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Le storytelling à la presse sur la Ligne 18

Fév 25, 2016

Le 18 février 2016, la Société du Grand Paris (SGP), maître d’ouvrage de la réalisation du Grand Paris Express, a invité des journalistes pour une visite en autocar du tracé de l’éventuelle future Ligne 18.

Un reportage de cette visite a été réalisé en temps réel sous forme de brèves sur Twitter (des « tweets ») émis par Paris-Saclay, c’est-à-dire des représentants de l’Établissement public d’aménagement de Paris-Saclay (EPAPS).

Dans la perspective de l’enquête publique dont cette ligne va faire l’objet du 21 mars au 26 avril 2016, cette tournée avait sans doute pour but d’endoctriner la presse sur les avantages et les bienfaits de la Ligne 18.

Or, l’information fournie à la presse est extrêmement subjective et mérite donc d’être complétée et/ou rectifiée, afin de « remettre l’église au milieu du village ». C’est pourquoi COLOS a publié, surtout à l’attention de la presse, un document commentant le reportage de Paris-Saclay.

En voici la conclusion.

 

Ce que la presse devrait retenir de cette visite

  1. Pour la desserte du plateau de Saclay par les transports collectifs, la ligne 18 n’est en rien indispensable. Ce serait une solution disproportionnée et ruineuse sur le plan paysager comme sur le plan financier : incompatible avec l’état des finances publiques, déjà mises à rude épreuve.
    Elle ne profiterait qu’à une faible minorité d’usagers, mais même pour celle-ci sa réalisation arriverait en retard d’une bonne dizaine d’années par rapport à leurs besoins.
  1. Les arguments avancés en faveur de la ligne 18 – qu’on retrouve dans la plaquette distribuée à tous les habitants des communes jouxtant son tracé – sont tous fallacieux:
  • « gains de temps » : ils sont illusoires puisque mises à profit pour faire des déplacements plus longs, de sorte que le « budget temps de déplacement » du Francilien moyen est à peu près constant depuis les 40 ans qu’on le mesure ;
  • « liaison avec d’autres clusters et avec les aéroports » : relève des déplacements travail-travail et représente donc un trafic négligeable ne justifiant aucunement un transport capacitaire ;
  • « délestage du RER B » : sera quasi-nul (avis du STIF) ;
  • « report modal (voiture vers transports collectifs) » : ne sera que de 0,5 % (avis de la DRIEA).
  1. Le plateau de Saclay n’a nul besoin d’être « désenclavé » puisque des lignes de RER passent à proximité immédiate, aucun point du plateau n’est éloigné de plus de 3 km d’une gare de RER.
    Il suffit d’organiser le rabattement entre les lignes de RER et les pôles du cluster ; étant donnée la configuration topographique du plateau, le téléphérique urbain est le moyen tout désigné. Cette solution offre une capacité de débit amplement suffisante. Contrairement à la ligne 18, elle ne sert pas qu’aux Parisiens, mais aussi aux habitants des vallées limitrophes, d’où un réel potentiel de report modal, y compris vers les « modes actifs ».
  1. De l’avis de tous les experts consultés, le vrai problème de desserte du plateau de Saclay n’est pas celui des transports collectifs mais celui de la circulation routière car dans un secteur peu dense les transports collectifs ne peuvent économiquement concurrencer les automobiles. Aussi, la voiture est-elle de beaucoup le moyen préféré pour se rendre sur le plateau de Saclay (à présent 80 %) et le restera-t-elle, avec ou sans ligne 18.
  2. Pour ne pas aboutir à un résultat perdant-perdant (pour l’attractivité du cluster comme pour les habitants du secteur), il n’y a pas d’autre solution que de diminuer les ambitions démesurées du cluster Paris-Saclay, qui n’ont jamais été soumises à débat public.
    Il faudra non seulement renoncer à la ligne 18, mais également au déplacement inutile vers Saclay d’établissements comme AgroParisTech.

Si le projet de cluster poursuit sa trajectoire actuelle, ce sera la Ligne Maginot du 21ème siècle :

  • concocté par quelques individus dans une tour d’ivoire ministérielle, sans aucune concertation avec la société civile ni aucune contre-expertise indépendante,
  • avalisé par un parlement docile,
  • réalisé à grands frais sur le dos du contribuable,
  • se soldant par un échec retentissant.
Info Citoyen

Conférence COLOS sur les transports franciliens

Nov 27, 2015

Dans la perspective des élections régionales des 6 et 13 décembre, COLOS organise une conférence-débat publique

Les transports franciliens
à travers le prisme des élections régionales

le mardi 1er décembre 2015 à 18h00, à l’hôtel de ville de Bures-sur-Yvette, situé à proximité de la gare du RER B du même nom.

