Environnement, Grand Paris

En Ile-de-France, le recul des terres agricoles alarme le monde paysan

Août 31, 2012

Source : AFP Par Valentin BONTEMPS 31/08/2012

Elles perdent du terrain chaque année au profit de la ville et des zones commerciales. En Ile-de-France, la disparition progressive des terres agricoles inquiète le monde paysan, qui s’alarme de la pression foncière liée à l’étalement urbain.

Parcelles coupées en deux par des infrastructures routières, champs dévorés par les lotissements… « L’agglomération parisienne avance comme un rouleau compresseur. Ca fait des années que ça dure mais plus le temps passe, plus c’est inquiétant », soupire Damien Greffin, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) d’Ile-de-France.

Chaque année, la région perd ainsi entre 1.000 et 2.500 hectares de terres cultivables, au gré de la conjoncture économique. Et la tendance ne devrait pas s’inverser prochainement, à en juger par les projets en cours.

« Chaque commune veut son pôle d’activité, chacun veut son centre commercial », regrette Damien Greffin. « On additionne les projets qui, au final, ne sont pas tous rentables. On ferait mieux de concentrer les efforts sur certains secteurs ».

Les élus ne sont toutefois pas seuls en cause. « Si nous avons des pressions si importantes, c’est aussi de la faute de la profession, qui est la première à vouloir des terres constructibles pour se faire ou se refaire une santé », pointe Jacques Porcher, de la Confédération paysanne.

Quand une terre est constructible, le prix du mètre carré s’envole. Et pour nombre d’agriculteurs, notamment les retraités qui ont de petites pensions, il est tentant de poursuivre une stratégie spéculative… quitte à accroître le recul de la campagne.

Exit les maraîchers

Pour les jeunes agriculteurs, le phénomène n’est pas sans conséquence. « Aujourd’hui, il est impossible de trouver des terres libres. S’installer, quand on a pas de foncier, est devenu très difficile », constate Pierre Bot, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs d’Ile-de-France.

Parmi les principaux concernés: les maraîchers. « En dix ans, l’Ile-de-France a perdu 71% de ses exploitations maraîchères. En proche et moyenne couronne, elles ont quasiment disparu », souligne Julie Ruault, de l’association Terre de liens, qui aide les paysans à s’installer grâce à un réseau d’épargne citoyenne.

Une situation paradoxale, alors que la demande de fruits et légumes de proximité est très élevée. « Les maraîchers qui s’installent n’ont aucun souci de débouchés. Il y a une très forte demande, notamment via les Amap » (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, qui mettent en lien producteurs et consommateurs), assure la jeune femme.

Conscients du problème, les pouvoirs publics ont posé des premiers jalons pour contenir l’étalement urbain, à l’image de la Région Ile-de-France qui a intégré en 2008 à son schéma directeur la notion de « fronts urbains intangibles ».

« Sur le papier, il y a une légère prise de conscience, mais sur le terrain, rien ne change. Il y a encore beaucoup de gaspillage de terres », regrette Damien Greffin.

Dans le « triangle de Gonesse » (Val-d’Oise), près de 700 hectares sont ainsi menacés par des projets commerciaux, dont le futur complexe Europa City. Et sur le plateau de Saclay (Essonne), de nombreuses exploitations devraient être amputées, avec la création du « cluster scientifique » prévu par le Grand Paris.

« On n’est pas opposés à toute forme d’urbanisation. Mais dans tous ces projets d’aménagement, les terres agricoles sont des variables d’ajustement », estime Pierre Bot. « On crie +au Loup+ mais ça fait soixante ans que ça dure. J’ai peur que demain on se réveille trop tard ».

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1 Comment

  • Reply Demanci Sep 1, 2012 at 1 septembre 2012 23:12

    Cet article est rempli de mauvaise foi : il est évident beaucoup de ces pseudo-ecologistes qui veulent soi disant la protection des terres agricoles sont en fait des propriétaires sous a la retraite ou tres aises, qui estiment avoir paye dur leur maison pour être tranquilles, qui ne veulent pas d’urbanisation autour d’eux, synonyme selon eux de cris d’enfants, d’embouteillages, de mixite sociale…, et qui veulent maintenir une penurie de logement pour que leur maison prennent de la valeur.

    Nous jeunes trentenaires ne sommes dupes !!! Et le gouvernement actuel encore moins! On va construire en masse, que cela vous plaise ou non car tout le monde merite d’etre loge!

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