Le Cinéma de Steve McQueen n’est pas, à proprement parler, un genre à part entière : ce sont des objets d’une pureté rare. S’attaquant au thème de la maladie, en l’occurence, l’addiction sexuelle, il représente Brandon, trentenaire métropolitain, vivant dans un New-york froid, nocturne, pluvieux, glaciale.
Mais Brandon a ce problème qu’il ne peut pas guérir, celui qu’il cache à tous, mais sait qu’il sera un jour approché. Ce jour est celui ou sa petite soeur, chanteuse, s’immiscera dans sa vie et commencera à gratter la couche honteuse qu’il essaie, tant bien que mal, de cacher.
Shame est un film sur la douleur, sur la volonté de vouloir survivre dans un monde contemporain dont le héros ne pourra jamais se faire comprendre. Le formalisme est oublié, et McQueen tient à saisir, avec une sobriété unique, la descente aux enfers de son personnage.
La solitude sera un temps oubliée, lors de cette “conversation” entre lui et sa soeur sur fond de “New-York New-York” comme pour se moquer du reste du monde, et de s’entraider fraternellement. Malheureusement, le monstre interieur de Brandon remontera à la surface, et l’espoir fera place à la peur pour l’autre, dans une des dernieres scènes (approchant alors un forme de rédemption sur les priorités), et la boucle se bouclera dans un hypnotique sentimentalisme.
Une oeuvre forte, d’une réalisation quasi-parfaite et d’une interprétation tellement maitrisée que tous les oscars, ours d’or, ou autres Bafta ne pourraient récompenser.
Un des meilleurs films de l’année .
10/10
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