Cette conférence sera présentée par Jean-Pierre ORFEUIL, expert en transports et mobilités.

L’annonce en précise les détails.

Info Citoyen

Conférence-débat publique COLOS ‘Transport par câble RER-plateau de Saclay : une urgence’

Juin 16, 2015

Le 23 juin 2015 à 19h, COLOS organise une conférence-débat publique à l’École polytechnique sur le thème de la desserte du plateau de Saclay utilisant les RER et des moyens de transport par câble, en particulier des téléphériques urbains.

Il y a un an, nous avons publié un article mettant en avant les avantages de ce type de desserte pour le cas particulier du plateau de Saclay, lequel est bordé de vallées aux pentes abruptes qui ne facilitent guère la circulation routière. Le transport par câble a précisément été inventé pour affronter ce type de problème topographique.

La conférence fera intervenir Pierre Serne, vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France et du STIF (Syndicat des transports d’Ile-de-France), l’autorité organisatrice de tous les transports franciliens, ainsi que Yoann Rispal, chef du projet Téléval, un projet de téléphérique urbain en cours de réalisation dans le Val-de-Marne, et des représentants de la société POMA, le champion français dans ce domaine technologique.

La parole sera également donnée aux représentants des communes de Palaiseau et d’Orsay, les plus directement concernées, pour qu’ils présentent leurs points de vue respectifs sur la mise en place concrète des solutions proposées.

L’annonce de cette conférence-débat publique en précise les détails, y compris le plan d’accès.

Agenda, Environnement, Grand Paris, Info Citoyen, Paris-Saclay, Plateau de Saclay, Transport

Manifestation contre le métro Ligne 18 du Grand Paris Express le jeudi 9 avril 2015 devant les locaux de la CAPS

Avr 7, 2015

Le futur campus urbain imaginé par l’Établissement Public Paris -Saclay (EPPS) sur la frange sud d u plateau de Saclay avance à marche forcée. Il prévoit une programmation de plusieurs millions de m² répartie entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche, activités économiques et logements.

À l’horizon 2025, une « ville nouvelle » de quelque 35 000 habitants devrait voir le jour sur les 7 k m entre Saint-Aubin et Palaiseau, desservie par un transport lourd sous forme de la Ligne 18 du Grand Paris Express (GPE). Lors du débat public de la CNDP sur le réseau de transport du Grand Paris (« Grand Huit ») d’octobre 2010 à janvier 2011, différents experts réputés avaient sévèrement critiqué le projet. Ces avis très pertinents ont été superbement ignorés tant dans le compte rendu du débat public que dans « l’acte motivé » de la Société du Grand Paris, pourtant supposé indiquer comment les avis exprimés au cours du débat étaient pris en compte. De nombreuses objections exprimées dans ces avis d’expert se retrouvent dans une étude solidement étayée, publiée récemment par le Cercle des transports. Il en va de l’intérêt national que cette fois-ci l’avis des experts soit entendu : nous n’avons pas les moyens de mener de front la modernisation du réseau existant et le Grand Paris Express, dont le coût d’investissement est colossal et qui majore de 50% les coûts d’exploitation, lesquels sont déjà à la dérive.

Pour le Grand Huit, on pariait que la crise économique allait être très éphémère ; cinq ans plus tard, il est grand temps de se rendre à l’évidence de la croissance molle durable au lieu de continuer comme si de rien n’était. Le rapport montre qu’on peut faire beaucoup mieux, à un coût très nettement inférieur, dans des délais bien plus rapprochés. L’attractivité du Grand Paris n’a rien à y perdre !

La Ligne 18 du GPE s’inscrit dans la même trajectoire: on veut y engager une somme faramineuse pour construire un métro qui ne servira au mieux qu’à 5 000 voyageurs à l’heure de pointe. En organisant le rabattement sur les gares de RER B et C, avec des téléphériques et des navettes, on résoudrait le problème de la desserte du plateau de Saclay depuis Paris, économisant ainsi 6 à 9 milliards d’euros en investissement (en comptant les habituels dépassements) et des dizaines de millions d’euros de frais de fonctionnement annuels.

On éviterait aussi un décalage d’une bonne décennie entre l’arrivée des établissements et de ce métro. Enfin, on ouvrirait une réelle perspective de report modal pour les usagers du plateau habitant les vallées limitrophes – beaucoup plus nombreux que les usagers parisiens – qui encombrent les routes d’accès au plateau et pour qui la Ligne 18 ne serait d’aucune utilité.

