Association, Environnement, Plateau de Saclay

Inondations à Saclay : Il faut restaurer le système hydraulique du Plateau

Juil 29, 2013

Editorial

 

Retour sur les inondations du mois de juin 2013 rue Emile Zola à Saclay

inondation-Saclay-3Encore une triste nouvelle, et surtout une triste journée et suivantes pour les habitants. En 2005, 2007, 2013, périodiquement de fortes précipitations conduisent à des situations désastreuses pour les habitants et les biens du Plateau de Saclay et communes environnantes jusqu’aux rivières plus bas. J’ai connu pareil désastre dans l’est de l’Essonne, entraînant l’inondation d’un sous-sol et la perte de la majeure partie de mes biens entreposés. Soit 3 longues journées pour extraire eau et biens détruits.

Tandis que les années passent et les inconvénients se renouvellent, se poursuivent discutions, rapports, contre-rapports, enquêtes, bref, polémiques sans que des réalisations concrètes, efficaces, et durables soient effectuées en priorité.

Pourtant, la sécurité des personnes et de leurs biens est une mission essentielle, régalienne, des Autorités administratives françaises. Si la loi du 13 août 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile étend la prérogative d’action à la participation active de chaque citoyen, la cohérences entre connaissance des risques (PPRI) et la mise en place de moyens efficaces et durables dans le temps demeurent la base d’une situation préventive pérenne. Bien supérieure en qualité et logique, aux déclarations de catastrophe « naturelle » et dédommagements d’assurances, avec leurs cortèges de démarches et difficultés, quand le sinistre est arrivé.

Malgré les épisodes, les désastres continuent. Jusqu’à quand va-t-on continuer ainsi? Malgré des solutions multi-séculaires éprouvées.

Le plateau naturellement fut insalubre et marécageux. Très tôt, selon des recherches archéologiques, il fut en partie drainé pour y établir des cultures; mais c’est surtout à partir de 1686, pour des raisons autres que l’agriculture, que le Plateau de Saclay devint une terre riche, drainée en totalité, par un réseau de drains et rigoles de captation, d’étangs de stockage et d’aqueducs pour utiliser les eaux aux fontaines du parc de Versailles. Les précipitations annuelles fournissent sur la seule surface du plateau, environ 35 millions de m3. Considérable.

A cette occasion, une agriculture très productive vit le jour, suite au sol d’une qualité exceptionnelle et de son drainage absorbant les excès d’eau. Donc depuis plus de 3 siècles, par les ingénieurs de Louis XIV, une première solution durable était trouvée. Plus d’inondation ni d’insalubrité.

Cela fonctionna jusqu’en 1950. Mais la priorité donnée alors aux routes et à l’urbanisme ignorèrent sciemment l’utilité du réseau de drainage, qui par les terrassements intempestifs, les construction sans souci de préservation, mirent ce magnifique ouvrage hors service, tout en laissant l’essentiel des rigoles et étangs en place. Mais sans écoulement cohérent, le réduisant dans la meilleur des cas à des écoulements par busages de diamètres inappropriés à de fortes sollicitations qu’évitait l’écoulement naturel à l’air libre.

Deuxième solution, la restauration du réseau initial:

En 2008, pour remédier a ces inconvénients tout en restituant le réseau, partie intime du château et du parc de Versailles indissociables de la féerie royale, avec le concours de l’Agence de l’Eau Seine Normandie, des Conseils Généraux de l’Essonne et des Yvelines, de la Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay regroupant 11 communes (CAPS), plus 6 communes et le Domaine National du château de Versailles, le Syndicat mixte de l’Yvette et de la Bièvre (SYB) a été mandaté pour restaurer le système hydraulique en vue de conduire les eaux du plateau à Versailles, pour rétablir le concept originel dans son intégralité.

Cette démarche effectuée avec économie de gestion de l’eau comme demandé par les Nations Unies en cette année internationale de l’eau 2013, et supprimant les risques d’inondation par une gouvernance de l’eau maîtrisée.
(actuellement seuls le château et le parc sont classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, à l’exclusion du réseau qui ne bénéficie d’aucune protection). Un budget d’environ 20 millions d’euros a été prévu sur 10 ans.

