accord ? Exprimez le, c’est la démocratie, profitez en !

Info Citoyen

Contrat de Développement Territorial – Répondre à l’enquête publique

Déc 14, 2014

La municipalité de Saclay, qui avait été sollicitée par La Charte AVB préalable aux élections municipales pour s’engager à une concertation  sur le CDT, a choisi de se limiter à la procédure légale minimum. Ce qui fait qu’ici ne s’est tenue aucune réunion publique d’échange sur les 54 fiches d’action du CDT préparé par l’EPPS (Titre III, page 34 et au delà), ni même sur les 10 fiches qui concernent directement notre commune : gare de Saclay/CEA (fiche 3 ) ; QoX et lisières (f. 5 et 8) ; Christ de Saclay (f. 21, 22, et 23) ; circulations douces (f. 20) ; RD36 (f. 25) ; déchets (f. 29) ; filières courtes (f. 43).

A défaut, le dossier d’enquête publique est bien sûr consultable en mairie, mais aussi sur le site de l’Etat en Essonne.

La seule réelle concertation menée par l’architecte urbaniste EPPS le fut avec les partenaires du Cluster et avec les signataires du CDT. En absence de véritable débat public, la porte ouverte vers les citoyens et avec le monde associatif fut surtout le site internet de l’EPPS pour consultation des avancées unilatérales du projet et dépôt à sens unique des objections. Le monde associatif a réagi par communiqués de presse et courriers vers l’EPPS, le préfet, et la Commission d’Enquête. Mais ce ne sont pas les ultimes réunions de présentation du CDT, à Orsay, Palaiseau et Bures, trop denses et magistrales, qu’on peut qualifier de concertation populaire.

La présentation d’Orsay a été relatée le 8 juillet 2014 dans monSaclay.fr par Dorothée Browaeys.

Alors qu’a donc de contractuel ce contrat ? Pas grand-chose car ce qui est soumis à l’avis citoyen, c’est une version ancienne, validée par un protocole signé par la CAPS et ses 7 maires concernés, dont trois ont disparu dans la tourmente des élections municipales, et que les nouveaux lauréats comptaient bien amender par motions modificatives.
Cette consultation sur l’ensemble du projet est de pure forme car trop tardive : l’aménagement est déjà lancé pour ses composantes essentielles suite aux différentes enquêtes élémentaires précédentes.

Pour faire passer la pilule, notons que ce CDT prévoit des équipements collectifs alléchants (collège fiche 37, lycée fiche 38, espace culturel fiche 39, hôpital fiche 49, centres de loisirs, etc …). Mais de l’aveu d’Antoine du Souich, directeur Développement Durable de l’EPPS, ces actions ne sont pas assorties de financement ! Donc ce CDT, sorte de « lettre au père Noël »,  n’est pas conforme au décret n° 2011-724 du 24 juin 2011.
Aurions-nous eu d’ailleurs autant besoin de ces équipements « structurants » sans l’énorme accroissement (50%) de population locale projeté ? Et combien nous coûteront ils finalement en impôts locaux ? CDT : Contrat de Dupes Taxées

Qu’on soit pour ou contre le Grand Paris, être conscient de la mascarade ne doit pourtant pas nous dispenser de répondre à l’enquête. Ce qui attire surtout les chercheurs, ce sont des projets de recherche suffisamment financés, bien plus que des infrastructures épuisant le budget. Alors ce contrat mal évalué doit évoluer, et nous pouvons peser pour en réduire la démesure de l’impact et du coût. En demandant par exemple :

  • le ralliement au CDT des 4 autres communes de la CAPS actuellement tenues à l’écart, car elles resteront solidaires financièrement au sein de la participation communautaire et supporteront une projection des effets négatifs / positifs ;
  • la suppression de la ligne 18 de métro pour éviter entre autres la préemption par l’Etat de 50 ha à urbaniser autour de chaque gare, et la menace que la prolongation de cette ligne fait peser à terme sur l’agriculture. D’autres solutions existent (voir UASPS) ;
  • le maintien dans leurs locaux des grandes écoles et universités qui, comme la fac d’Evry, peuvent très bien intégrer la FCS (Fédération de Coopération Scientifique) sans déménager ;
  • la révision de la terrifiante TOL (Territorisation de l’Offre de Logements) pour la ramener en proportion d’un cluster réduit
  • la reconnexion des rigoles coupées jadis par la RN118, pour ne pas rater d’opportunité de franchissement, comme pour la rigole de Corbeville avec le TCSP
  • la réduction de l’emprise de la RD36 en diminuant le nombre de voies entre le Christ et Chateaufort pour limiter l’expropriation de terres agricoles ;
  • la mise en culture (maraîchage, fermage …) des lisières qui devrait pouvoir réduire les 20 ha expropriés de la ferme de la Martinière
  • la création d’un Centre pédagogique de découverte du patrimoine au bord de la réserve ornithologique de l’étang Vieux

Ne vous privez pas de piocher dans toutes les suggestions disponibles sur les sites précités dans l’article du 13/12, et dans celles de «Terres Fertiles» :

Une participation facile par courriel a été rendue possible par le préfet de l’Essonne, en vous identifiant et en s’adressant à Mme la Présidente de la Commission d’Enquête dans la boîte fonctionnelle dédiée à cet effet.

Mais attention aux copier/coller entre amis, personnalisez votre avis car les contributions identiques ne sont comptées qu’une fois.

P.S. Il ne faut pas s’étonner que les Vigies hurlent des alertes quand les Cradoques pourrissent la planète. Me comprendront celles ou ceux qui auront lu le conte publié sur ce blog en début de semaine. Au nom de la compétitivité concurrentielle voulue par les C+, la coalition des , C%, et C* nous engage dans la course à l’attractivité illusoire. Une course de mégalomanes obsédés par l’étalage de « à qui aura la plus grosse ». De métropole bien sûr ! Qu’alliez vous penser ?