En effet, le vrai problème de la desserte du plateau va être d’affronter le formidable accroissement du trafic routier induit par la démesure du projet Paris-Saclay. Or, personne n’a de solution à ce problème !

Qui sommes-nous ?

L’UASPS, association créée en 1988, regroupe 19 associations de défense de l’environnement et du cadre de vie, implantées sur le plateau de Saclay et dans les vallées limitrophes. Membre de l’union régionale Ile-de-France Environnement (IDFE) et membre fondateur du Collectif OIN Saclay (COLOS), elle est agréée sur le plan régional.

 

Manifestation « NON au métro, OUI aux solutions alternatives »

Date et heure : 9 avril 2015 à partir de 18h15

Lieu : devant les locaux de la CAPS, 1 rue Jean Rostand, Park Club Orsay Université

Accès par la route :

  • Sortie 9 de la RN 118 (« Centre universitaire, Grandes écoles »)
  • Au rond-point de Corbeville, 3ème sortie : rue Noetzlin, continuer sur 360 m
  • Au rond-point Noetzlin, 3ème sortie : rue d’Arsonval, continuer sur 380 m
  • Au rond-point Chemin du Petit Saclay, 1ère sortie : rue Jean Rostand, continuer sur 150 m
  • Locaux de la CAPS : premier bâtiment à gauche après entrée dans le Park Club

Pour en savoir plusUASPS – Non au métro gouffre financier

Environnement, Info Citoyen, Paris-Saclay, Plateau de Saclay

Paris-Saclay : gaspillage d’argent public par milliards

Nov 30, 2014

Paris – A l’occasion de l’exposition Le futur en chantier(s) organisée par l’Établissement public Paris-Saclay (EPPS) du 28 au 30 novembre 2014 à Paris, pendant que se déroule l’enquête publique sur le CDT « Paris-Saclay Territoire Sud », l’union régionale des associations de défense de l’environnement Ile-de-France Environnement (IDFE) et le Collectif OIN Saclay (COLOS) émettent conjointement un communiqué de presse afin d’attirer l’attention sur les mauvaises bases sur lesquelles repose le projet Paris-Saclay : celles d’un chantier du futur bâti sur un concept du passé, le cluster.

Rappelons que c’est sous le titre Le scandale du plateau de Saclay que Christian Blanc, dans son livre La croissance ou le chaos (Odile Jacob, 2006), se plaignait de ce que les établissements renommés de recherche et d’enseignement supérieur du plateau de Saclay ne produisaient pas des centaines de start-up par an, comme dans la Silicon Valley. Il proposait alors d’y plaquer le concept académique américain de cluster. C’est quasiment son projet qui est en train de se réaliser sur la frange sud du plateau, sous forme d’une ville nouvelle de quelque 35 000 habitants, desservie par un métro lourd.

Or, le véritable scandale du plateau de Saclay est que l’on y gaspille l’argent public par milliards !

Dans l’intérêt de tous, IDFE et COLOS demandent

  • de revoir sérieusement à la baisse les ambitions démesurées et irréalistes du cluster ;
  • l’abandon de la ligne 18 du Grand Paris Express au profit d’une desserte du plateau utilisant les infrastructures existantes ;
  • de revoir le CDT de fond en comble, sur la base d’hypothèses réalistes et non de chimères ;
  • que soient interrogés, au-delà des discours incantatoires, les réels mérites du projet Paris-Saclay, qui n’a fait l’objet d’aucune expertise indépendante, ni du moindre débat public.

Pour IDFE : Dominique Duval, présidente.

Pour COLOS : Harm Smit, coordinateur.

Pour télécharger le communiqué de presse : http://www.colos.info/images/doc/Communique-presse_IDFE-COLOS_Paris-Saclay.pdf.

Pour télécharger l’avis de COLOS sur le CDT : http://www.colos.info/images/doc/CDT-Paris-Saclay-Territoire-Sud_des-fondamentaux-qui-n%27en-sont-pas.pdf.

A lire aussi, La voix du Plateau n° 17 de l’UASPS : http://www.colos.info/images/doc/La_Voix_du_Plateau_n17_17-11-2014.pdf.

Environnement, Info Citoyen, Plateau de Saclay

Lettre ouverte : aménagement de la RD 36 et circulations douces sur le plateau de Saclay

Jan 25, 2013

L’UASPS, créée en 1988, regroupe l’ensemble des associations de l’environnement des communes du plateau de Saclay, dont l’objectif est la sauvegarde de l’environnement et du cadre de  vie, ce qui comprend notamment les circulations douces sur ce territoire.