Qu’en est-il aujourd’hui?

Les travaux devraient en 2013 approcher de la moitié de la restauration pour une fin en 2019. Le SYB apporte toute ses compétences et son énergie pour cela, et bien entendu, a débuté le chantier par les points les plus critiques déduits des précédents sinistres. Mais on est encore loin du compte. Pourquoi?

Malheureusement, tous les travaux doivent être entrepris après délibération des diverses entités administratives et territoriales. L’eau ne connaît pas ces limites. Or, président à toute intervention sur l’ensemble du plateau:
2 Départements, 4 Communautés d’Agglomérations, 17 communes plus le château de Versailles, et outre certaines communes précitées (3) et le SYB en propre, 4 entités distinctes au niveau de l’Etat. Rendant chaque intervention d’une complexité inouïe.

La solution: Facile à formuler. C’est restaurer dans le plus bref délai le système hydraulique acheminant les eaux vers le parc de Versailles, qui est demandeur de ce fluide précieux pour assumer les Grandes Eaux dans leur intégralité (en 2013, 620 jets / 2.400 au XVII° siècle). Des écrits, rapports, décisions officielles, ont été publiées en ce sens. Seuls des freins « administratifs » en apparence en retardent l’exécution.

Pourtant, ces travaux restaureraient la totale intégrité du château et de son parc (qui sans les jeux d’eau, n’existent pas dans leur réalité), tout en préservant les occupants du plateau et localité voisines des versants, de graves préjudices, et le tout, avec économie de finances dans l’exploitation.

De plus, les chemins longeant les rigoles sont tout indiqués pour créer un réseau de circulations douces; ce réseau devenant aussi un parti de structuration du plateau dans le cadre des aménagements projetés. Enfin, à l’instar de l’aqueduc Médicis qui fête cette année ses 400 ans en qualité de « plus long monument de France » (13 km), le système hydraulique du Plateau de Saclay restauré intégralement, conférerait aux lieux une valeur indiscutable au niveau des prétentions des sites dédiées à des recherches au niveau mondial avec ses 72 km de rigoles et d’aqueducs et ses étangs.

Présentement, un certain nombre d’associations regroupées au sein de l’organisation Collectif OIN Saclay (COLOS), dont Association Des Etangs et Rigoles du plateau de Saclay (ADER), qui s’investit en priorité pour la réhabilitation du système hydraulique tel le cite son président, Gérard Delattre, dans l’article, les Amis du Grand Parc de Versailles (AGPV), qui œuvrent aussi très activement au sujet, les Amis de la Vallée de la Bièvre (AVB), Association de sauvegarde de l’environnement Saclay (ASES), Terre & Cité… Lesquelles associations organisent avec brio selon leurs moyens, des initiatives d’information sur les valeurs patrimoniales du plateau, de découverte par visites commentées, d’édition de brochures et cartes spécifiques. Il y a une vie sur le plateau, d’intérêt bien supérieur à partager plutôt que périodiquement être astreint à réparer des inondations qui peuvent être évitées si l’on prend soin de réparer les erreurs graves que des générations antérieures ont commises, en laissant détériorer un patrimoine considérable par les travaux qu’il a requis, qui fut opérationnel pendant plus d’un tiers de millénaire, et qui de nouveau en fonction, éviterait bien des préjudices tout en apportant des valeurs à partager dans la sérénité.

Par Pierre Masselin*

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*M. Masselin collabore à travers diverses associations, dont ADER, à la réhabilitation du système hydraulique de plus de 3 siècles, qui remis en état (après destruction partielle condamnable), solutionnerait très bien le problème.

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  • Guyot Alain Août 23, 2013 at 23 août 2013 18:18

    Le plateau de Saclay a été occupé depuis la préhistoire et comportait de nombreuses fermes à l’époque gallo-romaine puis médiévale. Le climat était fortement semblable au nôtre, avec des périodes alternatives de pluie et de sécheresse. Les habitants s’adaptaient. On ne peux parler vraiment d’insalubrité et de marécages. Les inondations des villages dépendent bien des installations humaines sur et sous le sol.

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