 

Info Citoyen

Contrat de Développement Territorial – Quel avenir pour le Plateau de Saclay ?

Déc 13, 2014

L’enquête publique relative au Contrat de Développement Territorial  » Paris-Saclay Territoire Sud » se clôt dans une semaine, le samedi 20 décembre. Si ce n’est déjà fait, il est grand temps de donner son avis. Avant de répondre, cela vaut peut-être la peine de réfléchir encore une fois sur le « Grand Paris ».

Alors décodons l’interview de Pierre Veltz, PDG de l’EPPS, dans l’Express du 19 novembre 2013.

Nous voyons dans ces propos comme un désir de rivalité, avec New-York, Tokyo, Londres ou Shanghai. C’est le rêve d’une transposition de Californie dans l’œil de la France, une sorte de 18ème nation du monde dont l’économie est supérieure à celle de la Suisse, et dont la prospérité subventionnerait le reste de notre pays. Une locomotive à grande puissance tractant les wagons provinciaux, se nourrissant de leurs ressources humaines et attirant les cerveaux. Pour aller où ? Vers le toujours plus ! Merci à Polytechnique …

En réalité, il faut le savoir, l’île-de-France est déjà cette puissance économique, scientifique, et universitaire. La première d’Europe. Mais d’une façon diffuse et discrète qui ne s’expose pas assez pour flatter l’ego des grands communicants dans la vitrine mondialisée. Alors on touille à son aise les établissements pour les accoler sur un plateau, car vue de Londres ou de Pékin, toute la région parisienne c’est une même petite tache qu’il faut illuminer. Ne parlons même pas d’y apercevoir des individus bousculés par cette agitation vers Saclay, transférés de la ville ou transfuges attendus de la campagne !

Ces individus invisibles, on pensera à eux par une « Territorialisation » de l’Offre Logements (TOL), n’en déplaise à ces Franciliens égoïstes qui, bien heureux d’occuper une maison ou un appartement dans un cadre de vie convenable, ne voudraient pas qu’on le gâche en y construisant encore pour les autres venus d’ailleurs ! Il faudrait donc retirer le pouvoir exclusif d’urbanisme à ces maires soumis à la pression de leurs électeurs rétifs. Car la région ne se dirige pas facilement : trop de collectivités territoriales représentent démocratiquement leurs habitants. Alors gloire aux mânes jacobines : accompagnons le renforcement de la centralisation économique par celui de la centralisation administrative. Il faut un Etablissement Public « Métropole Grand Paris« , et des intercommunalités géantes de grande couronne. Pour quelle gouvernance ? Celle qui éloigne le décisionnaire du citoyen qui ne devient plus de fait qu’un administré ! Merci à l’ENA …

Quant à moi, la vérité qui me dérange n’est pas une de celles énoncées par Pierre Veltz. Ce qui me dérange, c’est que pour oublier les 30 honteuses, on reprenne les recettes périmées des 30 glorieuses en tenant bien peu compte de la nécessaire transition écologique. Mais abandonnons momentanément ces visions et interrogeons-nous sur le CDT. Qu’en savons-nous ?

Nous recevons tous « Le Castor de la Bièvre », et nous consultons Internet et le blog « monSaclay », aussi contentons-nous de renvois à ces sources d’information.

L’objet et les enjeux de ce CDT avaient été introduits dans le Castor 72 de mai 2012. Pour son contenu, les studieux peuvent se reporter aux 220 pages du contrat projet sur le site municipal.
Et les curieux peuvent encore visiter l’exposition « Paris-Saclay, le futur en chantier(s) » sur place ou en ligne.

Enfin pour ceux que la simplicité d’expression de la vision de Pierre Veltz ne contente pas, et qui souhaiteraient ingérer un bouillon de culture technocratique, voir l’avis de l’AIGP (Atelier International du Grand Paris) :

Ce contrat a ses chauds partisans : une ville nouvelle de 30.000 habitants entre Palaiseau et Gif, ça n’est pas plus étendu ni encore aussi peuplé que de La Défense au Louvre, et ça offre un beau cluster « paysagé Michel Desvigne » qui va redynamiser notre territoire (quasi exsangue n’est ce pas, avec seulement Massy, Courtaboeuf, et Vélizy) et par extension la France toute entière …

Mais aussi ses détracteurs institutionnels. Les associations et les collectifs de défense de l’environnement ont pris unanimement position contre l’accroissement sans fin de l’Ile de France. Leurs avis documentés et critiques sur la démesure et les conséquences masquées du projet abondent :

  • Les AVB déjà dès le Castor n°69 de 2010, et toujours dans le récent Castor n°77
  • COLOS et Ile de France Environnement dénoncent le gaspillage, avec Harm Smit ;
  • L’UASPS, dans sa « Voix du Plateau  » enfonce aussi le clou sur les fondamentaux illusoires ;
  • Et bien d’autres liens sur le site très documenté et très contestataire du collectif citoyen « Moulon 2020 »

En résumé, il est indéniable que le développement prévu implique à terme une importante modification de notre cadre de vie et de sa qualité. Car l’EPPS dans son Schéma de Développement Territorial, (voir l’objectif « logements » en page 19), a fait fi des promesses mesurées arrachées en 2008 à la mission de préfiguration de l’OIN.

Vous avez bien potassé le sujet ? Alors vous êtes prêts à répondre à l’enquête publique. Sinon,  allez voir l’article du 14/12.

 

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