C’est ainsi que nous écrivions dans notre bulletin « La Voix du Plateau n°15 » :

« Le plateau de Saclay, resté en grande partie un espace rural malgré sa proximité de Paris, est  encore sillonné par de nombreux chemins ruraux. Ces chemins sont notamment répertoriés dans  chaque commune dans l’« Etat de reconnaissance » dressé en application de la loi du 20 août  1881. Certains sont en outre inscrits actuellement dans divers itinéraires de randonnée ou encore  au PDIPR (Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée) de l’Essonne et  des Yvelines. Le plateau et ses vallées sont notamment traversés par le GR de Saint Jacques de  Compostelle, le GRP du Hurepoix, le GRP de la Ceinture verte… Mais le plateau possède aussi un  autre atout important. Il est sillonné par un réseau de rigoles, dont la destination première était  l’alimentation des fontaines de Versailles. Ce réseau est en cours de réhabilitation, ce qui inclut la  réalisation de chemins nécessaires pour son entretien. L’addition de ces deux réseaux fournit un  maillage important de chemins qui permettent d’assurer la desserte de l’ensemble des bourgs et  des centres d’activité. »

Dans toutes ses interventions sur l’aménagement du plateau, notre Union a toujours considéré  que ces chemins étaient un élément important favorisant à faible coût les communications entre les  différents centres d’activité du plateau.

L’association ADER, membre de notre union, a réalisé une carte des voies de circulations douces  existantes sur le plateau de Saclay, dont vous trouverez ci-joint une reproduction au format A4 ; une  version PDF éditable dans un format supérieur est disponible en ligne sur le site de COLOS

(http://www.colos.info/images/doc/ADER_carte-chemins_plateau-de-Saclay.pdf).

Le projet d’aménagement de la RD 36 soumis à enquête publique coupe un certain nombre de  ces chemins et compromet la communication entre le nord et le sud plateau comme nous l’avons  signalé dans nos avis lors des différentes enquêtes sur l’aménagement de cette route :

– L’enquête d’utilité publique sur le projet de requalification de la RD 36 en 2010, pour laquelle  la commission d’enquête avait émis la réserve et la recommandation suivante, qui n’ont pas  été suivies d’effet :

 réserve 5 :

« Que le Conseil Général présente l’essentiel des études de trafic qui ont conduit au projet  proposé ; date des enquêtes O/D, trafic mesuré, logiciel utilisé et hypothèses faites pour  élaborer les prévisions de trafic, conclusions sur la validité du choix de gabarit retenu. »

 recommandation 4 :

« Que le Conseil Général expose plus en détail les raisons du choix de la solution retenue pour  le tracé des circulations douces. » Et l’Autorité Environnementale souligne dans son avis qu’ « une des priorités du Grenelle de  l’Environnement, la préservation et la restauration des continuités écologiques » n’était pas  respectée.

L’enquête parcellaire de décembre 2012, dans laquelle nous avons repris nos remarques  précédentes en précisant que :

« .… Le projet prévoit certes de créer une piste cyclable et un chemin piétonnier le long de la  voie routière, mais cela ne couvrira qu’une faible proportion des besoins. En revanche, comme  nous l’avions signalé, le tracé de la RD 36 coupe certains chemins orientés nord-sud. C’est le  cas notamment du chemin rural CR 28, qui mène de Vauhallan à Orsay en passant par la  Martinière et qui figure sur de nombreuses cartes et itinéraires. Ce chemin devrait voir  conforter sa vocation de liaison douce entre Igny et Vauhallan et notamment l’Université  Paris XI d’Orsay et le futur campus Paris-Saclay. …. ».

Les chemins de circulations douces devraient former une partie intégrante du maillage fin à créer  pour les déplacements entre les différents lieux de vie et d’activité du plateau, facteur déterminant  de la réussite du projet de campus Paris-Saclay. Déjà aujourd’hui, il existe une forte demande dans ce  domaine.

S’inscrivant dans une perspective d’écomobilité, le développement des circulations douces  permet d’induire un report modal, donc de réduire la pression sur les autres formes de déplacement.

Or, comme en témoigne le cas précité des cheminements nord-sud coupés par la RD 36, ces  différentes formes de circulation sont à présent traitées de façon autonome, sans tenir compte de  leurs interférences.

Aussi demandons-nous que soit défini un projet global et cohérent de développement des  cheminements sur le plateau de Saclay, englobant à la fois les routes – dont il est impératif de  fluidifier le trafic aux points noirs actuels – et les chemins de circulations douces – dont on assurera  la continuité –, sans oublier les voies de passage pour la faune : la « continuité écologique ».

Lionel Champetier
Président

Lettre ouverte pour les circulations douces

Environnement, Grand Paris, Plateau de Saclay

Risque de déraillement pour le Grand Paris Express

Oct 22, 2011

[article initialement paru dans le numéro 138 (octobre 2011) du mensuel Liaison publié par Ile de France Environnement] 

saclay grand paris monsaclayDe nombreuses inconnues subsistent pour des aménagements dont Maurice Leroy, ministre en charge du Grand Paris, a déclaré : « ce projet nous dépasse tous. »

Un décret du 24 août 2011 a entériné le « schéma d’ensemble » du futur réseau de transport « Grand Paris Express », objet de l’accord entre l’Etat et la Région du 26 janvier, accord qui avait été adopté par la Société du Grand Paris le 26 mai.[1] Ce réseau combine des éléments des projets de l’Etat (« Grand 8 ») et de la Région (Arc Express). Il comprend trois lignes de métro automatique de 175 km et 72 gares, dont 57 nouvelles. La ligne bleue (Orly – St. Denis) prolonge la ligne 14. La ligne rouge est une rocade en proche couronne Le Bourget – Clichy-Montfermeil – Villejuif – La Défense – Roissy. La ligne verte, Orly – Saclay – Versailles avec un hypothétique futur prolongement vers Nanterre, a changé de nature : le métro lourd souterrain est remplacé par un « métro léger » aérien de type VAL avec trois arrêts sur le plateau de Saclay au lieu d’un seul. Certains tronçons devraient s’ouvrir en 2018, d’autres en 2025, dont Orly-Versailles [2], le reste étant renvoyé aux calendes grecques.

Des sommes faramineuses

Pour financer l’énorme investissement de 20,5 milliards d’euros, l’Etat devrait engager 4 milliards et les collectivités 1,5 milliard. Financement complété par des taxes sur les bureaux et un emprunt à long terme de 9 milliards. Mais ces sommes ne représentent que le sommet de l’iceberg. D’abord, l’amélioration des infrastructures existantes, dont les débats publics ont confirmé l’impérieuse nécessité, coûtera 12 milliards. Ensuite, les estimations ne couvrent ni le raccordement au réseau existant, ni la desserte autour des gares. Enfin, il y aura des dépassements. Selon Bent Flyvbjerg [3], un grand projet d’infrastructures de transport a 86 % de chances de voir ses coûts sous-estimés et le taux moyen de sous-estimation d’un grand projet ferroviaire est de 45 %. La Cour des comptes, elle, constate un écart moyen de 92 % entre le coût prévisionnel et le coût final d’un projet inscrit au contrat de plan Etat-Région 2000-2006.

Il faudra rajouter les frais de fonctionnement. Le rapport Carrez relatif au projet du Grand 8 a évalué les frais de fonctionnement des réseaux franciliens à 43 milliards pour la période 2010-2025 : 19 pour le nouveau réseau et 24 pour faire face à la dérive continue de déficit du réseau actuel. Or, la billetterie ne couvre que 30 à 40 % du budget actuel du STIF (8 milliards), le reste étant à la charge des entreprises et des collectivités.

Un pari à haut risque pour les finances publiques 

Certes, on ne doit pas lésiner sur les investissements d’avenir. Dixit le Président de la République en juin 2007 (avant la crise), au sujet du financement des infrastructures : « ce n’est pas une honte de s’endetter pour cela, car cette dette-là ne finance pas le présent mais l’avenir. Elle représente un passif, mais aussi un actif. Le tout est que la valeur de cet actif justifie celle du passif. » Mais justement… rien ne permet d’affirmer qu’au-delà des formules incantatoires, le projet du Grand Paris améliorera réellement les perspectives d’avenir de l’Ile-de-France et encore moins celles de la France. D’autant plus que la crise économique est loin d’être derrière nous !

Dans son article « Les comptes fantastiques du Grand Paris », l’urbaniste Frédéric Léonhardt évoque un « Grand Canyon financier » et affirme que « tous les ingrédients d’un crash industriel public sont réunis. » Pour sa part, l’urbaniste Jean-Pierre Orfeuil avait déjà, dans sa contribution au débat public « Grand Huit, un grand pari non durable », rappelé à la Société du Grand Paris ce qui figure sur les offres de prêt : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. » Dans un récent article « Dix ans de ‘droit à la mobilité’, et maintenant ? », ce spécialiste des mobilités urbaines arrive par ailleurs à la conclusion que notre approche de la mobilité a fait la preuve de son inadéquation et doit être repensée.

Harm Smit
Coordinateur
Collectif OIN Saclay (COLOS)


[1] On se souviendra que dans leur accord du 26 janvier, l’Etat et la Région avaient acté leur désaccord sur la desserte du plateau de Saclay. Que s’est-il passé depuis le 26 janvier ? Nous avons appris de source fiable que la Région a lâché du lest sur le plateau en échange de l’engagement de l’Etat sur sa part de financement du Plan de Mobilisation Régional.

[2] Entre-temps, le 10 octobre, le Président de la République a déclaré : « Afin de créer les conditions favorables à l’arrivée d’institutions prestigieuses sur le plateau [de Saclay], je demande aux ministres concernés d’examiner les moyens permettant d’assurer une desserte par métro automatique le plus rapidement possible et en tout cas avant 2018. » Cela semble relever du rêve… Rappelons, une fois de plus, que cette ligne de métro ne résoudra qu’une petite partie des problèmes de transport induits par les projets d’aménagement du plateau.

[3] Chercheur danois, professeur à l’université d’Oxford.

 

Agenda, Grand Paris, Info Citoyen, Plateau de Saclay, Transport

Conférence-débat COLOS sur le Grand Paris le 22 juin

Juin 13, 2011

Le Collectif OIN Saclay (COLOS, www.colos.info) organise une conférence-débat « Grand Paris – l’urbanisme, l’aménagement et les transports en question », le 22 juin à Bures-sur-Yvette, avec le concours de deux urbanistes chevronnés, Marc Wiel et Gérard Lacoste. Ces deux experts ont eu l’occasion d’intervenir dans le débat public sur le réseau de transport du Grand Paris, chacun pendant dix minutes lors de la séance du 30 novembre 2010 à Jouy-en-Josas, mais leurs contributions ont été ignorées.
L’annonce de cet événement en précise les détails : http://www.colos.info/images/doc/Annonce_conference-debat_COLOS_22-6-11.pdf.

Grand Paris, Info Citoyen, Plateau de Saclay, Transport

Le plateau de Saclay « mal-traité » par l’accord Etat-Région

Mar 23, 2011

Le métro automatique, une des solutions annoncées ne répond pas aux besoins et aux attentes des associations et des habitants

Comme expliqué dans Liaison de février, l’Etat et la Région ont annoncé le 26 janvier un protocole d’accord sur les transports franciliens qu’ils qualifient d’« historique », bien que cette annonce n’engage pas réellement les deux parties. Concernant les principes de développement et de desserte du plateau de Saclay, cible majeure de tout le projet Grand Paris, cet accord ne fait que concrétiser un… désaccord qui est formulé comme suit :

Pour l’Etat : la desserte du plateau de Saclay dans les conditions prévues par la loi relative au Grand Paris de façon à relier ce territoire à Paris en moins de 30 minutes et à Roissy en moins de 50 minutes constitue une priorité dans la perspective du développement maîtrisé du pôle d’excellence et de l’ensemble du plateau de Saclay. Cette desserte doit être assurée au travers de la réalisation d’un métro automatique opérationnel dès 2020. Le tracé et les modalités de réalisation de cette infrastructure ne pourront pas créer de coupure nouvelle au sein de la zone de protection agricole, forestière et paysagère prévue aux articles 141-5 et suivants du code de l’urbanisme.

Pour la Région : la desserte du plateau de Saclay appelle une réponse réaliste et équilibrée par la création d’un bus à haut niveau de service sur le plateau (dont certaines sections sont déjà en service), qui pourra évoluer par la suite vers un tramway. Ces projets du plan de mobilisation offrent des connexions efficaces avec le réseau métropolitain et les pôles de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, Massy et Orly. Cette solution correspond aux perspectives de développement du secteur.

Le point de vue de COLOS (1) sur ce désaccord se résume de la façon suivante.

Sur la position de l’Etat

Comme les experts indépendants reconnus en matière d’urbanisme et de mobilité, qui s’expriment tous de manière critique sur les orientations et postulats du projet de l’Etat, nous continuons à insister sur le manque de pertinence du projet de Christian Blanc, repris par le Président de la République.

Carte Metro Saclay

Le passage d’un métro automatique est une solution inadéquate, car ne répondant qu’à des besoins marginaux et non aux besoins réels. Avec un coût exorbitant pour les générations futures. Il arrive 10 à 15 ans trop tard par rapport aux besoins considérables créés par l’implantation du campus sur le plateau. Il s’inscrit dans une logique de construction de ville nouvelle et constitue inévitablement l’amorce d’une urbanisation massive du plateau.

Sur la position de la Région

Son approche est plus réaliste que celle de l’Etat, mais la desserte au milieu du plateau par un TCSP ne constitue qu’une solution très partielle : seule une personne sur cinq travaillant sur le plateau y entre par Massy-Palaiseau ou Versailles-St. Quentin.

Dans nos préconisations

Ni l’approche de l’Etat, ni celle de la Région ne prennent en compte la dimension locale de la desserte du plateau. Nous avons toujours averti (et rappelé dans notre cahier d’acteur) que la configuration de ce territoire y impose des contraintes particulières à l’organisation de la mobilité. Nous plaidons en faveur d’une irrigation par les lignes de RER B et C qui entourent le plateau et doivent être rénovées d’urgence. Or, le protocole d’accord ne mobilise aucun financement pour le RER B, et le financement au profit du RER C ne semble pas couvrir l’amélioration de la branche Massy-Versailles. Et reste à mettre en place un réseau capillaire articulé sur les gares de RER, au travers d’une approche innovante, soucieuse d’économie d’énergie et basée sur une flotte de navettes légères.

Harm Smit

Coordinateur

(1)Collectif OIN-Saclay (COLOS)

[email protected] et www.colos.info

 

Paru dans le mensuel « Liaison » publié par Ile-de-France Environnement, édition n° 133 de mars 2011

Environnement, Grand Paris, Plateau de Saclay

Plateau de Saclay – Projet Grand 8 : la position du collectif COLOS

Jan 12, 2011

Le débat public sur le projet de réseau de transport du Grand Paris (RGP), surnommé Grand 8, est en cours depuis le 30 septembre 2010 jusqu’à fin janvier 2011. Une réunion publique importante pour notre secteur aura lieu le 19 janvier à 20h00 à Supelec.

Rappelons que le collectif associatif et apolitique COLOS (Collectif OIN Saclay) – créé en 2006, sous l’égide d’Ile-de-France Environnement (IDFE) – comprend l’Union des Associations de Sauvegarde du Plateau de Saclay (UASPS), l’Union des Amis du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse (UAPNR), l’association des Amis du Grand Parc de Versailles (AGPV) et l’Union Essonne Nature Environnement (ENE). Cet ensemble de plus de 100 associations couvre la totalité du territoire de l’OIN décidée par l’Etat fin 2005, centré sur le plateau de Saclay et comprenant 49 communes. Connaissant bien ce territoire, COLOS concourt à la sauvegarde et la mise en valeur de son patrimoine et de son cadre de vie.

Dans le cadre du débat public, COLOS a déposé un cahier d’acteur, articulé autour de quelques aspects clés du dossier, surtout centrés sur le plateau de Saclay :

  • Le discours fallacieux sur les villes-monde et leur prétendue concurrence, qui constitue la justification de fond du projet et dont on déduit la fatalité d’une expansion démesurée de la région capitale, donc d’un retour en arrière en matière de décentralisation. COLOS estime que ce serait une erreur historique !
  • Le manque de pertinence du regroupement d’activités de R&D sur le plateau de Saclay selon le concept anglo- saxon de « cluster », dont rien ne prouve qu’il soit transposable en France, compte tenu des différences de traditions, de mentalités et de structures sociales, et qui semble désormais passé de mode.
  • La nécessité de maintenir l’activité agricole sur le plateau de Saclay, élément essentiel de sa qualité de vie, elle-même une composante cruciale de l’attractivité de ce territoire.
  • L’accessibilité du plateau de Saclay, talon d’Achille de tout projet d’aménagement de ce territoire, tant par les transports en commun que par la route.

Le coût du Grand 8 est exorbitant : 23,5 Mds€, auquel il faut ajouter les dépassements. Or, comme cette estimation est sans doute inspirée par celles des services de la RATP, dont la Cour des comptes a établi qu’elles sont presque toujours dépassées par la réalité, parfois par un facteur proche de 2, il faudrait plutôt tabler sur un coût minimum de 40 Mds€. Ceci ne manquera pas de faire souffrir les générations futures, qui auront à rembourser les emprunts. COLOS estime que c’est irresponsable.

Nonobstant, la justification du Grand 8 est des plus fantaisistes. Le plateau de Saclay ayant pour vocation d’accueillir des chercheurs et des étudiants, Mme Pécresse a affirmé qu’il serait absurde d’augmenter la capacité d’aviation d’affaires de Toussus-le-Noble. Il est donc tout aussi absurde de vouloir mettre à tout prix Saclay à moins de 50 minutes de Roissy CDG et à moins de 30 minutes de Paris, comme le réclame la même ministre. Ainsi, le Grand 8 ne répond qu’à des besoins tout à fait marginaux : les déplacements entre pôles de développement et ceux entre pôles et aéroports. Qui plus est, comme le Grand 8 n’existerait au plus tôt que dans 15 ans, il ne répondrait nullement aux besoins réels et urgents que posera d’ici 2015 l’afflux de 25.000 personnes supplémentaires induit par l’implantation du cluster scientifique et technologique.
Il faudra donc trouver d’autres solutions pour y faire face ; si on les trouve, l’intérêt du Grand 8 serait encore plus marginal.

Le cahier d’acteur de COLOS présente huit préconisations pour une meilleure desserte du plateau de Saclay, afin d’affronter avec de meilleures chances de succès le flux de passagers qui vont bientôt débarquer sur le plateau.

  1. A défaut d’abandonner tout le RGP, supprimer la branche passant sur le plateau de Saclay. La ligne verte pourrait se terminer à la Défense, qui est déjà reliée à Versailles par plusieurs lignes de transport.
  2. Suivre une proposition de la SNCF : faire aboutir la Tangentielle Ouest inscrite au contrat de projets Etat- Région 2007-2013, mais à présent bloquée, et la connecter à la Tangentielle Nord, en cours de réalisation, puis à une Tangentielle Sud de Versailles à Sucy-Bonneuil par Massy, et une Tangentielle Est – créant ainsi une rocade ferrée de moyenne couronne, véhiculant des tram-trains capables de rouler à 100 km/h. Au nord du plateau de Saclay, la Tangentielle Sud emprunterait les mêmes voies ferrées que le RER C.
  3. Irriguer le plateau de Saclay à partir des gares des RER B et C qui entourent le plateau, aucun point du plateau n’étant éloigné d’une de ces gares de plus de 3 km. Il est urgent d’améliorer le matériel, la fréquence, la vitesse et la régularité de ces RER. Pour le RER B Sud, peu de moyens sont à présent mobilisés à cet effet. Pour améliorer le fonctionnement du RER B, il importe de doubler le tunnel entre Châtelet et la Gare du Nord, qui est actuellement le principal goulot d’étranglement de cette ligne. Quant au RER C, il faut créer une liaison directe et performante de Massy à St. Quentin-en-Yvelines (voire à Rambouillet), ce qui évite d’avoir à créer sur le plateau un TCSP Massy-St. Quentin, consommateur d’espaces agricoles. Le RER C peut être complémenté soit par la Tangentielle Sud, soit par le prolongement du tram-train Evry-Massy vers Versailles (dont la réalisation doit être accélérée). 

    Plateau de Saclay Transport RER

    Un territoire ceinturé par les RER

  4. Afin d’améliorer l’accessibilité du plateau de Saclay, assurer une bonne interconnexion entre ces lignes de RER et d’autres structures de transport collectif à créer. En particulier, dans le secteur Versailles-St. Quentin, le choix de la gare principale d’interconnexion et des liaisons avec les autres gares existantes doit faire l’objet d’une étude détaillée.
  5. Développer, entre les lieux de vie et d’activités, et les gares des RER B et C, des moyens de transports collectifs légers et innovants par navette, servant les besoins des personnes travaillant sur le plateau et ceux des habitants.
  6. Compléter ces transports d’un réseau de circulations douces. Le plateau de Saclay est doté d’un réseau de rigoles et d’étangs, qui constitue une trame verte et bleue et qu’il importe de sauvegarder. Plutôt que de créer des pistes cyclable et piétonnier le long de la RD 36, il serait judicieux d’utiliser les cheminements le long de ces rigoles, qui fournissent un cadre bien plus agréable et meilleur pour la santé. Ces cheminements – qui existent déjà ou sont programmés le long des rigoles dans le cadre de leur réhabilitation – permettraient de développer un réseau maillé de circulations douces reliant les centres d’activités et les zones d’habitation. Leur utilisation ne nécessiterait aucune expropriation, ferait économiser des terres agricoles et se traduirait, in fine, par des coûts et des délais de réalisation optimaux.
  7. Faire aboutir le projet de TCSP Massy-Courtaboeuf et créer des liaisons efficaces entre le plateau de Saclay et la zone de Courtaboeuf. L’aménagement du plateau de Saclay étant avant tout destiné à accueillir des établissements d’enseignement et de recherche, la capacité de développement économique de Courtaboeuf est complémentaire au potentiel de recherche de Saclay.
  8. Améliorer la liaison entre Massy et Orly – par un TCSP ou par une meilleure utilisation des voies ferrées existantes –, ce qui permettrait également de relier Saclay à Roissy CDG par la ligne bleue du RGP.

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